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 On the brink...

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Ce message a été posté Dim 13 Sep - 3:49
ON THE BRICK
pv dewei
Outfits - cheveux bruns

Il sortit de cette pièce et redescendit lentement les marches... Blanc, comme les murs. Une pâleur affectée d'un mal qu'on ne veut pas savoir... qu'on fuit. Sa main baguée frôla un mur... un seul, pour le quitter, et en reprendre un autre. Il connaissait le verdict, il ne voulait pas l'entendre. Une heure, peut-être deux, à attendre. Il ne savait pas. Il n'était plus à ça près. Son samedi était foutu, et il n'aurait de toute façon par la tête à créer des merveilles à son atelier. Il avait tous ses cours à jour et plus le temps passait, plus il se disait qu'il allait foutre son avenir en l'air avec ce putain de corps qui lui faisait la nique tous les deux jours. Davantage de mal à ouvrir les yeux le matin. Moins d'appétit et trop d’émotions, trop de haut le cœur, trop de douleurs mentales. Prisonnier dans le doute, il s'attachait mais il ne devait pas, il n'avait pas le rendre malheureux quelque part... il ne savait pas. Il ne savait plus ce qu'il avait le droit de faire ou non. Trop de choses se précipitaient dans son crâne. Et si on lui demandait s'il était en couple, il devait répondre quoi ? Une chose interdite, personne ne devait savoir non ? Donc s'il mourrait ce n'était pas grâce, puisque ça n'existait officiellement pas c'est ça ? Il allait devoir recoudre des flancs tous les mois ?

C'était vraiment trop violent, son cœur n'accepterait pas. Et il avait aussi senti qu'il s'était retenu de ne pas le briser en deux la fois où il l'avait fait... Tâm pensait. Trop peut-être. Il avait fini avachi sur une table dans la cafétéria de l’hôpital avec la gorge serrée, l'esprit embrumé, sans comprendre ce qui se passait en son fort intérieur. Il était perdu. Jae avait toute sa vie devant lui. Pas lui. Il le sentait. Ce mal. Il était revenu. Il se mentait putain oui qu'il se mentait. Ses doigts se mirent un peu à trembler, son visage s'enfouissant dans un de ses bras, repliés sur la table, et l'autre main vint se poser sur sa nuque bouillante. Il avait encore de la fièvre, et cette fois-ci ce n'était pas parce qu'il avait passé une nuit blanche, bu ou une autre frasque de ce genre. Il avait fait tellement d'écarts depuis qu'il s'était rapproché de lui... tellement d'oublis, tellement  de jeus de diable... Il ne pouvait pas faire ça, il allait se tuer. Il le blâmait ?

Non, pas du tout. Ils étaient différents. Il était désirable, c'est vrai … mais mortel... Quand on est un ange, jouer avec un démon était une chose qui ne faisait pas de cadeau... Tu allais t'en sortir... tu as touché au fléau, à présent paie, toi qui t'es détourné du droit chemin, celui de la guérison, celui de la lumière. Affalé là, Tâm retenait son envie de chialer comme un môme. Un môme à l'âme atrophiée qui ne savait plus où il allait … quelle porte ouvrir. Et quand il essayait de sortir, elle se verrouillait sous son nez. Cette pute de vie se jouait de lui, tentant de le pousser vers les porte qui cachait le vide et l'obscurité... Il était venu à l’hôpital après un énième malaise cardiaque. Il s'était fait engueulé. On lui avait dit de revenir d'ici une semaine, pour recontrôler, mais que d'ici , il ne pouvait pas faire le con et qu'aucun activité ne lui était accordé. Contraint et forcé au calme... Il n'avait pas remis sur le tapis qu'il avait encore son traitement palliatif pour sa fin de cancer...

Sa fin... il était là. Il le matait en doucement avec ce putain de sourire pourri qui te fait doucement la drague du genre-je te vois, tu veux m'enfanter?- ta gueule dégage, je veux vivre. Mais il était là, quelque part, caché à se reproduire en lui comme de foutus cafards, et un joue qu'ils seraient trop pour rester cachés, ils sortiraient. Coucou, dis bonjour à la tumeur. Regarde comme on est beau. Seulement , physiquement comme mentalement... Tâm s’émiettait comme jamais. Il ne le sentait pas. Il ne tiendrait jamais le rythme imposé, le monde allait trop vite pour lui, il aurait voulu monter dans les nuages et s'y cacher, juste pour ne pas plus avoir à se demander quand est-ce qu'il allait mourir, pourquoi, comment. Peut-être que Jae aurait mieux fait de le buter. La sentence était crue, difficile et il assumerait si elle devait tomber.... Il avait peur. Peur de tout là. Comme un enfant de 6 ans qui ne voit plus ses parents revenir. Peur de la solitude. Sa mère était revenu, mais n'était jamais là. Tout tournait bizarrement et là où il trouvait des connexions d'habitude, là, elles n'existaient plus, il était paumé... Fatigué, les traits blancs, il tourna des yeux mouillés aux cernes violines pâles vers la fenêtre en coin... Il avait envie de l'appeler mais il ne le ferait pas... Il avait autre chose à faire, plus important. Tâm replongeait... Il refusait catégoriquement qu'on puisse sacrifier quoi que ce soit pour lui... Il ne voulait plus voir tout ce sang sur ses mains, plus vomir de dégout... plus sentir con cœur lâché. Il n'était pas fait pour ça... il se sentait faible, inutile. Les cheveux en vrac sur le visage, il ferma un peu les yeux. Il avait envie de dormir. Il avait toujours envie de dormir en ce moment, mais il courrait partout. Il courrait jusqu'à ce que son cœur lui fasse un fuck. Comme tout à l'heure. Et personne n'était à l'attendre, puisque personne ne savait. La bonne vieille routine... une routine qui fait mal.

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Ce message a été posté Sam 19 Sep - 0:26
on the brink...

I had just gotten over a serious illness that I won't bother to talk about, except that it had something to do with the miserably weary split-up and my feeling that everything was dead. Δ Jack Kerouac


La journée avait mal commencé, et je le vivais déjà mal. J'avais eu cours, criminologie, comme tout le temps. Dès le matin, j'avais senti que mon cœur ne battait pas très bien, que j'étais faible, que j'étais mal. J'avais pris mes médicaments, me disant que ce mal être disparaîtrait sûrement dans la journée. Malheureusement pour moi, je sentais au fil des premières heures de cours que mon corps criait à l'aide, je sentais que mes muscles n'avaient plus la force de me faire bouger, que mon corps n'avait plus de sang, plus de vitamines, plus rien. J'avais essayé de lutter, tant bien que mal. Ma force de caractère m'obligeait à me battre, je détestais m'affaiblir devant tout le monde. Mon père m'avait toujours dis que je devais devenir un peu faible de temps en temps, demander à l'aide, mais c'était totalement impossible. La suite de la matinée ne m'enchantait guère, j'étais tombé, bêtement, au moment où je devais quitter l'amphithéâtre. J'avais vu que du noir, plus de bruit, et mon corps s'entrechoqua contre le sol froid. Je n'avais rien entendu autour de moi, je n'avais pas entendu mes camarades paniquer, mon professeur téléphoner aux urgences, ni même les ambulanciers qui m'avaient mis sous perfusions. J'avais ouvert les yeux à l'hôpital, tandis qu'on essayait de mettre du sucre lent dans mon corps. On m'annonça qu'on m'avait fait des examens et que j'allais devoir attendre dans une pièce, assez lugubre. Un petit frisson de dégoût me parcourait, je détestais de base ce genre d'endroit. Les murs blancs, l'odeur de javel, le sentiment de mort, ces choses là me faisaient rendre fou, je ne pouvais pas m'empêcher de déglutir de peur. Au moment où j'allais enfin demander si je pouvais pas rentrer chez moi, l'infirmière fut appeler pour une réanimation. Impossible de partir, j'étais coincé, une aiguille dans le bras et un liquide coulant dans mes veines.

Je décidais de soulever finalement mes fesses. La salle d'attente, hors de question, j'allais m'ennuyer. Je me rendais compte que je n'avais que mon portable sur moi, rien pour m'occuper, rien pour passer le temps à part des jeux débiles. Je n'aimais pas cela, et j'avais envie d'une bouteille de coca cola. Je prenais l'ascenseur, regardant la petite fille malade qui était à mes côtés. Elle avait de longs cheveux noirs, elle était trop maigre mais elle était si belle. Quand je voyais ce genre de choses, je n'avais envie qu'une chose : lui donner ma vitalité et mon énergie, lui offrir ma vie. Malheureusement, je ne pouvais pas, que ça soit d'un côté réaliste ou même d'un point de vue... Comment expliquer la chose ? J'avais une mission sur Terre pour le moment, je devais à tout prix faire ce que j'avais à faire. Quand tout ceci serait fini, je donnerais sûrement mes organes. Une vision plutôt pessimiste, mais j'avais toujours pensé que je devais sauver des gens un jour. J'exercerais le métier de policier, puis je donnerais ma vie aux autres, aux gens comme cette petite fille qui ne demandent qu'une chose : vivre normalement, être heureux, et mourir de vieillesse dans les bras de leur amour.

L'ascenseur arriva enfin au rez-de-chaussé et je souriais à la petite avant de descendre finalement. La cafeteria maintenant. Traînant avec mon cathéter toujours dans le bras, j'arrivais dans ce vaste endroit plutôt froid mais avec un peu de vie. Des enfants attendaient leur parent, des hommes stressaient sûrement à cause de l'accouchement de leur femme. Malheureusement, je pouvais voir la tristesse sur le visage de certaines personnes, je pouvais voir le déchirement, la vie qui s'écroule dans le regard de certains Hommes. Je détestais voir cela, je ne supportais pas cette atmosphère pesante, mais je ne le montrais pas, je restais fort face aux autres. J'allais donc commander un bon gros beignet au chocolat, ainsi qu'une bouteille de coca cherry. J'adorais cela, j'étais gourmand et j'avais faim. J'avais besoin d'avoir un truc sous la dent, même si mes docteurs me tueraient sûrement. Je prenais mon petit plateau d'une main, l'autre tenant mon cathéter et je marchais donc vers une table de libre. Je me stoppais d'un seul coup net, ne sachant pas quoi faire. Il était là, ici, dans ce lieu de mort. Cet homme, cet artiste que j'avais déjà aperçu plusieurs fois à la faculté ou bien dans l'hôpital. Il semblait mal, terriblement mal. Ma main serrait un peu plus mon plateau tandis que je me perdais dans mes pensées....

Je devais aller le voir, dès fois dans la vie, il faut prendre le taureau par les cornes. Je ne savais pas si il se souvenait de moi, je lui avais offert des regards, des sourires, mais rien d'autre. Je n'étais pas du genre à parler avec toutes les personnes que je croisais, mais aujourd'hui, aujourd'hui oui, je sentais que le destin m'avait amené ici pour une raison. Je croyais au destin, malheureusement pour moi, et il me disait de venir le voir, de lui sourire, de connaître enfin son prénom. Je m'avançais donc, posant mon plateau repas en face de lui, tirant la chaise avant de poser mes fesses sur cet assis qui faisait un peu mal aux fesses. Je ne savais pas trop quoi dire, je toussais alors en lenteur. Bon, il semblait vraiment amorphe et ça me faisait de la peine. D'une voix ni fluette ni trop grave, et surtout ornée d'un accent chinois, je prenais enfin la parole :

« Wow t'as pas l'air en forme aujourd'hui, tu veux un bout de beignet ? » des paroles de nul, je devais l'admettre. Il ne réagissait pas, merde. « En tout cas tu as l'air crevé, je me suis assis là, ça te gêne pas. Je pense pas que tu te souviennes de moi mais on s'est croisé ici et à l'université plusieurs fois.... » Aucune réaction encore une fois, je venais donc tapoter le haut de son crâne en lenteur. Il semblait à moitié mort,ce qui me faisait paniquer un peu au fond de moi. Je prenais sa tête entre mes mains, la remontant avant d'être en face de son visage. Il était pâle. Mon regard noir s'enfonça dans le sien, je n'attendais qu'une chose : une réaction...
© GASMASK

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Ce message a été posté Sam 19 Sep - 1:29
ON THE BRICK
pv dewei
Outfits - cheveux bruns

C'est marrant comme les choses sont moins compliquées quand on ferme les yeux... Son souffle s'est calmé, son cœur aussi. Avachi là, le visage à moitié en appui sur un bras tendu, le long du bord de table, il repense à des moments d'avoir toute cette maladie. Les choses n'étaient pas vraiment plus simples, mais il y avait moins de rouge, moins de noir, moins de douleurs... C'est souvent quand on va très mal qu'on a des regrets, mais Tâm ne savait pas faire. A force de frôler la mort, il avait appris à prendre les choses comme elle venait. S'il devait mourir demain, alors qu'il en soit ainsi. Parfois on a tellement mal, que notre discernement s'en trouve trop erroné, et on se retrouve à avoir plus envie de mourir que de vivre. Tellement plus facile au fond, la fuite... Il en avait assez de fuir. C'était bien une de ses qualités, à toujours rester même quand c'est pire, et que ce pire en devient insupportable. Il avait éprouvé son corps dans les dernières semaines, découvert qu'il avait des limites, lui qui était habitué à constamment les repousser. Il se sentait tellement lourd, à la limite qu'il aurait pu s'allonger là par terre sans choquer les gens environnants qu'il l'aurait fait. Il le faisait dans son nouvel atelier où il avait décidé de vivre depuis quelques temps. Il fréquentait de moins en moins le dortoir... C'en devenait peu sain pour sa santé et puis il avait besoin d'être seul, ou du moins en compagnie restreinte sans avoir l'impression qu'on pouvait constamment le déranger ou venir lui demander de participer. Pourtant de type absolument altruisme, il n'aimait pas pour autant ceux qui en profitaient et niaient les évidences.

Nier... il l'avait tellement fait ces derniers temps, contre lui-même. Nier qu'il faisait les mauvais choix, nier qu'il avait convoité une vie impossible et qu'il ne vivrait plus jamais comme avant. Comme un mec normal en somme. C'était à prendre ou à laisser. Surtout à laisser, vu qu'il était persuadé de pas passer la fin de l'année t'façon. La grande question était : fallait-il attendre la mort ou la précipiter genre en se jeter sous le métro... Au milieu de ces pensées quelque peu douteuses, le taïwanais commença à s'assoupir. Et vu le quota de sommeil qu'il lui manquait, il était du genre très difficile à prendre conscience du réveil.

Il entendit vaguement quelqu'un parler, mais ce devait être une table à coté. Qui viendrait le voir franchement, ou s'inquiéter. Bon ok, il était pas inconnu à RPS, mais on savait aussi qu'il était muet à cause de sa maladie, les medias l'avait gratiné la dessus il y avait trois ans, vu que son père l'avait rejeté de son héritage politique à cause de ça... pourquoi venir causer à un mec muet en phase de rémission de cancer sérieux, c'était une perte de temps. Et pourtant. Le raclement de gorge aussi ne semblait pas lui être adresser et de toute façon, vu son état de somnolence, il avait l'impression de tout entendre de loin. Oui. Enfermé tout au fond d'un trou. C'est quand il sentit un contact sur sa tête, qu'il fronça les sourcils... juste un peu, ouvrant à peine les yeux. La lumière du jour était toujours plus forte à ses moments là. Berry ? Ou … Iwao peut-être... ? Entre l'un et l'autre, il ne savait pas trop qui était le plus perturbant. Le scalpel ou la seringue. Non , il veut ni être découpé, ni être piqué dans le cul, merci NEXT ! En fait même pas... La voix ne lui disait rien. Il avait le cerveau cramait mais son ouïe ne l'était pas il l'aurait retenu... Deux mains sur ses joues bouillantes, il se tapait une fièvre, la routine... A moitié amorphe, et loin d'être conscient qu'on le touchait, pour « de vrai », il se laissa un peu lever le crâne, suivant d'un léger mouvement de nuque...

Il retomba doucement sur son propre bras, les joues toujours dans ces mains inconnues et observa, les yeux brumeux et calmes,  l'étrange créature qui se trouvait au bout de ces bras. Faut bien, t'as déjà vu deux biceps se balader tout seul toi ? Ptet chez les barbapapa, mais on est pas chez eux. Nop.  Un léger grognement sous un effort presque factice, pour ne plus être un pantin. Il serre les dents , plissant un œil pour mieux l'observer... Ses dents se desserrent, un peu étonné intérieurement , ne le lâchant pas du regard... le souffle lourd. Il l'a déjà vu lui. Qu'est-ce qu'il fait ici...? N'as-tu pas l'impression d'un peu trop le fixer Tâm ? Peut-être que ça va le foutre mal à l'aise ? Peut-être mais quand on est Tâm, on est un peu perché, alors on fixe les gens dans son absolue fatigue. Son bras se plie lentement et il rabat sous sa nuque pour écraser sa joue sur l'avant bras... fermant un peu les yeux... Il sait. C'est un des gars qu'il a vu lors d'un entraînement de piscine. Il était allé voir son frère en douce, histoire de voir si ça allait quand même après la mort de leur père. Et il avait du coup observer les autres aussi. Il se concentre sur le fait de se rappeler... Weid... We hi...Dewei. Y'avait deux W . il ne savait plus où était l'autre. Sa mémoire visuelle ne lui faisait la nique qu'à moitié c'était déjà ça. Il observe le bras du brun... oh. Un cathéter. Pourquoi il l'a. On l'a pas d'habitude sauf quand on est hospitalisé et qu'on peut se promener sa perf, mais il avait pas la tête du mec qui retourner là haut.

Il referme les yeux doucement et murmure juste « Wei.. »... Bah oui, tout dire, ça fait mal à la gorge. Il l'a aussi croisé plusieurs fois dans les couloirs, a manqué de le percuter une ou deux par mégarde. Il regarde jamais où il va aussi. Il n'a pas un mauvais souvenir de ce gars... il lui souriait, Tâm lui rendait donc naturellement un sourire, et chacun retournait à ses obligations.

Il est tellement mort qu'il ne percute même pas qu'il a grillé sa couverture de muet et qu'en fait il faut un peu parler de temps en temps. Il rouvre les yeux et montre de l'index, machinalement le cathéter de son bras, se pinçant le coin de la lèvre dans les dents... Il prend machinalement un feutre qui a toujours dans sa poche et lui pique sa serviette, le tout dans un geste peu sûr... il écrit mal dessus, la serviette bouge, mais il écrit quand même. Son autre bras est sous sa tête t'façon. « Tu veux que je l'enlève.... ? Je sais faire... J'te f'ré pas mal... j'ai l'habitude.» Il fait doucement glisser la serviette vers la main de l'autre étudiant... et baille lentement, un long frisson désagréable lui parcourant le dos, lui arrachant une grimace en coin...


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Ce message a été posté Dim 20 Sep - 19:15
on the brink...

I had just gotten over a serious illness that I won't bother to talk about, except that it had something to do with the miserably weary split-up and my feeling that everything was dead. Δ Jack Kerouac


La situation semblait vraiment bizarre vu d'un point de vue extérieure. Je tenais son visage entre mes mains, comme si celui-ci ne pouvait se soulever tout seul. J'admirais sa beauté naturelle, mais la chose qui me choqué en premier fut son teint pâle. Je ne m'étais jamais aperçu de cela. Peut-être était-il plus malade que je le pensais ? J'avais l'air stupide de me plaindre un peu de mon diabète de temps en temps, et à chaque coup, dès que mon corps franchissait ces couloirs, la vérité me frappa en plein fouet. Malgré ma vie tumultueuse, malgré la mort que j'avais côtoyé, je n'étais rien comparé aux autres. Je détestais cet endroit en parti pour cela, l'atmosphère était pesante, tout sentait la mort par ici. Je comprenais pourquoi certaines personnes avaient perdu espoir, rien, rien de rien ne donnait envie de survivre. Les murs blancs donnaient envie surtout de se tirer une balle dans la tête. Le personnel dans leur blouse donnait l'impression d'être anormal. Tout ne signifiait que la mort. Je me demandais ce qu'il faisait, pourquoi est-ce qu'il ne bougeait pas ? Son visage n'était pourtant pas brûlant, j'avais du mal à comprendre ce genre de situation, je n'étais pas le plus apte à comprendre les humains. Me mordillant la lèvre inférieure, j'essayais de dissocier une expression. Ses traits ne montraient que de la fatigue.

Il ouvrait d'un seul coup ses yeux, je déglutissais, je me sentais analyser en quelques secondes. Je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas quoi dire à vrai dire. Ma position était plutôt bizarre en y pensant. Il ne me connaissait peut-être pas, peut-être n'avait il jamais vraiment retenu mon visage quand on s'était croisé. Si c'était le cas, me prendra t-il pour un fou si je lui disais que je le connaissais en quelques sortes ? Je ne dirais jamais rien de la sorte, je ferais comme si de rien n'était. Un joli minois était en face de moi, juste un joli minois, le Japon en était peuplé de toutes manières, mais ça ne changeait rien sur ma vision de l'attirance. En y pensant, il était en art, au vu de l'état de son sac et de ses tenues. Je l'avais croisé dans le pôle d'Ewon quelques fois, juste pour voir à quoi ça ressemblait. J'étais toujours dans le bâtiment des sciences, et ma nature curieuse m'amenait souvent autre part. De plus, on m'avait fait croire que je pourrais trouver un informateur dans l'université. Balivernes, pour enquêter je devais obligatoirement sortir dans les ruelles sombres, la nuit, rien ne pouvait s'offrir à moi dans les pièces banalement remplies d'étudiants en tout genre.


Mon nom apparut d'un seul coup dans sa bouche, d'un son faible et à peine audible. Mon nom, enfin plutôt une partie de mon nom. Je faisais d'un seul coup de grands yeux, ne m'attendant pas à ce qu'il me connaisse. Je me retrouvais alors comme un con, ne sachant pas quoi dire. Sur le moment, c'était plutôt moi qui avait perdu bêtement la parole. J'avais douté de sa mémoire, mais je ne savais toujours pas comment il me connaissait vraiment. A vrai dire, on avait jamais vraiment discuté ensemble et je n'avais aucun souvenir d'un événement qui aurait pu m'amener à lui dire mon identité (étant donné que je suis très discret sur mon identité, ne supportant pas que le monde entier connaisse mon nom et mon prénom). Je restais donc silencieux de longues secondes, avant de finalement demander par curiosité.

« Comment connais-tu mon nom ? » Ok, le flippe pour moi, j'avais essayé de cacher cela pendant des années limite. Seul mes professeurs le connaissaient ou bien mes connaissances les plus proches. Enfin, j'étais trop discret dans cette université pour qu'on puisse me connaître. J'étais perturbé et un peu perdu, ça se voyait, beaucoup trop même. Rapidement, je reprenais mon visage assez neutre, faisant comme si rien ne venait de se passer.


Je lui lâchais en lenteur son visage, après tout, il pouvait se tenir, du moins je l'espérais. La situation me rendait un peu gêné, je n'avais déjà pas l'habitude de faire le premier pas pour parler à quelqu'un, alors là, rien ne m'arrangeait. J'essayais de le comprendre, j'essayais de savoir ce qu'il faisait. A vrai dire, quand il prit son stylo et la serviette, je comprenais rapidement la situation ; J'attendais patiemment, me demandant si j'allais pouvoir lire son écriture qui semblait un peu partir dans tous les sens à cause de l'état de la serviette en papier bas de gamme. J'étais plutôt patient dans ce genre de situation, j'avais eu l'habitude durant mon enfance d'apprendre à gérer ma petite impatience, surtout quand mon frère ne voulait pas ce qu'on lui demandait ou qu'il faisait ses petites crises. Je prenais alors le bout de papier,  lui adressant un petit sourire au passage. Mes yeux se plissaient en lenteur, et je commençais à déchiffrer. Quelques lettres se perdaient dans les plis de la serviette, mas je comprenais surtout que tu me proposais ton aide pour mon cathéter. Je le regardais dans les yeux, puis je regardais mon bras où les aiguilles étaient implantées dans ma peau et dans mes veines bleues.  

« Je pense pas que les docteurs vont être d'accord, enfin, moi ça m'énerve mais... » J'hésitais, je commençais à réfléchir à la situation, puis je haussais les épaules avant de tendre mon bras. « Allez, tu peux retirer s'il te plaît ? Au final je pense que ça va plus m'énerver qu'autre chose, mais fais attention hein... Et vraiment, comment tu connais mon nom ? »

Posant mon bras sur la table, j'observais donc ses faits et gestes et je l'écoutais en même temps. Je voulais juste que mon bras soit libre, je n'allais pas mourir de toutes manières.

« Sinon oui, je suis Dewei, Wu Dewei, je suis en criminologie à la fac. Et toi... ? Je t'ai déjà croisé mais je ne connais pas ton nom, je sais juste que tu viens souvent à l'hôpital, et que tu es en section d'art. » Ok, tout ce que je disais faisait un peu stalker, mais à cause de ta maladie il ne pouvait  pas parler, je devais bien dire quelques petits trucs pour alimenter le silence qui allait s'installer entre nous deux. Le silence peut être une chose pesante, mais au bout de quelques secondes, je me rendais compte qu'avec lui, ça ne me gênait pas du tout.
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Ce message a été posté Lun 21 Sep - 1:04
ON THE BRICK
pv dewei
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Tâm n'avait pas répondu à la première question de son vis à vis. La première raison aurait pu être qu'il était à moitié dans les vapes, son oreille ne captant qu'à moitié les sons, davantage focalisé sur le visuel. La seconde, qu'il avait été directement captivé par le cathéter et ce bras torturé, et du coup... il se sentait limite obligé de l'aider, en dépit de son état. Irrécupérable. De toute façon, vu son visage, et son air posé et épuisé, on ne pouvait même pas lui en vouloir de manquer de discernement, même si au fond, il était toujours comme ça. Il avait donc écrit sur la serviette, une chose qu'il faisait souvent, ça faisait partie de la liste des choses qu'il pouvait ruiner avec des stylos ou des feutres. Sauf que la serviette à une fin. Son visage n'était plus pris dans ces mains étrangères. Il ne percuta qu'après coup qu'on venait de le toucher, mais apparemment l'autre s'inquiétait. Etonnant d'ailleurs. Pourquoi était-il venu le voir? Il s'ennuyait? Tâm n'était pas une compagnie trés utile dans cet état. Et la moitié du temps, on finissait par s'en passer, compagnie trop contraignante. Rien que le fait de communiquer avec lui était assez laborieux, donc si on rajoutait son caractère un peu étrange, son inattention compulsive, et sa santé défaillante, il devenait davantage un fardeau qu'un ami ou un petit ami digne de ce nom. Il avait parfois honte d'oser penser qu'il y avait le droit comme tout le monde. Non, c'était terminé. Le surveillant serait le dernier épisode, à son grand regret. Ce n'était pas comme si la vie lui laissait le choix de toute évidence. Alors tant qu'à finir sa vie lentement, autant qu'elle se finisse en douceur pour ceux qui allaient la frôler, même si c'était juste quelques minutes. Les yeux du Taïwanais avaient suivi les mains audacieuses. Il avait été gentil avec lui. Doux. Il aurait été facilement brusqué pourtant. Pourquoi prendre le risque de toucher un autre mec comme ça ? C'était pas courant quand même. Son regard s'était fixé sur ces mains alors, après qu'il ait poussé la serviette à lui. Il les observait. Le frisson lui était passé, la fatigue le tuait juste sur place. Plusieurs jours sans rien, sans personne, sans nouvelle... alors qu'il en avait besoin. Il était plutôt perdu. Pouvait-il autant encaisser ? Plus ça passait et plus il se disait que non. Son corps ne semblait pas d'accord... Il releva les yeux sur lui quand il parlait. Ce regard un peu rêveur, avec cette touche innocente de l'ange à qui on donne le bon dieu sans confession. Il n'y pouvait rien, ce visage, il ne pourrait le changer, et tant qu'il serait artiste, il aurait toujours ce regard par moment du gars qu'on vient de sortir d'un moment d'angélisme profond, plongé dans des pensées saines et curieuses. Il sourit doucement en coin et se redressa sur ses coudes, lentement. Il ne pouvait pas cacher qu'il était faible. C'était une routine en ce moment. Mais il n'arrivait pas à se faire une raison de beaucoup dormir. Seul, il n'était pas rassuré, ça avait toujours le cas de toute façon. Et toujours cette peur de faire une crise dans son sommeil et de ne jamais se réveiller.

Sa langue passa sur sa levre, pensif, il rattrapa cette même lèvre avec ses dents, regardant sur une table à coté. Il tendit le bras, et sa main ramena un tas de serviette blanche posé là. Il se pencha et dénoua le bandana noir et blanc qu'il avait à la anse de son sac, le posa sur une cuisse. Puis il replongea ses yeux sur une serviette et écrivit un peu plus stable, mais lentement, avant de lui pousser et de plier trois serviette en quatre, pour les surperposer.
« Tâm . Lu Fheng(nom). 3'an.en arts. J't'ai déjà vu ici aussi et en natation. J'ai retenu ton nom, on me l'a dit. Curiosité. Pardon si je t'ai offensé...J'voulais pas que ça te ... mette mal... »

Il avance ses mains baguées. L'habitude du contact, au vue de son boulot pro, le rend naturellement doux et habile. Ses bouts de phalanges entre en contact avec l'avant bras de l'autre étudiant, glissant sur la peau jusqu'au scotch transparent qui tient le bout de plastique. Il commence à décoller doucement le collant, fronçant les sourcils, ayant peur de lui faire mal, concentré dans son œuvre. Quand il arrive à la limite du cathéter, il y va millimètre par millimètre... Puis l'autre coté. Puis il pose les serviettes plié sur le bord de l'enfoncement du cathéter et tire lentement mais ferment, sortant le minuscule tube de la chair un peu meurtrie, qui va se mettre à saigner. Direct, il appuie dessus avec les serviette, la main autant de son avant bras, et planque le cathéter oté dans une autre serviette en la pliant en deux. Machinalement, il se pince les lèvres, sérieux et concentré dans sa démarche. Il prend le bandana qui attendait sur sa cuisse et le plaque par dessus les serviettes pliés, et fait deux tour avec sans diminuer le pression, puis serre adroitement, nouant les embouts.

Il lâche doucement l'avant bras, avant un autre frisson et souffle cette fois-ci, la fatigue se faisant plus présente, et se frotte un peu son propre bras, penchant un peu le cou, fermant les yeux un court instant, comme pour faire passer cette sensation désagréable. Il aimerait rentrer là, mais il n'est même pas sûr d'y arriver sans encombre vu son état. Les yeux larmoyants à cause de sa fatigue, il enfonce machinalement son visage dans sa main, les coudes sur la table. Il en peut plus, ils arrivent quand ces résultats putain...


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Ce message a été posté Lun 28 Sep - 23:10
on the brink...

I had just gotten over a serious illness that I won't bother to talk about, except that it had something to do with the miserably weary split-up and my feeling that everything was dead. Δ Jack Kerouac


Je sentais que son corps était de plus en plus lourd, je sentais qu'il n'avait pas beaucoup d'énergie. Je souriais en coin, essayant de détendre l'atmosphère, je tendais tant bien que mal d'oublier l'atmosphère assez pesante de l'hôpital. J'avais toujours eu de la peine dans ce lieu, je détestais tellement. Je me souvenais de ces lieux, mon frère y venait assez souvent pour des examens ou quand il semblait. Mon cher frère avait toujours détesté cet endroit. Dès qu'on mettait un pied dans le bâtiment blanc, il pleurait, il nous regardait, nous suppliant de partir. Je n'avais compris pourquoi il réagissait ainsi, et puis au bout d'un moment, en grandissant, et surtout en allant dans le couloir de la morgue pour voir une dernière fois son visage, j'avais compris. Il avait peur, il pleurait, car ce lieu n'était qu'un lieu sans espoir, n'était qu'un lieu de tristesse, de mort tout simplement.

Je voulais reprendre le visage du jeune homme en face de moi entre mes mains. Sa fragilité, sa santé au point mort se sentait d'ici. Malheureusement, je n'osais pas, je n'oserais jamais pour le moment. J'étais quelqu'un qui avait peu de mal avec le toucher, enfin, je n'étais pas quelqu'un qui osait toucher les autres : la culture chinoise me collait souvent trop à la peau. Je le regardais donc prendre une  nouvelle serviette pour écrire un mot. Il devait souffrir. Sa gorge devait lui faire bien trop de mal. J'aurais presque voulu lui donner mon diabète en échange de sa maladie. Il semblait souffrir depuis bien trop longtemps, et j'aurais voulu l'aider à retrouver du repos.

Tâm... Oh il était Taiwanais. On pouvait parler chinois alors ? Je ne pouvais pas m'empêcher de sourire en continuant de lire le petit mot. Donc il était bien en art, j'avais raison, j'étais plutôt fier de cela. Ensuite... Bien, il ne m'avait pas espionné, ou autre chose. J'étais un peu parano, je devais l'avouer, mais j'avais toujours peur qu'on m'espionne ou que quelqu'un enquête sur moi. La paranoïa faisait un peu parti de mon quotidien à vrai dire. Je me mordillais la lèvre inférieure avant de finalement répondre.

« Tu es Taiwanais ? Tu parles Chinois ? Enfin tu parles... Mandarin ? Enfin écrire. » Je me perdais un peu de mes mots et je me grattais le crâne. « Si tu veux on peut écrire en Mandarin, ça fait longtemps que je ne l'ai pas parlé mais ça me manque beaucoup !  Peut-être que ça sera plus simple pour toi aussi. En tout cas, Tâm est un joli prénom, j'en ai jamais rencontré avant.  Et l'art te plaît ? J'ai un ami qui est en art aussi... » Je parlais beaucoup, ça m'étonnait même. Moi qui avait l'habitude d'être une personne plutôt silencieuse. Néanmoins, je me sentais à l'aise avec lui, je sentais que je pouvais lui parler et que son tempérament était plutôt adorable.

Ses mains se posaient doucement sur mon bras, il allait m'enlever ce petit truc qui me gênait tant. Je grimaçais, ça me faisait un peu. J'essayais de penser à autre chose. Mon regard se posa alors sur un petit enfant qui mangeait avec ses parents. Il riait, il était tout simplement adorable. Il ne semblait pas malade, ce qui avait tendance à me rassurer. Peut-être était-il venu voir ses grands-parents ? Sa tante ? Quelqu'un de sa famille en tout cas. Rapidement, je sentais mon bras se libérer d'un poids. Quand je posais mon regard dessus, je voyais du sang et je faisais de grands yeux. Je n'aimais pas trop cela, le sang me renvoyait rapidement à l'expérience traumatisante de mon enfance. Tâm arriva alors à l'arrêter, et je soupirais de soulagement.

« Merci, ça me fait du bien, tu es mon sauveur ! »
lançais-je en souriant en coin avant de retrouver mon visage qui pouvait paraître froid quand on me connaissait pas.

Je voyais d'un seul coup qu'il était de plus en plus mal. Son visage disparaissait entre ses mains et je me mordillais rapidement la lèvre inférieure avant de dire. « Tu devrais demander à t'allonger ou à rentrer chez toi ? Tu voudras que je te raccompagne..... Enfin... » Vu son état, ce n'était pas une question. « Tu dois faire encore beaucoup de choses ici ? Si non, je te ramène de suite, j'ai rien de grave donc bon. » Tout ceci m'avait un peu coupé la faim, mais je buvais une gorgée de mon coca-cola.

J'espérais qu'il ne tombe pas dans les pommes, et je plissais mes yeux avant de passer ma grande main dans sa masse capillaire, les caressant en lenteur. « Ca va aller.... Je suis là.... Il t'arrivera rien... » Je voulais le rassurer, d'une manière ou d'une autre.
© GASMASK

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Ce message a été posté Jeu 1 Oct - 11:13
ON THE BRICK
pv dewei
Outfits - cheveux bruns

Parler chinois ? Euh... Un peu , mais pas parce qu'il était taïwanais. Beaucoup se plantaient sur ce sujet. Tous les taïwanais ne parlent pas forcément le chinois. Les dialectes sont souvent affectés par le chinois c'est vrai, vu que beaucoup d'immigrés viennent de Chine pour faire commerce à Taiwan, au vu de tous les lois qui y sont bien moins strictes qu'en Chine. Mais la langue officielle était le taïwanais à proprement parler. Tâm était venu enfant au Japon, avec sa famille. Dix ans, donc douze ans qu'il était bilingue, voir même plus. Il connaissait un peu de mandarin, uniquement par le fait qu'il était affilié à la Chine pour son business d'artiste. Il descendait pas mal dans la région de Pékin pour des expo et des festivals, ou des contrats mais il avouait ne pas aimer rester en Chine. Ce pays était magnifique en soi, mais il n'était pas trop emballé par le fait de se faire fouiller à chaque fois, lui qui flippait du contact, et à la possibilité que les autorités douteuses lui disent : eh bah non, vous repartez pas ! What ? Ces mecs qui touchaient d'autres gens à longueur de journée. Mon dieu, ils n'avaient pas peur d'attraper tous les microbes du monde ? Sans compter qu'en faisant ça, ils pouvaient lui refiler, lui qui avait des défenses immunitaires merdiques. Le jeune malade se remit sur ses bras, à moitié affalé sur la table, en faisant un signe de main qui voulait dire « Pas trop ». Il prit son portable dans sa poche, ouvrit la zone sms et se mit à taper dessus. C'était plus rapide, puis il lui montra : « Je suis Taïwanais de naissance mais je suis venu ici tôt. Je connais juste le mandarin pour mon travail à coté. Donc pas des masses.... désolé...» Il avait beaucoup parlé cet invité de fortune et le malade n'avait pas eu le temps de lui répondre avant de lui ôter le cathéter. Après quoi il bailla aussi discrètement que possible. Il sourit doucement et reprit le téléphone, pour y taper, toujours un peu affalé sur la table. Bon ok, c'était pas super glamour, mais franchement, dans son état, il s'en fichait pas mal. Il lui retendit le téléphone. « Qui ça qui est en art ? Oui, c'est toute ma vie, j'ai plusieurs jobs en plus des études dans ce domaine. Artiste reconnu en fait. Et toi, tu fais quoi ? »

Son sauveur ? Au moins, il était toujours utile , c'était déjà ça quand on fréquente de trop près la mort depuis trois ans. Il retapa en respirant calmement. Il avait mal au thorax, comme si on lui appuyait dessus, mais c'était son cœur. Trop lourd depuis quelques semaines. Trop touché par tous ses déboires... Il demandait à sortir, il n'avait plus assez de place là dedans. Le sang des anges ne fait jamais long feu dans un monde pareil... et le sien s'épuisait. « Me faut les résultats... cancer.... »  Il posa son portable sur la table, les doigts lâchant doucement prise et cacha son visage dans ses bras...sur le coté. Les yeux légèrement fermés. Pourquoi ne pas vouloir partir ? Ça aurait été tellement plus simple... tellement plus évident... Non , ce n'est pas gratuit ce genre de choses... On ne gagne rien à se laisser mourir... il avait encore des choses à faire... Comment le pourrait-il dans cet état. Son regard vaqua, perdu sur une table en face, une table avec ce petit gosse... une table qui se videra dans une heure. Sa vie était une table. Occupée, puis vidée, puis occupée, saccagée, salie, puis nettoyé, réparé, de nouveau souillée, écornée, dévernie, repeinte, déplacée, puis occupée, vidée, occupée, vidée... Il ferma les yeux, il voulait dormir. Mais même ça, ses insomnies l'en empêchait. Il ne cessait de revoir la mort de son père et toutes ces dernières semaines. Il sentit le contact dans ses cheveux. Il aurait voulu reculer. Depuis quand les gens le touchaient comme ça... ? « Ca va aller.... Je suis là.... Il t'arrivera rien... »  Cette phrase.. on lui avait tellement dit... pourquoi devrait-il croire un inconnu, même s'il n'en était plus vraiment un...

Une présence s'approcha de la table et posa une enveloppe pour Tâm. Il ouvrit lentement les yeux sur l'enveloppe comme si c'était Dieu lui-même qui avait posé ce cachet. Etait-il temps ? S'était-il assez battu ? Il refusait de penser qu'on puisse décider à sa place. Pourtant c'était ce qui se passait depuis trois ans... Trois années de taré... et les années d'avant n'avaient été que le compte à rebours de sa chute. Un mec qui regardait ses ailes à distance et qui d'un coup, les avaient fauché. Le destin qu'on l'appelle. Qu'il aille se faire foutre. Il referma les yeux. Vu le silence du médecin qui était venu, il connaissait le verdict. Il ferma les yeux et sentit sa gorge se serrer... Pas encore... Les larmes lui vinrent... Ne pas pleurer. Non. Son regard se mouilla juste quand il le rouvrit... il ne revivrait pas deux fois ça... non. Pas encore. La chimio le tuerait cette fois-ci. Son cœur aussi... Il n'irait pas à l'hopital. Si le cancer devait l'emporter, alors il vivrait ses derniers mois comme il se doit, avec des antidouleurs, mais il capitulait... il n'en pouvait plus.

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