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 « Le malheur ne dure pas toujours. »

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Ce message a été posté Jeu 31 Déc - 17:47
Andrew se prélasse, tranquillement, assit sur une chaise à la terrasse d'un café. Il avait besoin de se poser cinq petites minutes. Un sale type, tout-à-l'heure, avait tenté de le mener par le bout du nez en voulant acheter sa drogue à bas coût. Andrew avait immédiatement refusé sa requête. Bien évidemment, le gaillard avait commencé à faire un scandale et ses hurlements d'hystérie avaient attirés les regards et les oreilles les plus indiscrets. Il s'était, plus-ou-moins, retenu de ne pas lui en coller une en public. Il l'avait saisi par le col de son blouson dégueulasse et l'avait traîner dans une rue, un peu plus éloignée du centre, cachés de toute population. Sous le coup de l'agacement, Andrew l'avait menacé de lui foutre la gueule contre le mur s'il recommençait son cirque et par la même occasion, le fait qu'il se mette à geindre comme une gonzesse, l'énervait davantage. Du coup, il n'avait rien vendu. Par la suite, il avait appelé le type qui lui avait envoyé cet imbécile et lui avait dit que ses pseudo-clients, il pouvait désormais, se les foutre au cul et que plus jamais, il ne lui rendra service.

Attablé à cette table, un soda devant lui, il songe à ce qu'il aurait pu faire de sa vie. Bizarrement, en ce moment, il se pose d'innombrables questions : qu'est-ce qui l'avait persuadé de faire ça de sa vie, toute la journée ? Bien sûr, il connaît la réponse, mais il préfère l'évincer de son esprit. Il soupira, lassé. La fatigue lui remonte au cerveau. Décidément, il a l'impression de prendre dix ans à chaque rendez-vous un peu étrange comme celui-ci. Parfois, il aimerait envoyer chier tout le monde, mais ça serait un très gros risque à prendre et puis, ses plus proches clients finiraient par aller voir ailleurs et Andrew serait bon à vivre sous les ponts. Il faut l'avouer, Andrew a beau travailler, faire des petits boulots à droite et à gauche, c'est surtout sa revente de produit illicite qui lui permet de vivre convenablement. Ça lui fait comme un petit supplément à chaque fin de mois et il en est bien content. Au moins, il a le nécessaire pour payer son loyer et manger comme un porc (ou presque).

Andrew était bien installé, là. Tranquillement. Pour une fois, il peut contempler les rues de la ville. Ça fait bien longtemps qu'il est arrivé ici et pourtant, il n'a jamais vraiment pris le temps de regarder là où il met les pieds. Son téléphone sonna. Il soupira, songeant qu'il ne peut définitivement pas rester tranquille quelques minutes. Il ne peut ignorer l'appel, il y répondit, un peu blasé.

À l'appareil, c'était la voix d'une jeune femme, un peu paniquée. Angoissée, peut-être. Une nouvelle fois, la situation virait au mystère. Il n'a pas l'habitude de rendre service aux demoiselles, ce n'est pas qu'il ne les apprécie pas, mais il songe que celles-ci pourraient être ses sœurs et se rongerait les ongles jusqu'au sang de les voir se démolir à petit feu. Ses sœurs... Depuis combien de temps ne les a-t-il pas vus ou même entendu le son de leurs voix à travers un téléphone ? Qui sait si elles ne l'ont pas oublié.
Andrew se secoua la tête, ôtant toutes ses pensées qui lui filent des nœuds à l'estomac. Il se dirigea vers une grande allée, quelques rues plus loin, l'espace est restreint et personne n'y fout les pieds par crainte de se faire agresser par un mauvais gars. C'est là, qu'il a donné rendez-vous à la demoiselle en détresse. Au fond de lui, il espère vraiment arriver avant elle. Il ne sait pas ce qui lui a pris de lui donner rendez-vous dans un endroit aussi pourrit que celui-là. Il pourrait lui arriver tout et n'importe quoi.

Par miracle ou non, Andrew fut le premier arrivé et il attendit quelques minutes avant de voir une silhouette qu'il a déjà croisée auparavant, mais dont il ne se souvient plus du nom.

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Ce message a été posté Ven 1 Jan - 15:41
Au plus les jours de la date se rapprochait, au plus, je me sentais anxieuse. Bien entendu, j'ai été élevée pour ça. Une alliance entre deux familles. Mais du haut de mes dix neuf ans, je me voyais pas déjà être fiancée à un parfait inconnu. Six mois que la nouvelle était tombée ainsi comme un cheveu dans la soupe lors d'un souper entre mes parents et moi. Sur le coup, j'avais cru à une blague. Comment deux personnes qui s'aimaient d'amour pouvait forcer leur unique enfant à ça. Puis le temps a passé, des vêtements sont arrivés. Ma mère a commencé à me faire essayer des kimonos de fiançailles, de mariage. Mes cheveux ont été coiffés, tirés dans tout les sens pour ressembler à l'une de ses futures fiancés. Et moi dans tout ça. J'ai continué à rêver bêtement. A rêver que ce n'était qu'un rêve. Qu'un jour, quelqu'un viendra me sortir de là.

Deux jours avant la première rencontre avec celui qui à partir de ce soir là, allait commander ma vie, je stressais. Dès le matin, j'étais au point mort. Mon corps tremblait, mes larmes coulaient. Jamais je ne m'étais sentie au plus mal. Même quand Rin est parti. En pensant à lui, j'ai ouvert la boite à secret se trouvant dans le fond d'un coffre de jouet dans la petite pièce attenant à ma chambre. Il fallait, non, il faut que je me chasse les idées sombres qui envahissent ma tête. Ils sont que deux à connaître ce côté de là de moi. Rin et celui à qui il achetait avant pour moi. Le type, je l'ai toujours aperçut de loin, jamais il ne m'a adressé la parole ni même que nos regards se sont croisés. Je sais juste que c'était une connaissance à mon meilleur ami. Qu'ils ont le même âge mais va savoir comment ils se sont connus. C'est une histoire entre eux deux.

Enfin quoi qu'il en soit. Aujourd'hui, je suis en manque. Autant d'habitude, juste à savoir qu'il y a ce qu'il faut dans le coffre, je m'en moque. Mais là, plus rien. Ma gorge se sert, mon souffle me manque alors que je commence à m'énerver. Durant plus d'une demi heure je m'énerve seule. Ressentant les effets néfastes d'un manque. Dans le fond de la boite, un numéro de téléphone. Je sais qu'il me suffit de sonner pour avoir ce que j'ai besoin, pour avoir ma dose. Pourtant, il va me falloir du courage.

Le courage, je l'ai quand ma mère m'annonce mi après midi, qu'elle a choisit mon costume, ma coiffure et le maquillage que je porterai ce soir là. N'y tenant plus, j'annonce que je vais à la bibliothèque travailler. Chose qui n'est absolument pas vrai. Le numéro dans le fond de ma poche, je cours loin de l'ambassade. Reprenant le chemin que Rin et moi faisions quand il était encore là. C'est adossé contre un mur que je me décide à appeler le dealer, car l'homme est un dealer. Le seul que j'ai le droit d'appeler à voir ce qui est écrit en-dessous du numéro. Ma voix est serrée, énervée, confuse. Je suis même sur le point de supplier quand il me donne rendez-vous dans un lieu.

Vive google map, vive la technologie. L'application m'annonce que je ne suis qu'à quinze minutes du lieu de rendez-vous. Et je suis le chemin indiqué. Je pensais, qu'il m'aurait donné rendez-vous dans un café, un restaurant, un magasin où autre. Mais quand mon regard se pose sur une ruelle. J'hésite à y entré. Au loin, je remarque pourtant une silhouette familière. C'est lui, non? Un pas en avant, deux pas en arrière. J'hésite vraiment à m'approcher. Et si c'était pas lui pour finir. Mon regard se pose sur lui, ne cachant pas ma peur. Je ressemble à une enfant qui m'avance vers dans cette ruelle.


Monsieur Moon? Si c'est pas lui, je parts en courant loin de cette endroit.

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Ce message a été posté Sam 2 Jan - 16:31
Il attend, patiemment, adossé contre un mur. Il regarde les alentours, parfois il se redresse et examine les horizons. L'endroit ne plaît guère non plus, mais en cette période, il y a beaucoup trop de monde pour pouvoir faire un trafic sans être repéré en étant plus proche du centre-ville. Il eut que cette idée, cette ruelle en tête, cet endroit peu fréquentable sauf par ceux qui sont un peu arrachés à la vie. Les deux ou trois pauvres personnes qui se sont égarées ici, passèrent devant lui, le regardant comme s'il s'agissait d'un fantôme. L'une d'entre elle s'était mise à rire, aux anges, sans raison apparente. Andrew comprit qu'elle n'était plus dans le monde réelle. Il ne s'attarda pas sur son attitude, il en a l'habitude.
Il en vient à se demander encore pourquoi ce métier lui va si bien et lui donne ce dont il a besoin pour vivre convenablement. Il aurait pu faire un boulot en toute honnêteté, peut-être même en suer pour en arriver à un but, mais au moins, son boulot serait correct. Quelque part, son trafic l'est aussi, c'est juste une question d'illégalité. Il offre du bonheur aux gens dans un sens, mais un bonheur qui n'est que superficiel et aidé par une substance que personne ne devrait s'injecter ou sniffer. Il ne s'en veut pas de faire ça, il s'en veut juste de devoir vivre dans la pénombre et de cacher aux autres ce qu'il fait réellement en prétendant qu'un jour, il est éboueur, qu'un autre, il est agent d'entretien et ainsi de suite. Ces boulots, il les connaît, il les as déjà fait, mais ce sont des boulots qu'il a quittés puisque c'étaient de très courtes missions. Son activité illégale fonctionne : pourquoi continue t-il à s'en plaindre ? Il doit faire comme ses autres collègues : ne se préoccuper de rien !

Il attend jusqu'à apercevoir une silhouette féminine. La jeune demoiselle s'approche, peu convaincue, mais surtout effrayée. Andrew ne pensa pas qu'elle pût être aussi jeune. S'il avait su, il lui aurait sans doute refusé de lui vendre ce dont elle semble avoir besoin. Pourquoi se détruire en étant aussi jeune ? Elle a sûrement ses raisons et ça, ça ne le regarde absolument pas.
La jeune femme s'approche doucement. Son visage est ravagé aussi bien par la fatigue que par le manque. Est-ce seulement une fatigue due à ses longues journées ou est-ce cette fatigue qui est insupportable de se subir à chaque seconde qui s'écoulent ? Andrew se secoue la tête, s'ôtant toutes ses interrogations de son esprit.

« Monsieur Moon ? » demanda t-elle, presque avec intimidation.
« Monsieur ? Répéta t-il, haussant un sourcil, surprit. Andy, ça sera mieux ! »

Jamais aucun de ses clients, de toute sa misérable vie, qu'il a croisé ne l'aura appelé « monsieur ». Leur échange ne s'arrête qu'à de brèves et courtes phrases dans le style : « tu as ce qu'il faut ? Ouais. Tiens, casse-toi. » Et ça s'arrêtait là. Il fut d'autant plus surpris lorsque son visage lui rappela celui d'une autre jeune femme. Ou était-ce elle ? Il ne lui demanda pas, qu'est-ce que ça peut bien lui faire de toute façon ? Il gagne de l'argent, alors à quoi bon connaître son identité. Il s'en mordait juste les doigts de devoir vendre cette saloperie à une personne aussi jeune. Quel âge a-t-elle au juste ? Est-elle seulement majeure ? Voilà qu'il recommence à se poser des milliards de questions il se l'avoue que ça ne lui ressemble pas. « Tu dois t'en foutre ! » se dit-il à lui-même. Oui, il doit s'en foutre et royalement.

« Tu as l'argent ? » demanda t-il tout naturellement, tout en commençant à fouille dans l'une de ses poches pour en sortir un petit sachet transparent.

Pendant leur échange, Andrew ne put s'empêcher de détailler la jeune fille. Fatiguée. Usée. Complètement hors de toute réalité. Quelque chose, au fond de lui, commence à le bouffer et sans réfléchir à deux fois, avant qu'elle ne décide de partir en courant, il la questionna :

« Est-ce que ça va ? »

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Ce message a été posté Sam 2 Jan - 18:34
Un pas en avant, deux en arrière. La ruelle ne me rassure pas du tout. C'est maintenant que je veux que Rin soit là. Lui, il aurait été à ma place. Il aurait aussi trouvé les mots pour me calmer. Peut être qu'il se serait disputé avec ma mère, car l'idée des fiançailles vient d'elle, j'en suis sur. Elle est trop heureuse alors que père me regarde comme si il étai désolé quand nous nous croisons dans une pièce. Je rabats ma capuche lapin sur la tête. Alors que je m'arrête à une distance raisonnable d'un homme adossé contre un mur. Monsieur ? Mon regard aurait été sur lui, et non sur mes chaussures, je l'aurai fut surpris. Andy, ça sera mieux ! A l'entende de son prénom, je redresse la tête, écarquillant les yeux. Il veut qu'on l'appelle ainsi. Mais ça ne va pas avec les principes qu'on m'indulgue depuis la naissance. Enfin, dans mon milieu, il st rare d'appeler quelqu'un par son prénom. Même mes parents, je ne pense ne les avoir jamais entendu s'appeler par leur prénom. Sauf quand ils sont fâchés et encore. Mère m'appelle juste Mademoiselle Ma.

Tu as l'argent ? L'argent? Là aussi, il me faut un instant pour comprendre de quoi il parle. Avant de me rappeler de l'enveloppe que Rin a glissé dans mon coffre à jouet. Timidement, je hoche la tête et la sort d'une des poches de ma veste. Le regard de l'inconnu sur moi, me met bien entendu mal à l'aise. Et je détourne la tête, me mordant la lèvre. Voilà, que je sens les larmes revenir.

Est-ce que ça va ? Il n'aurait pas dû me poser la question. Vraiment pas. Mon regard se braque sur lui, je croise les bras. Retenant mes larmes. Non, ça va pas. Y a rien qui va! Je tiens l'enveloppe du bout des doigts. Ferme mes yeux. Claque du pied sur le sol. Mais qu'est-ce que ça peut vous faire vous. Vous savez pas ce que sait d'être vendu. Voilà, ils me vendent pour je ne sais quoi. Tout en parlant, une larme coule sur ma joue. Je shoote dans un morceau de verre. Et Rin n'est même pas là. Je suis toute seule. TOUTE SEULE!

Il n'est pas tombé sur mon bon jour. Le manque certainement. Le besoin d'exprimer le mal être qui s'empare de moi pour l'instant. Rageusement, j'essuie la larme qui poursuivait le chemin jusqu'à mon menton. Je lui tends l'enveloppe en fermant les yeux. Il n'a pas besoin de savoir tout ça. De toute manière, qui ça pourrait intéressé les états d'âmes d'une gamine. Je suis sur qu'il a une vie meilleur que la mienne. Sans contrainte. Alors que moi, je n'ai que ça. Jamais on m'a demandé ce que je voulais faire. On a toujours choisit pour moi. Même mon nounou, choisissait pour moi.

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Ce message a été posté Sam 2 Jan - 21:52
Il ne sait pas exactement pourquoi il lui a posé cette question. Il ne l'a jamais fait pour qui que ce soit ni pour lui-même, d'ailleurs. Il ne s'est jamais demandé s'il allait bien lorsqu'il s'était réveillé un matin, si tout allait bien à la fin de sa journée et si, il irait bien tout au long de sa vie. Il ne s'est jamais préoccupé des états d'âmes des personnes qui ont pu l'entourer tout au long de sa vie. Il parle de cela au passé puisqu'il n'a jamais eu cette sensation d'être vraiment entouré de quiconque. En y repensant bien, il n'a jamais été entouré. Il y avait eu cette infâme bonne femme qui avait brisé toutes ses envies, tous ses rêves et c'est certainement à cause d'elle, qu'il en est là aujourd'hui. Pour le moment, tout cela n'est pas la question à se poser.
Sur le coup, face à la réaction de la jeune femme devant lui, il se rendit compte qu'il avait posé une question qu'il ne fallait pas. Soudainement, elle se braqua, croisant les bras. Il vit dans ses yeux, l'eau les rendant humide, elle était prête à pleurer.

« Non, ça va pas. Y a rien qui va ! » dit-elle en se saisissant d'une enveloppe qui m'était certainement destinée. Il la regarda avec curiosité, elle se mit à taper du pied contre le sol comme une enfant faisant un caprice pour obtenir un jouet. « Mais qu'est-ce que ça peut vous faire vous. Vous savez pas ce que sait d'être vendu. Voilà, ils me vendent pour je ne sais quoi. » Rajouta t-elle en s'éloignant pour taper dans le premier objet qui se présenta devant elle. Andrew reconnut qu'il n'y comprenait pas grand chose, jusqu'à ce qu'elle en vienne à lancer : « Et Rin n'est même pas là. Je suis toute seule TOUTE SEULE ! »

À l'entente de ce prénom, il écarquilla les yeux. Ce prénom, il le connaissait par cœur. Si elle parlait bien de la personne à laquelle il pensait, c'était bien l'un de ses meilleurs clients. Il ne l'avait plus depuis belle lurette depuis un certain temps, il s'était même demandé s'il était encore en vie à plusieurs reprises. Voilà que son mystère se retrouve être, plus-ou-moins, résolu. L'enveloppe tendu devant lui, il revint à la réalité. Il ne broncha pas à ce qu'elle venait de lui dire, il pris l'enveloppe. En vrai, il ne souhaitait pas à la contredire au risque de la peiner encore plus. Il n'aime pas vraiment voir les filles pleurer à chaude larme comme cela et encore, il trouvait la jeune femme plutôt forte face à sa situation, pour ne pas en venir à tuer quelqu'un ou faire une autre connerie dans le même genre.
Il ouvrit l'enveloppe et regarda à l'intérieur. Il y découvrit l'argent nécessaire, il y en avait même un peu trop par rapport à ce qu'il demande : est-il le dealer le moins cher de la ville ? Mais, quelque chose attira sa curiosité, une sorte de post-il sur lequel été écrit en lettre fine, un court mot. Un mot qui ôta encore plus ses soupçons. Cette fille, il la connaissait, il l'avait seulement oublié.

« Tu es déjà venue me voir avec Rin, n'est-ce pas ? » demanda-t-il, peut-être bêtement. Il connaissait la réponse, mais il voulait vraiment en être sûr.

Il regarde la jeune fille, puis l'enveloppe. Il trouva tout cela éphémère et il pensa qu'elle avait sûrement besoin de cette herbe pour s'évaporer quelques heures de ce monde. Il songea surtout qu'elle avait besoin d'une épaule, une oreille qui pourrait l'écouter puisque Rin semble avoir quitté le pays et pour un bon bout de temps. La gamine devait se sentir délaisser.

« Écoute, ça va paraître bizarre, mais j'peux pas te laisser comme ça. Je sais que Rin tient à toi et si j'en viens à te laisser dans cet état et qu'il l'apprend, il va sûrement me fracasser la gueule. Dit-il en toute franchise. Tiens, reprend ton argent. Rajouta t-il en tendant l'enveloppe à la personne devant lui et sans même lui expliquer, il se saisis le bras et la força à avancer. Viens, on va aller boire un verre. T'inquiètes pas, c'est moi qui offre ! »

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Ce message a été posté Sam 2 Jan - 22:22
Le soucis quand je m'énerve vraiment, c'est que je perds le contrôle de moi-même. Mon comportement change, enfin, il est toujours aussi enfantin mais là, j'ose dire ce qui se passe vraiment dans ma tête. Il m'arrive de vouloir être ainsi tout le temps. Seulement, être surprotégée n'aide pas vraiment. Pourtant, à ce moment précis, tout sort. Le fait que mes parents me fiancent sans mon accord, le fait que Rin soit parti me laissant seule. L'envie de hurler, de pleurer, de taper sur tout et n'importe quoi est présent. Tu es déjà venue me voir avec Rin, n'est-ce pas ? La question est rhétorique. Pourtant, ça me calme durant une fraction de seconde. Venir avec lui, c'est plutôt qu'ils se donnaient rendez-vous dans un parc, pendant qu'ils faisaient affaire, j'escaladais un arbre ou faisais voler un cerf volant. Même ça, maintenant, d'ici quelques jours, ça va m'être interdit. Pourtant, je hoche de la tête tout en murmurant. Oui du bout des lèvres.

Calmer? Pas vraiment, seulement durant quelques heures, j'ai envie de ne plus penser à tout ça. Partir loin, dans un autre monde. Rigoler, m'amuser. Oublier que même un chaton me fait sursauter, juste être libre. Mon regard le fixe, alors que mes poings sont serrés.
Écoute, ça va paraître bizarre, mais j'peux pas te laisser comme ça. Je sais que Rin tient à toi et si j'en viens à te laisser dans cet état et qu'il l'apprend, il va sûrement me fracasser la gueule Mes yeux s'écarquilent à l'entende de ses mots. Me laisser comme ça? Qu'il me donne ce que je suis venue chercher. Quand il parle de Rin, une nouvelle larme ruisselle sur ma joue. Il me manque mais il est heureux maintenant, il doit aussi faire sa vie après tout. Je vais pour lui dire qu'il ne fera rien mais ne dit mot. Il n'a pas besoin de savoir ça. Et le pire c'est qu'il réussit à étirer mes lèvres en un sourire, timide et triste mais c'est déjà ça de gagner. Connaissant mon ancien nounou, c'est pas fracasser sa gueule qui ferait mais l'envoyer à l'hôpital.

Tiens, reprend ton argent. Je repousse la main tenant l'enveloppe vers lui. L'argent, j'en ai pas besoin. Si tu l'as prend pas, je trouverai quelqu'un d'autre. Oui, c'est moi qui parle. Mon regard le fixe, mon souffle se fait plus fort. Quand il me saisit le bras, me forçant à avancer vers la rue. Durant un temps, je ne bouge pas. Regardant sa main. Viens, on va aller boire un verre. T'inquiètes pas, c'est moi qui offre ! Sans réfléchir, je tire mon bras pour qu'il me lâche. Fais un pas en arrière, lui lance un regard noir. Ne me touchez pas! Je sais marcher seule. Avant de percuter ce qu'il vient de me dire, et là, je redeviens calme d'un coup. J'ai le droit de prendre tout ce que je veux? Avant de reprendre d'une voix froide. Et j'ai de quoi acheter un café si je le veux! Capricieuse? Lunatique? Pas du tout, c'est juste mon vrai comportement, c'est tout.

Invité
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Ce message a été posté Mar 5 Jan - 18:00
Décidément, il ne peut s'empêcher de reprendre le rôle de ce grand-frère. En y songeant, il aurait certainement fait la même chose, si ça avait été l'une de ses sœurs et face à la jeune femme, il ne put faire autrement. S'il avait eu le culot de l'abandonner avec ses problèmes, seule, dans son coin, il s'en serait voulu jusqu'à la fin de sa vie. S'il peut faire quelque chose de correct, juste une petite fois dans sa triste vie, c'était bien maintenant. Il avait refusé l'argent, sans lui donner une quelconque explication et dans l'instant qui avait suivi, il lui proposa d'aller boire un verre. Mā Ai ne semblait pas être en confiance et c'était tout-à-fait compréhensible : ils ne se connaissent ni d'Eve ni d'Adam, ils ne savent pas d'où ils viennent, d'où ils sortent, c'était censé être un échange rapide. Rien de plus. Sans question. Sans rien. Ne plus jamais se revoir ou peut-être une ou deux fois, s'il avait fallu que ça se produise. Alors, qu'Andrew songeait à la guider sur le bon chemin à prendre, Mā Ai s'agita pour qu'il lui lâche le bras, chose qu'il fit sans insister.

« Ne me touchez pas ! Je sais marcher seule. » réagissait-elle subitement.

C'est vrai que, parfois, Andrew ne maîtrisait pas sa force et pouvait faire un brin peur en agissant sur un coup de tête. Il comprit que la jeune femme, à ses côtés, ne souhaite pas qu'il la touche, il ne lui avait, d'ailleurs, pas demandé et ce n'était pas correct d'abuser de cette sorte de faiblesse pour se permettre de lui tenir le bras de cette façon. Il ne réagit pas à sa remarque suivante, il sait qu'elle est capable de marcher, après tout, ça s'était bien remarqué, elle avait pu arriver jusqu'à lui. Puis, elle prit un air plus doux, s'étant sûrement apaisés pendant quelques secondes se permettant d'articuler à nouveau :

« J'ai le droit de prendre tout ce que je veux ? Et j'ai de quoi acheter un café si je le veux ! »

Andrew esquissa un sourire. Finalement, cette petite lui plaisait bien. Son caractère semble dur et compliqué à la fois, mais il en fit abstraction. Sa jeunesse pouvait y être la cause, mais il y avait quelque chose d'autre derrière tout ça, quelque chose qui l'irrite au plus haut point et ça, Andrew l'avait vite remarqué.

« Alors, garder ton argent est une bonne raison si tu veux t'offrir ce que tu veux. » lui dit-il en toute sympathie.

Sur le chemin, tous les deux ne s'étaient pas adressés la parole. Ils avaient marché silencieusement, l'un à côté de l'autre, plutôt même un peu en retrait évitant de se percuter sur les trottoirs un peu trop étroit. Andrew avançait et regardait machinalement derrière lui pour voir si la jeune demoiselle le suivait encore. Il avait pensé qu'elle aurait pris la fuite sans même le prévenir, mais il s'était bien trompé. Elle était toujours là, se terrant dans un mutisme. Les jeunes sont censés représenter l'insouciance, la joie de vivre, il se demanda ce qui peut bien lui bouffer toutes ses bonnes choses.
Peu de temps après, ils arrivèrent à un petit restaurant. Andrew s'approcha de la porte et l'ouvrir, se mettant un peu sur le côté pour laisser Mā Ai passer et entrer en première. Une fois à l'intérieur, ils se dirigèrent à une table où deux sièges se trouvaient l'un en face de l'autre. Andrew ôta sa veste et s'installa sur l'une d'entre elle, tout en ayant pris le soin de déposer sa veste sur le dossier de la chaise. Un serveur arriva aussitôt, il commanda un soda et laissa Mā Ai prendre ce qu'elle souhaitait, c'était le deal entre eux. Il ne broncha pas face à ce qu'elle avait demandé. Le serveur s'éloigna ensuite, un terrible silence s'installa. Il ne savait pas exactement ce qu'il devait lui demander, s'il devait lui demander quelque chose d'ailleurs. Il laissa le temps s'écouler, espérant qu'elle décide de se livrer à lui, par elle-même.

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Ce message a été posté Mar 12 Jan - 13:54
En moins de trois minutes, je me calme. Enfin, si on peut dire que je me calme d'un coup. Mais dès que je comprends qu'il me propose d'aller boire et manger. Mon comportement change de tout au tout. Bien entendu, je lui fais comprendre qu'il doit me lâcher. Car après tout, je suis assez grande pour moi bouger. Mais c'est surtout le fait que je vais pouvoir me rendre dans un thea room ou un truc comme ça, non? Ca fait longtemps que je n'ai plus pu aller dans ce genre d'endroit. Et là, toutes ma colère, ma rage disparaît d'un coup. Je lui demande d'un ton plus joyeux d'un coup si j'ai le droit de choisir tout ce que je veux. Avant de lui rappeler que j'ai de quoi m'acheter un café après tout. Il me regarde et me sourit. « Alors, garder ton argent est une bonne raison si tu veux t'offrir ce que tu veux. »

Je renifle en mettant mes mains dans mes poches. Il sait pas qui je suis? J'ai de l'argent. Puis, si j'en ai besoin, il me suffit de donner la carte de l'ambassade, et on me sert ce que je veux. Enfin, du moment que je vais dans un endroit digne de ma condition, dixit ma mère. Sauf que moi, ce genre d'endroit me manque, Rin me manque. Depuis qu'il n'est pus là, je ne peux plus rien faire d'amusant. Je dois jouer le rôle de la fille parfaite pour ne pas faire honte à mes parents. Je suis le mec sans vraiment regarder où on va. Logiquement, j'aurai dû partir en courant, aller à l'opposé. Mais franchement, là, j'en ai strictement rien à faire si il est gentil ou méchant. Je lève ma tête de temps en temps pour voir où il va. Gardant une distance entre nous deux.

Dans le café, je m'installe devant lui, gardant ma veste sur moi. Au faite, là, mon comportement ne montre absolument pas d'où je viens. Mes coudes sur la table, mon visage braquée sur la nappe. Je soupire, plusieurs fois, avant d'attraper la carte.
Deux crêpes aux chocolats avec de la chantilly, un chocolat chaud et une gaufre avec du sucre. Je souris au serveur et le regarde partir avec nos commandes.

Puis le silence se fait entre nous deux. Je regarde le décor, attendant qu'il me parle. Mais deux minutes après, il n'a toujours pas parlé. Mon regard le fixe, je soupire.
Vous faites toujours ce que vos parents attendent de vous? Vu que Rin n'est pas là pour me répondre, je peux poser la question à quelqu'un d'autre non?

Spoiler:
 

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Ce message a été posté Dim 24 Jan - 14:51
Assit, l'un en face de l'autre, Andrew craignait de passer le reste de la soirée à se regarder dans le blanc des yeux avec la jeune demoiselle. Sur le moment, il se demanda s'il avait vraiment eu une idée de génie en l'invitant à boire ou à manger quelque chose. Il se demanda même s'il avait eu raison de s'intéresser à ses problèmes, mais, le fait qu'elle peut être l'une de ses petites sœurs lui mettait une claque en pleine tronche. Il ne pouvait décidément pas la laisser seule dans la merde, avec ce poids sur les épaules qui semblent la ronger depuis bien trop longtemps. Finalement, il cessa de se poser des milliard de questions. Ils passèrent leur commande et lorsque le serveur s'éloigna, quelques secondes de silence s'installa entre eux, mais rapidement Ai lui demanda :

« Vous faites toujours ce que vos parents attendent de vous ? »

Andrew se figea. Ils n'avaient jamais entretenu une bonne relation avec ses parents. En réalité, c'était comme s'ils n'avaient jamais existé. Très tôt, dès son enfance, il avait appris la vie qu'à travers une vieille bonne femme qui lui servait de gouvernante. Cette immonde grosse et infâme bonne femme qui avait plus-ou-moins brisé ses rêves et fait de lui ce qu'il est maintenant. Les poings serrés sous la table, il s'empêcha de serrer des dents et de se braquer envers ce qu'elle lui avait demandé. Elle ne pouvait pas savoir, elle ne pouvait pas le deviner non plus. Il déglutit difficilement et lui répondit en évitant de cracher toute sa rancœur envers ses parents qui avaient foutu le camp de sa vie depuis belle lurette :

« Je t'ai déjà dit de me tutoyer ! Commença t-il. Et non, je n'ai jamais fais ce que mes parents auraient voulu que je fasse. Il hésita un moment, puis rajouta : Je suis un peu le sale gosse de la famille, mais je m'en fous. »

Il esquissa un sourire, comme si tout allait bien, mais non, ça n'allait pas. Il avait sacrément envie de hurler sa haine envers la planète tout entière. Comment des gens, comme eux, comme ses parents, avaient-ils pu faire des enfants et aucunement se préoccuper de leur éducation, mais faisait pleinement confiance à une personne totalement inconnue qui pourrait la faire à leur place. Il n'y comprendrait jamais rien et il valait mieux pour lui de ne pas penser à tout cela. Le serveur revint avec leurs commandes respectives. Il prit une gorgée de soda, essayant de reprendre son calme.

« Si tu me demandes ça, je suppose que tu as un problème avec tes parents... dit-il de but en blanc. Qu'est-ce qu'ils ont trouvés encore comme connerie pour pourrir une vie ? » lui demanda t-il sans se retenir.

Il ne regrettait pas de lui avoir demandé franchement ce qu'il se passe dans sa vie ni d'oser parler des parents de la sorte, après tout, les siens l'avaient complètement rogné, est-ce qu'il y avait pire que ça ?

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« Le malheur ne dure pas toujours. »

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