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 undercover failure (yongsun + camille)

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Ce message a été posté Mar 8 Mar - 22:57
▹▸▹▸ Vendredi soir, Camille se disait que la Terre entière devait fourmiller de bons plans pour passer une bonne soirée. C’était tellement injuste, elle était coincée à enquêter sur un homme politique aux méthodes douteuses alors que tous ses petits camarades étaient entrain de se préparer pour le weekend. Heureusement qu’elle avait réussi à traîner Yong Sun avec elle. Le pauvre n’avait pas eu d’autre choix que d’accompagner Camille dans son périple. Quoi que qu’est-ce qu’elle avait du le supplier pour qu’il accepte de lui tenir compagnie... Camille ne se souvenait pas avoir supplié quelqu’un comme ça depuis une éternité.
Le sujet de l’enquête, Hashimoto Jiro, un homme de petite envergure mais relié à de nombreuses personnalités politiques notoires. Il serait considéré comme le pilier de toute une armada d’affaires impliquant des blanchiments économiques et pots-de-vin en tous genres. Son nom se murmurait partout entre grands journalistes mais n’ayant aucune preuve tangible, c’est la petite stagiaire que l’on avait envoyé faire le sale boulot... au travail Camille !

Et la demoiselle n’avait pas fait les choses à moitié. Elle avait revêtu un long trench camel duquel elle avait relevé le col à la manière d’un vieux feuilleton. Elle avait trouvé un vieux chapeau feutré dans ses affaires et avait décidé d’en faire son accessoire-phare pour la soirée. Quel grand enquêteur sortait sans son chapeau ? C’était indispensable pour ne pas se faire reconnaître.
Pourtant à côté de Yong Sun, elle se sentait un peu idiote. Il était habillé le plus naturellement du monde et pour ne rien vous cacher, les rues de Ginza étaient plutôt fréquentées ce soir-là. Du coup, assise sur son siège passager l’air de se cacher et de ne pas vouloir être reconnue, Camille faisait un peu tâche. Sans parler du regard de son acolyte qui la dévisageait depuis le siège du conducteur. Elle ôta doucement ses lunettes de soleil – elle y voyait déjà un peu plus clair. « ...dis, tu penses pas que j’en ai fais un peu trop ? » Elle semblait très préoccupée. Il faut dire que ça faisait déjà trente minutes qu’ils étaient en poste et la cible n’avait rien fait de très intéressant à part accueillir ses hôtes et commander un pichet de vin depuis la table du restaurant qu’il occupait de l’autre côté de la route. On dirait que ce n’était pas la mission du siècle à laquelle s’attendait Camille. « Bon dieu qu’est-ce qu’il fait chaud. » Elle rangea ses lunettes, ôta ses gants en cuir noir, ouvrit son trench et laissa son chapeau basculer depuis le siège avant sur la banquette arrière de la voiture de Yong. D’accord, elle en avait peut-être fait un chouia trop. « Te moque pas, j’ai regardé James Bond hier en plus. D’ailleurs qu’est-ce que t’en sais, il pourrait très bien sortir en trombe du restaurant et on devra poursuivre sa voiture dans les rues de Tokyo ? » C’était très peu probable, Camille s’en doutait. Peu importe, elle attrapa le bras de Yong Sun et l’orienta au dessus du frein à main. « Donc tiens-toi prêt à démarrer à tout moment ! »

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Ce message a été posté Mer 9 Mar - 18:41
Undercover failure

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La journée avait été courte, fort heureusement. Je n’avais qu’une seule envie : partir faire un jogging, prendre une bonne douche, et me planter dans mon canapé devant une série un plateau télé sous la main. Néanmoins, cela était tout bonnement impossible. Grâce à ses jolis yeux, Camille avait réussi à me convaincre de l’accompagner dans une nouvelle virée. En effet, pour les besoins du travail, Camille avait besoin de faire une filature et d’obtenir des informations sur un homme politique aux pratiques possiblement douteuses. De nombreuses rumeurs circulaient à son égard mais, comme bien souvent, il était difficile de coincer les hommes célèbres et de les prendre sur le vif. Et comme bien souvent, c’étaient les jeunes collègues qui étaient envoyés sur ce genre de terrains un peu houleux, de sorte que personne en haut de la hiérarchie ne puisse recevoir quelque forme de reproche. C’est une manière de se protéger car on peut toujours excuser un stagiaire par son « manque flagrant de professionnalisme ».

Être envoyé sur le terrain pour une telle affaire n’en restait pas moins quelque chose de sérieux. Si Camille parvenait à obtenir des preuves tangibles de l’implication de l’homme politique dans des affaires controversées, son statut dans l’entreprise en serait certainement d’autant plus valorisé, même si parfois le crédit revient au supérieur hiérarchique plutôt qu’à la personne concernée…  

Quoi qu’il en soit, j’avais vite compris à quel point il était essentiel que j’accompagne Camille dans son périple. On se connaissait déjà depuis quelques années, et c’était une personne que j’appréciais beaucoup. En revanche… passer une journée dans une voiture à attendre que le poisson mordre à l’autre bout de la ligne, mouais… Paradoxal pour un futur journaliste non ? Disons que la rubrique « people » était loin d’être parmi mes préférées.  Je sentais que cette soirée allait être interminable. Et que Camille n’allait pas arrêter de parler. Dormir ? Hors de question je suppose… La connaissant il faudrait être H24 sur le qui-vive. Ce qui n’est pas tout à fait faux lorsque l’on est journaliste.

Pour une filature, rien ne me semblait plus évident que de passer pour un homme passe-partout. Un homme ordinaire qui ne sort en rien du commun. Une tenue simple s’imposait. Pas de noir complet, pas de tenue complète d’inspecteur ou de détective privé. Un t-shirt blanc, une veste en cuir, un simple jean et des baskets et le tour était joué. Je prenais également, par précaution, une casquette noire de sorte que personne ne me reconnaisse. Je m’imaginais mal expliquer à mon père pour quelle raison j’étais passé du statut d’enquêteur sur une affaire de politique à une couverture de magazine. C’est aussi pour cette raison que l’aventure m’enchantait peu. Fort heureusement, la filature devait avoir lieu de nuit, ce qui nous rendait beaucoup plus difficiles à tracer. Mais si nous étions difficiles à repérer, l’homme d’affaires le serait sûrement aussi…

Une fois prêt à me diriger vers notre lieu de rendez-vous je saisis la clé de ma voiture et roulais en direction de Ginza. J’y récupérais Camille avant de nous stationner correctement pour repérer toute forme de mouvement ou d’agitation qui pourrait nous être bénéfique. Soucieux de nous trouver une bonne place, je n’avais pas réellement fait attention à Camille. A première vue, rien n’était à signaler. Mais lorsque je coupai le moteur, j’observai attentivement Camille dans la pénombre et me mis à pouffer de rire. Camille, contrairement à moi, s’était transformée en parfait petit détective. Elle était le stéréotype d’un vieux détective privé : le trench, le chapeau, une paire de lunettes de soleil. En soi rien de vraiment louche, sauf lorsque l’on est dans une voiture qui ne bouge pas, de nuit.

« Eh bien, ça va petit détective ? » dis-je alors en étouffant un petit rire et en ébouriffant ses cheveux. « En faire un peu trop ?... Hm… non je ne pense pas » ricanai-je. « Tu es parfaitement discrète, tu aurais dû me laisser prendre une photo » ajoutai-je en ouvrant un peu sa fenêtre pour qu’une brise rentre dans la voiture. Camille se mit alors à chercher tout un tas d’excuses. « C’est vrai que ton trench, ton chapeau et tes lunettes vont nous être utiles si l’on doit le poursuivre en voiture. Ou même à pied. Rien de mieux qu’un long manteau et des lunettes de soleil pour avancer le plus rapidement possible la nuit, tu as raison » lançai-je, un sourire moqueur sur les lèvres. 1-0 pour moi. Camille, soucieuse de ne pas être ridiculisée par moi, me pris le bras et le posa sur mon frein à main. Soi-disant pour que l’on soit prêts à démarrer en toutes circonstances. « Oh, n’importe quoi. Tu crois vraiment que je vais rester trois heures à tenir ce frein ? Qu’est-ce que tu feras si j’ai une crampe au moment voulu et que l’on ne peut finalement pas démarrer ? Hein ? Ce serait une bonne idée de me laisser dormir au lieu de me toucher et de me draguer. Avoue, c’est pour ça que tu m’as fait venir » rajoutai-je, moqueur, en feignant de fermer les yeux et de m’assoupir.  

© GASMASK

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Ce message a été posté Ven 11 Mar - 22:57
▹▸▹▸ En plein dans le mille, Camille ne coupa pas aux remarques de Yong Sun. Elle se sentait parfaitement ridicule et il ne faisait rien pour arranger son sentiment du j’en ai peut-être un peu trop fait. Mais cette filature la mettait tellement sur les nerfs, elle avait vu tellement de films où la situation dérapait et les protagonistes se retrouvaient à l’hôpital ou en taule –quoi que pour ne rien vous cacher, elle trouvait cette idée assez aventureuse et séduisante. « Tu pouvais pas me le dire avant ? Pour la peine t’auras pas de photo. » D’accord, c’était la sanction la plus minable de tous les temps, mais elle n’avait pas franchement eut le temps de préméditer sa revanche. « Puis je suis beaucoup trop photogénique pour traîner dans la mémoire de ton téléphone. » Elle lui tira la langue et croisa les bras contre sa poitrine d’un air désabusé en posa sa tête près de la fenêtre entrouverte.

Il avait l’air tellement cool et détendu avec sa veste en cuir et sa petite casquette, au contraire Camille attirait plus l’attention qu’autre chose. Désespérante. « Ah ça, je suis équipée pour une course poursuite à pieds ! » déclara-t-elle toute fière en pointant du doigt les baskets qu’elle avait aux pieds. « Tu verras, avec ça je fuserai comme l’éclair. Tu seras pas encore arrivé au bout de la rue que j’aurai déjà mis le méchant K.O. Et je serais entrain de boire un café en t’attendant. » Elle mettait de la conviction dans ses paroles qu’elle accompagnait de gestes censés représenter des techniques d’arts martiaux ancestraux. Pour autant elle n’en oubliait pas la raison de leur venue ici : la filature. Et pour détourner l’attention de Yong Sun qui s’acharnait à juste titre sur son allure de détective, elle le rappela à l’ordre en posant sa main libre sur le frein à main ce qui ne semblait pas l’enchanté ni lui procurer la moindre étincelle d’adrénaline. « Je passerais les vitesses et tu dirigeras la voiture ? » Elle même n’était pas convaincue de sa réponse mais il était hors de question de lui laisser marquer un nouveau point, surtout pas sur une excuse aussi stupide que la crampe. En même temps sa proposition, c’était un coup à les envoyer dans le décor et à refaire le portrait de le voiture de Yong. Pas sûr que l’idée, même sans être sérieuse, ne lui plaise beaucoup.

Une idée qui plaisait encore moins à Camille, c’est lorsqu’il suggéra qu’il la laisse dormir au lieu de le toucher et de le draguer. Elle fit un bond de maître sur son siège. « Quoi ??! Tu – » Elle s’empara de son gant avant même d’avoir commencé sa phrase et l’envoya droit sur la vitre du conducteur. Merde elle était si près, comment elle avait pu rater son coup ? Sans trop y réfléchir, elle s’empara de son deuxième gant et l’envoya s’écraser contre la joue de Yong qui semblait déjà piquer un somme. « Yah, arrête de dire n’importe quoi ! Je t’ai connu dans tes premières années de lycée, tu veux des photos ? J’en ai pour le coup ! » le menaça-t-elle en lui titillant l’épaule, l’avant-bras, la joue et les cheveux avec son index comme si elle le criblait de balles. Elle détestait quand il faisait ça, toujours la petite phrase un peu déplacée pour se payer sa tronche, la mettre mal à l’aise et lui faire piquer un fard. C’est sûrement pour ça qu’il ne s’arrêtait jamais, parce que Camille réagissait toujours au quart de tour. « En plus tu sais très bien que t’arriveras pas à dormir – et encore moins quand je suis dans les parages. Pas vrai ? » Elle lui fit un grand sourire satisfait. Il ne fallait pas inverser les rôles ! C’était Camille qui s’endormait partout et n’importe où, qu’est-ce qu’elle allait faire si elle piquait du nez et que Yong Sun n’était pas là pour la réveiller ? Non, non, ce serait fatal. Il devait rester éveiller pour le bien de la société toute entière. « Puis je t’ai pas demandé de venir pour te regarder dormir, sinon j’aurais amené ma grande mère - CQFD. » Marmonna-t-elle n le regardant de travers.

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Ce message a été posté Sam 26 Mar - 22:56
Undercover failure

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« Tu pouvais pas me le dire avant ? Pour la peine t’auras pas de photo. » dit-elle. Un petit sourire se dessina dans le coin de mes lèvres. Qui ne pouvait pas apprécier cette petite bouille? Comment résister ? De jolis yeux malicieux, une mine un peu boudeuse… Rien de mieux pour faire craquer un homme. Ou même une femme. La beauté est universelle. « Mince alors. La vie ne vaut plus la peine d’être vécue alors je suppose… Je ne pourrai pas regarder ta photo le soir avant de dormir… Sacrilège… Je pense que mon portable aussi est très déçu de ne pas t’avoir sur sa carte mémoire. Et puis pense à ceux qui auraient pu imprimer ces magnifiques photos, à cause de toi des tas de magasins photos vont fermer ! Tu n'as pas honte?!» faisais-je semblant de soupirer.  J’avais conscience de m’engager dans un combat féroce avec Camille. Elle ne voulait pas être ridiculisée, et je pense qu’elle n’avait absolument pas dans l’optique de ne pas avoir le dernier mot avec moi. Si c’était le cas, eh bien pas de chance, car il s’agissait de mon état d’esprit.

Quand Camille tenta de contrecarrer ma réplique concernant sa tenue, et ce en me pointant du doigt ses baskets de course, je me mis à approuver un instant. Un petit moment de gloire pour l’ennemi, quoi de mieux pour l’assommer un peu plus d’une nouvelle remarque acerbe. « Peut-être, mais si c’est pour te prendre les pieds dans ton long manteau, ou pour te prendre un poteau en plein visage en courant, ça ne sert à rien !  » souriais-je. « Au moins, ça te laissera un joli souvenir de notre escapade nocturne ! » dis-je en me mettant à rire gaiement. Pour agrémenter mon propos, je me mis à imiter la scène, tout en accentuant la mise en scène en reprenant l’image d’une fusée. Rien à dire, je prenais mon pied. La soirée était beaucoup plus divertissante que je ne l’avais imaginée. Le plus drôle, dans toute cette histoire, c’était la manière dont d’un coup j’avais réussi à la faire rougir. Parlez un peu de drague avec une fille, laissez entendre que c’est elle qui vous drague alors que ce n’est pas le cas, et voilà le tour est joué. Vous récolterez cinq bonnes minutes à rire tout seul dans votre coin, et une mine encore plus boudeuse accompagnée de jolis coquelicots à la place des pommettes initiales.

C’est du moins ce que je distinguais faiblement, mes yeux étant à demi fermés pour laisser paraitre que je dormais tout en essayant de récupérer et d’analyser quelques indices. C’était peut-être là l’œil du journaliste.  Clap . Je me demandai directement à quoi correspondait ce son. Qu’importe. Je continuai à faire semblant de dormir quand, dix secondes plus tard, quelque chose vola en direction de ma joue. J’ouvris faiblement les yeux avant de les refermer. J’aperçu alors l’esquisse d’un gant. Rien de bien drôle à vrai dire. Mais c’est ce moment que je choisis pour sourire de nouveau. Je devinais ce qui s’était passé quelques secondes plus tôt. Ce bruit que j’avais entendu, c’était l’autre gant qui avait atterri sur la vitre plutôt que sur ma joue. Je retins aussi bien que mal un petit rire. Il fallait malgré tout être un minimum persistant dans mon jeu d’acteur si je souhaitais que Camille s’énerve un peu. Après avoir subi une certaine forme de maltraitance : chatouillis, petits coups, et toutes autres formes d’actions qui auraient pu être faites pour m’empêcher de dormir, je glissais un petit « Hmmmm… Pas moyen de dormir iciiiiiiiii ! ».

J’ouvris les yeux et la regarda avec un petit sourire « En tout cas, je suis sûr que ta grand-mère  a plus d’adresse et sait mieux viser en tout cas. » affirmai-je alors, en référence à son fameux tir de gants. «  Heureusement qu’on ne te demande pas d’aller à l’armée hein ? » ajoutai-je. « De toute façon, c’est quand même mieux d’avoir un bel homme à tes côtés plutôt que ta grand-mère ? J’espère que tu ne m’as pas trop admiré ma beauté pendant ma petite sieste, ce serait gênant » sifflais-je, un air taquin parcourant mon regard.  
 

© GASMASK

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Ce message a été posté Dim 27 Mar - 20:58
▹▸▹▸ Camille écarquilla de grands yeux, comment ça il songeait à regarder des photos d’elle, le soir, avant de s’endormir ? Elle fronça les sourcils d’un air désapprobateur et en même temps elle voyait très clair dans son jeu. Il était hors de question qu’elle lui laisse cette victoire sans riposter à son tour. En plus il la faisait passer pour une mégalo de première heure, mais qu’est-ce qu’il était méchant ! « Aishhh, t’es vraiment incorrigible ! Pense un peu à ces pauvres filles qui pourraient parcourir ton téléphone et tomber sur ma petite tête angélique ? » Elle positionna ses deux mains sous son menton en souriant faussement pour appuyer ses propos. « Elles risqueraient de perdre tout espoir, tu devrais me remercier plutôt que de te moquer de moi ! » rumina-t-elle en troquant son joli sourire contre une moue réprobatrice de l’attitude ingrate que Yong Sun. « Quant à précipiter l’industrie de la photo dans un gouffre sans fond... » elle prit alors un air aristocratique sur-joué et posa ses pieds sur le tableau de bord devant elle « ...je suis prête à prendre le risque. » Elle remit ses lunettes telle une diva et les abaissa sur son nez pour regarder Yong Sun par dessus. Il semblait surtout ne pas apprécier qu’elle foute ses baskets sur le tableau de bord. Oups. Sans un mot et comme si de rien n’était elle retira ses pieds et les reposa à la place qui leur était prédestinée. « Oh, tiens, le feu est vert. » Ils s’en fichaient, ils étaient à l’arrêt, mais c’était juste histoire de lui faire oublier ce petit incident de parcours. Et en plus elle osait lui sourire de toutes ses dents comme si elle n’avait rien fait !

Pourtant même avec ses super baskets, il n’était pas disposé à lui donner raison. Et lorsqu’il l’imita courir et se payer le premier poteau qui passait, Camille se sentie trahie dans sa propre chair – oui oui. « Yah !! Le respect des aînés, tu connais pas toi, hein ? Je t’enverrais faire l’armée, j’aimerais bien te voir ramper dans la boue. » Mine de rien c’est qu’elle était de deux ans son ainée. Mais il fallait avouer qu’elle avait tendance à l’oublier, de quel droit est-ce qu’il avait grandi aussi vite et aussi bien ? Et en plus il faisait mine de l’ignorer en dormant et un coup de gant dans la face ne le faisait même pas réagir. Elle allait finir par le secouer comme un pommier, si ça continuait ! Il pensait vraiment qu’elle l’avait traîné jusqu’ici pour jouer les marchands de sable ? « Un bel homme, où ça ? » Elle tourna la tête dans tous les sens, vers la banquette arrière, par la fenêtre et ouvrit même la boîte à gant. « Waah, il a du passer super vite... » Elle fit une petite tête déçue, mais intérieurement elle jubilait. « C’est vraiment dommage. Et dire que moi je suis coincée là, avec toi. Le monde à l’extérieur à l’air de regorger de choses fantastiques... » Elle fit mine de soupirer puis son regard se posa sur l’homme pris en filature. « Oh mon dieu, il bouge, TIENS TOI PRÈS ! » Elle s’empara de ses jumelles et sauta vers la fenêtre côté conducteur pour regarder ce qu’il se tramait, envahissant sans même s’en rendre compte l’espace de Yong Sun. « Ah... non... je crois qu’il a renversé son verre sur... » Elle avait gardé les jumelles et tomba nez à nez sur un gros plan magistral de Yong Sun lorsqu’elle tourna la tête vers lui. « ...son pantalon. Oh en plus c’est du vin rouge, c’est mort pour lui, huh. Pas de panique, c’était une fausse alerte, tu peux relâcher la pression ! » Tu parles, il semblait même pas alarmé pour un sous. D’ailleurs, comment il aurait pu faire démarrer la voiture sachant que Camille lui barrait complètement la vue et tout accès au volant ET au frein à main ?

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Ce message a été posté Lun 28 Mar - 0:05
Undercover failure

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Ces pauvres filles qui pourraient parcourir mon téléphone ? « Oui c’est vrai, ce serait gênant d’avoir ta photo sur mon portable au moment où la fille se retrouve sur mon canapé, ou même dans mon lit ». Je me mis à rire. Ce n’était pas très louable. Camille se doutait sûrement que cette situation était peu récurrente. Peut-être même me comparait-elle au petit ami idéal. Ou peut-être pas. Il me semblait qu’en réalité j’étais loin de l’être. Une fille, aucune étincelle, une autre fille, toujours pas de flamme. Pourquoi s’enticher de quelqu’un alors que l’on sait que ce bonheur soudain ne peut être que provisoire et artificiel ? Être avec une fille… Oui, ce n’était pas improbable. C’était clairement possible, mais rarement pour une période de longue durée. « Merci de penser à moi et de me donner l’opportunité de draguer, Camille » lui dis-je alors, en réponse à sa petite boutade. « Pfff. Bien sûr que c’est moi le beau gosse dans l’histoire. Je ne comprends pas comment tu peux en douter. Et de quels aînés tu parles ? Je ne vois personne ici qui, mentalement, est plus vieux que moi ! » affirmai-je alors et lui grimaçant et en lui tirant la langue.

Soudain, la situation eut l’air de prendre un tournant un petit peu plus sérieux. Camille saisit sa paire de jumelles, qui faisait si joliment partie de sa panoplie de détective, pour observer à la volée ce qui se passait dans le restaurant. Il semblait qu’elle avait identifié une forme de mouvement qui, sur le coup, avait pu paraître intéressante. Mais rien n’y faisait, rien d’intéressant ne se profilait à l’horizon. Elle se tourna alors vers moi, sa paire de jumelles sur le bout du nez et fixée en ma direction. En soi, il ne me semblait qu’il n’y avait là rien de très flatteur pour moi. Je poussais alors l’appareil avec la paume de ma main pour que l’objet s’éloigne de mon champ de vision. « Oups, je n’ai pas fait exprès. Il devait y avoir une mouche dans la voiture. Oh, regarde, le feu est rouge » dis-je alors en guise de réponse sarcastique. L’arroseur arrosé.

C’est alors ce moment que je choisis de m’affaler un peu plus dans mon siège. Ce qu’un repas de diplomate pouvait être long. Ça me rappelait les repas d’affaires de mon père, ce genre de repas où les enfants sont priés d’être sages, immobiles et exemplaires. Camille quant à elle ne cessait de parler. Ce fut à cet instant que je détectai un vague mouvement dans l’obscurité. Une grande voiture noire et luxueuse était passée devant nous quelques secondes auparavant. C’est au moment où l’on pensait que rien ne se passerait que cela devint croustillant. « Dépêche-toi, boucle ta ceinture, on décolle. » murmurai-je. Je ne sais si Camille compris directement, mais je me redressai soudainement dans mon siège, rebouclai ma ceinture, mettait le contact, et démarrai en trombe. Evidemment que l’homme d’affaires quitterait le restaurant. Une tache de vin, rien de pire si l’on souhaite garder une image d’homme d’affaires impeccable. Soit le rendez-vous avait été reporté à un autre jour, soit l’homme politique avait décidé de le reporter plus tard dans la soirée, peut-être même dans un endroit un peu plus privé, de sorte qu’il puisse se changer, et peut-être se doucher et se parfumer. Après tout, après s’être renversé du vin dessus, il n’y avait rien de plus nécessaire, surtout dans ce monde où l’on applique un certain culte de l’apparence.  

J’étais devenu muet comme une carpe. Ma parole cédait sa place à une concentration extrême. Je me devais d’être prudent, sans pour autant perdre la voiture de vue. Moi qui, à l’origine, avait l’air si plaisantin, j’en étais presque devenu une statue.


© GASMASK

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Ce message a été posté Lun 28 Mar - 16:48
▹▸▹▸ Camille ouvrit de grands yeux. « Stop, stop, stop ! Oui, bah, c’est bon. Passe-moi les détails. » Elle ne comptait pas se l’imaginer une seule seconde sous les couettes avec une fille et agitait ses bras dans tous les sens pour le faire taire. Voilà de quoi lui faire passer l’envie de s’asseoir dans son canapé la prochaine fois qu’elle irait lui rendre visite. « Dis donc... c’est pour ça que ton père t’as envoyé dans un lycée américain ? Pour que tu perdes toute notion du respect ? Aigoo... » Elle prit un air faussement offusqué, aimant bien au passage reprendre les expressions coréennes qu’elle entendait dans les dramas et qu’elle l’entendait, lui aussi, parfois prononcer. « Je devrais t’obliger à m’appeler noona, tu le sais ça ? Mais t’es beaucoup trop indiscipliné, va falloir que je sévisse. » Elle se renfonça dans son siège, les bras croisés contre sa poitrine et la moue à la fois boudeuse et pensive. A dire vrai, elle n’avait jamais pensé à Yong Sun comme étant son cadet, ni même jamais songé qu’elle était son aîné en quoi que ce soit. Mais pensez-bien que dès qu’elle en avait l’occasion, juste pour se donner un titre et un motif, elle aimait bien le lui rappeler.

Elle crut un moment percevoir un soupçon d’action mais il s’avéra que ce n’était rien d’intéressant sinon un peu de vin rouge pour assaisonner son costard que Camille devinait sorti d’une grande maison. Elle regardait Yong Sun d’un air déçu, et en plus il osait envoyer balader sa paire de jumelles qui lui donnait un petit air de détective privé. « Hinhin, je l’ai vu aussi et de très près ! C’était une très grosse mouche. » Elle fronça les sourcils en espérant que Yong Sun avait bien compris que le seul parasite volant que Camille voyait dans cette voiture, c’était lui.
M ais son regard s’était déjà assombri, il semblait avoir surpris quelque chose. « Hein, comment, mais pourquoi ? » Elle plaqua son dos contre le siège passager et boucla sa ceinture comme il le lui avait ordonné. Elle remarqua la grosse cylindrée se garer en une fraction de seconde devant le restaurant et récupérer leur proie qui s’engouffra à l’arrière en une fraction de seconde. « Oh ! » Camille attrapa son appareil photo et cliqua cinq ou six fois. Quant à Yong Sun, il démarra au quart de tour et suivit la voiture en gardant toujours un minimum de trois voitures d’écart pour ne pas les faire repérer. Camille ne l’avait jamais vu aussi concentré et silencieux. Elle même ne faisait pas un bruit, comme si quelque chose de grave venait de se passer. « Ils prennent la prochaine sortie, serre à droite » observa-t-elle en lui indiquant la position du véhicule qui, dans le noir, se seraient confondu avec les milliers d’autres véhicules. En observant de plus prêt, Camille se rendit compte que la voiture empruntait le chemin en direction de la route nationale. « Mais... où est-ce qu’il va ? Son hôtel est censé à de l’autre côté de la ville. » Hors là, Yong Sun et Camille étaient clairement partis pour se retrouver sur l’autoroute et quitter la ville de Tokyo. Elle fronça les sourcils. « Ce n’est pas non plus la route de l’aéroport, ni celle d’aucune gare de train. » Elle laissa Yong Sun se concentrer au volant et alla vérifier ses quelques clichés. Ils étaient sombres, on distinguait à peine des ombres et même si eux connaissaient l’identité de l’homme, personne ne pourrait confirmer qu’il s’agissait de lui. Peut-être quelques réglages permettraient de faire apparaître un visage ? Mais en faisant défiler les photos, Camille tiqua quelque chose. « La mallette... » marmonna-t-elle en faisant aller et venir deux photos. « Il est ressorti avec une mallette ! Il ne l’avait pas en arrivant, regarde. » Elle lui colla l’appareil sous le nez puis se souvint qu’il était au volant. Ce n’était pas très ingénieux, sauf si elle comptait les tuer tous les deux. « Euh, oui... t’as raison, tu regarderas plus tard.  » Elle éteignit l’appareil et se mit à penser, longuement, en regardant le paysage sombre qui défilait. « C’est quand même un peu effrayant, non ? Si ça se trouve c’est dangereux. » Elle n’était pas vraiment rassurée, est-ce qu’elle se faisait trop de film ? Est-ce qu’elle avait regardé trop de films ?

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Ce message a été posté Mer 30 Mar - 23:12
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Alors comme ça c’était moi qui était devenu un parasite ? Ben voyons ! C’était elle après tout qui avait voulu que je vienne, donc je ne devais pas être si indésirable que ça. Je décidai donc de ne répondre que par un soupir, tout en secouant la tête. « Pfff ». Soudain, tout se mit à s’accélérer. Je ne sais combien de temps nous étions restés là, stationnés devant le restaurant, à attendre patiemment en se chamaillant. Mais d’un coup, les choses étaient devenues un peu plus intéressantes d’un point de vue de journaliste. Le gamin en moi s’était effacé et avait laissé place à une partie plus sérieuse de ma personnalité. C’était le moment. L’homme d’affaires, victime d’un geste humiliant, s’était recouvert de vin rouge. Son image d’homme parfait s’était immédiatement ternie, et l’erreur devait être vite réparée. En deux ou trois mouvements, l’homme politique se retrouvait à l’arrière du restaurant et grimpait dans sa voiture noire, appelée immédiatement après le malheureux incident.

Peu de temps après l’incident, nous nous jetions à corps perdu dans une poursuite digne de films. Je souhaitais à tout prix que notre filature fonctionne. Je savais que cette soirée était importante pour Camille, et que mon rôle était décisif. Elle n’avait fait aucun commentaire au moment où elle avait regardé les premiers clichés qu’elle avait pu prendre. J’espérais qu’ils étaient de bonne qualité. Les filatures, ça ne réussit pas toujours, contrairement aux films. Je me voyais mal griller un feu rouge très soudainement, au risque de mettre nos vies en péril, et en gardant à l’esprit que quelqu’un pourrait aussi me surveiller moi. Je restais tout de même le fils d’un PDG relativement connu dans le monde des affaires en Corée du Sud, et j’avais conscience que le moindre faux-pas pourrait peser sur moi et ma famille.

La responsabilité de la filature pesait donc sur mes épaules, tout comme pesait la nécessité d’être prudent pour nous deux. Il était difficile de garder un œil constant sur la voiture. Être prudent consistait aussi à garder un œil sur le trafic, sur les autres voitures, les cyclomoteurs, et les piétons. Je gardais aussi une certaine distance entre nous et la voiture de l’homme politique pour que nous ne nous fassions pas repérer. C’était difficile, mais nous y parvenions assez aisément au début. Puis une pluie s’est mise à s’abattre violemment. Evidemment, il a fallu ralentir, mais ma vision de la route devenait beaucoup plus floue et il était beaucoup plus difficile de repérer quelle voiture était laquelle. J’avais conscience au bout d’un moment d’avoir perdu la voiture de vue. Camille, elle, semblait ne rien avoir remarqué. Je continuais donc, vainement, à suivre ses indications. Elle avait l’air si sûre d’elle et cela était si important pour elle que je n’osais rien dire. De toute manière, faire semblant ne ferait pas de mal. Alors, je tentais simplement de reporter à plus tard le moment où Camille serait submergée par la déception.

Nous nous engageâmes sur la route nationale. Ce fut à ce moment-là que Camille commença à se questionner. Elle engagea alors une réflexion profonde et se mit à rechercher dans les clichés pris toute forme d’indice qu’elle pourrait trouver. « Il est ressorti avec une mallette ! Il ne l’avait pas en arrivant, regarde! » se mit-elle à crier. Je réfrénais un sursaut et poussait gentiment son appareil photo. Ce n’était pas prudent de regarder l’appareil alors que je conduisais, les yeux fixés sur la route. A ce moment-là, je m’en voulais encore plus. J’avais le sentiment d’avoir tout fait capoter, d’avoir empêché Camille d’obtenir le scoop de l’année. Quoi qu’il en était, il était d’ores et déjà trop tard. Impossible de faire demi-tour et de retomber sur lui dans Tokyo, à moins d’avoir une incroyable chance.

Une voiture similaire à celle de l’homme politique se trouvait devant nous. Je décidais alors de la suivre. A vrai dire, je ne savais pas trop ce qui me passait par la tête à ce moment-là. Au bout d’une centaine de kilomètres, la voiture s’arrêta pour prendre de l’essence. Je me garais et attendait que la tempête Camille me tombe sur la tête.


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Ce message a été posté Ven 1 Avr - 19:31
▹▸▹▸ Camille s’était sentie obligée d’appeler son supérieur pour lui faire un débriefing rapide sur l’état de la situation. Elle n’avait pas vu l’heure passer mais cela ne semblait pas avoir beaucoup d’importance puisque son manager semblait toujours être au travail. « (...) ha oui, vous auriez du voir comme il les a plantés ! Je pense que c’était un bon motif pour provoquer son départ. Mais monsieur... » Elle avait bloqué le téléphone entre son oreille et son épaule et sautillait sur son siège comme une enfant en regardant les clichés. « ...il est ressorti avec une mallette, il ne l’avait pas en rentrant ! Je compte le poursuivre pour découvrir où il se rend, ça pourrait aiguiller sur la contenance de la mallette. » Elle ne reçut pas les encouragements qu’elle aurait espéré mais peu importe, son enthousiasme était beaucoup trop grand pour qu’elle s’en soucie le moins du monde. Elle raccrocha et promis un nouveau rapport lorsqu’elle aurait plus d’informations. Pendant ce temps là, elle avait transféré les photos sur la carte mémoire de son téléphone et les avait envoyé à la chaîne.

Plusieurs dizaines de kilomètres passèrent comme ça, sans qu’aucune des deux ne sachent où est-ce qu’ils allaient. Camille voyait toujours la voiture noire devant eux et même si l’obscurité ne rendait pas les choses faciles, elle estimait qu’ils ne se débrouillaient pas si mal. Mais ça devenait long. Est-ce qu’il comptait traverser tout le Japon comme ça ? Heureusement la voiture bifurqua sur une air d’autoroute, et Camille se redressa comme si elle avait reçu un électrochoc, partagée entre l’excitation et l’appréhension de ce qu’il pourrait bien se passer, maintenant que les deux voitures étaient garées. « Ok, je vais aller voir tout ça de plus près. » Elle ouvrit la porte de la voiture et n’eut même pas le loisir d’en sortir complètement qu’une tripotée de gamins braillards sortit du véhicule. Camille cligna plusieurs fois des yeux, elle ne saisissait pas tout à fait ce qu’il était entrain de se passer. « Pa... papa ? » murmura-t-elle pour paraphraser l’un des enfants qui semblait tout content de se dégourdir les jambes. « Aishhh... » Les connexions avaient été rétablies et elle comprit : ils avaient tout foiré. Elle colla son front contre la carrosserie de la voiture d’un air dépité et après quelques secondes, retourna à l’intérieur. « J’y crois pas, ça fait cent bornes qu’on suit une voiture noire purement random ! La seule mallette qu’il doit y avoir là-dedans c’est de la dinette ! » Elle colla sa tête contre le siège passager et jeta un regard noir à sa panoplie du parfait petit détective. Elle allait se faire passer un savon... aïe, elle n’osait même pas y penser. « Kim Yong Sun, tu vas bien ? » Elle le trouvait beaucoup trop silencieux, ce n’était pas normal. Une situation comme celle-ci, il aurait normalement sauté sur l’occasion pour se payer sa tête et serait déjà plié de rire. Elle le regardait à travers le rétroviseur central et se rendit compte qu’il était vide d’expression. Elle tourna la tête vers lui et se rendit compte qu’il avait les yeux tous rouges et qu’il ne semblait pas bien. Camille se sentait coupable d’avoir demandé autant de lui pour un résultat aussi minable. Il avait tellement concentré son attention sur la route. Elle sortit de la voiture et fit le tour jusqu’à lui pour ouvrir sa porte. « Je suis vraiment désolée. » Elle s’inclina plusieurs fois d’un air coupable et son ventre émit à ce même moment un grondement furieux. Elle le couvrit de ses deux bras en regardant ailleurs d’un air innocent. Elle soupira et s’écarta pour l’inciter à sortir. « Tu devrais prendre l’air, il est hors de question que je te laisse conduire dans cet état. » Elle soupira longuement en repensant aux photos. Qu’est-ce qu’il était entrain de faire ? Où est-ce qu’il allait ? Ils ne le sauraient jamais. « Le dîner est pour moi, je prends même les cafés et tu as le droit de me ruiner en conneries dans les distributeurs automatiques. Ca m’apprendra à être aussi nulle. » Elle riait de bon cœur mais elle n’en pensait pas moins. Ugh, incompétence.

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Ce message a été posté Sam 9 Avr - 23:23
Undercover failure

Undercover failure


Un mélange étrange d’anxiété et de bonheur me submergeait. C’était une combinaison étrange, qui ne cessait de me rendre de plus en plus anxieux. M’en vouloir ou ne pas m’en vouloir ? C’était là la question que je me posais alors que les kilomètres défilaient. Plus l’on s’éloignait de Tokyo, plus je me sentais coupable. Je savais que cette voiture, si semblable à celle que nous poursuivions au début, n’était plus la même, et que tôt ou tard la mascarade prendrait fin. Mais en même temps… Quel bonheur de quitter la ville, de prendre une nouvelle bouffée d’air frais et de passer du temps ensemble en dehors du temps et de l’ambiance agités de la capitale japonaise. C’était comme si, d’un coup, nous prenions des vacances. Comme si l’on saisissait un instant sur un coup de tête, et que l’on s’enfonçait dans une nouvelle brèche de l’espace-temps.

Les feux arrière de la voiture s’allumèrent pour indiquer qu’elle freiner tandis que cette-dernière s’insérait sur la file de l’aire de repos. La route s’arrêterait donc peut-être ici. Il s’agissait en tout cas du moment de révélation pour Camille. Je m’attendais à ce que cette dernière me passe un savon, voire soit totalement fâchée contre moi. Je n’avais pas été très honnête avec elle, cette réaction serait donc tout à fait légitime. Je garais donc la voiture, ni trop loin ni trop près de celle que nous suivions sur la route nationale. Camille, toujours aussi persuadée que la filature demeurait un succès, fit un mouvement pour sortir de sa tanière et approcher de sa proie. Son élan fut coupé lorsque son regard se posa sur le visage des enfants sortant de la berline noire. L’aire de repos devint subitement plus bruyante. Les enfants avaient besoin de se dégourdir les jambes, de courir, d’enfin s’extérioriser après avoir passé un certain temps en voiture.

Quant à moi, je demeurai silencieux. J’étais muet, muet de honte et de crainte. L’étonnement chez Camille fit rapidement place à un certain agacement. Je craignais le pire. Des soupirs, une gestuelle vive et impulsive. Tout cela trahissait chez Camille une certaine déception. Elle prenait conscience que tout son plan était tombé à l’eau. Néanmoins, elle semblait reprendre son calme pas à pas, et doucement le loup redevint presque à son état de petit agneau. Subitement, elle me demanda si tout allait bien. Je ne devais pas avoir l’air très en forme. J’étais fatigué, en effet, mais j’étais surtout plein de remords. Sa question, précédée de mon nom complet, ne me semblait pas très avenante. Ou peut-être pensait-elle que j’étais sur une autre planète à ce moment-là. Mais j’étais bien là, dans cette voiture, tant de corps que d’esprit, et j’avais tout à fait conscience de la situation actuelle et de mes erreurs. Je jetais un œil à mon reflet, dans le rétroviseur central, et observais le portrait d’un homme pâle et livide. Mon regard croisa celui de Camille l’espace d’un bref instant. Je me sentais vide.

Elle se leva de nouveau pour sortir de la voiture. Un instant plus tard, ma portière s’ouvrait et un bref courant d’air se répercuta sur mon visage. De l’air, du froid, de la solitude. Des éléments qui furent rapidement remplacés par la vie, la chaleur, les bras de Camille qui m’enserraient pour me réconforter, ou me réveiller, je ne savais pas trop. Tout ce que je savais, c’était que je ne méritais pas cet élan d’amitié, cet élan d’humanité. Une volonté d’être égoïste me submergea. Mais je n’avais pas le droit d’être égoïste et de me taire cette fois encore. J’en avais fait trop. Elle s’excusait et me promettait une soirée autour d’un repas chaud et réconfortant. C'était le monde à l'envers. Lorsqu’elle rétablit une certaine distance entre nous, je décidai enfin d’ouvrir la bouche et de me sortir de cette torpeur qui m’engloutissait. « C’est à moi de m’excuser. On se retrouve à des centaines de bornes de Tokyo, par ma faute. » Un silence s’établit l’espace de quelques secondes. « Et le pire dans tout ça, c’est que je t’ai embarquée là-dedans, alors que je savais pertinemment que nous ne suivions plus la bonne voiture… Je suis vraiment désolé Camille d’avoir tout fait capoter, et encore plus de t’avoir menti et menée bateau. Je suis vraiment un enfoiré, c’est moi le nul dans l’histoire. Je paie le repas, si tu veux bien manger sur mon compte, et puis on se trouvera un endroit pour dormir, sauf si tu as l'énergie et le courage de conduire à ma place… » soupirai-je. M’excuser me paraissait nécessaire et légèrement réconfortant, mais rien ne parvenait à me rendre le sourire à cet instant.


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Ce message a été posté Lun 11 Avr - 19:12
▹▸▹▸ Camille ne comprenait pas très bien la réaction de Yong Sun, si encore on pouvait appeler ça une réaction puisqu’il était parfaitement inerte. Elle mettait ça sur le compte de la fatigue et de la déception. Il avait conduit pendant quasiment deux heures sans faire la moindre pause et en suivant des yeux une voiture noire dans la pénombre. Qui plus est la mauvaise voiture, Camille ne savait plus où se mettre pour l’avoir attiré à des kilomètres de Tokyo pour un résultat aussi minable. Et malgré ça il s’excusait et disait que c’était de sa faute. Camille arqua les sourcils, fronça les sourcils, plissa les yeux, en bref elle n’y comprenait rien. Elle allait répliquer qu’il était comme une huître de penser ça, mais il enchaîna aussitôt en expliquant qu’il se savait avoir perdu le véhicule de vue et avait continué son chemin sans dire un mot. Cette fois-ci Camille ne savait plus quoi dire. Elle le regardait se répandre en excuse et se traiter d’enfoiré d’un air interdit. Les gamins qui criaient plus loin sur le parking de l’aire d’autoroute l’empêchaient de réfléchir correctement, comme pouvaient-ils avoir autant d’énergie à une heure si tardive ? Mais mieux encore, Camille se demandait pourquoi Yong Sun avait eu le chic de choisir une bagnole grouillant de mômes dopés. Cette pensée la fit doucement sourire mais ce n’était sûrement pas le moment avec la culpabilité de Yong Sun qui la rendait incertaine sur ce qu’il fallait dire.
Elle était incapable de choisir entre le réconforter et lui faire la morale. Elle n’allait tout de même pas lui passer un savon alors qu’il se faisait manifestement culpabiliser par lui-même depuis des heures ! Mais elle n’allait pas non plus lui dire qu’elle s’en fichait, parce qu’avec sa petite ruse ils auraient eu vite fait de se retrouver dans un chalet de montagne familial au sommet du Mont Fuji. « C’est pour ça que tu fais cette tête ? » Son ton était neutre mais ses petites confessions faisaient de plus en plus d’effet sur elle. « Donc en gros, si la voiture s’était pas arrêtée, on serait encore en chemin comme deux idiots qui visitent l’autoroute ? » Elle venait de trouver son angle d’attaque. Elle lui envoya une claque monumentale sur le flanc de l’épaule et croisa les bras. « Mais t’es complètement stupide ou quoi ? Ca fait cent bornes qu’on prend en filature un break familial et tu le savais ? » Yong Sun devait sentir la tempête lui hérisser les poils, se dire que c’était bientôt la fin pour lui. Mais Camille se fichait pas mal qu’il l’ait mené en bateau, comme il le disait si bien. Il en faisait tout un flanc, on aurait dit qu’il était au stade final d’une maladie incurable. « Ca t’amuse de conduire dans un état pareil pour rien ? T’es tout pâle ! Tu pouvais pas t’arrêter, te reposer un peu, boire quelque chose ? Tu m’as fais peu, crétin. » Elle lui envoya un second coup, beaucoup plus mou et résigné que le premier. Comment est-ce qu’il pouvait penser qu’elle était prête à sacrifier l’un de ses amis pour un vulgaire reportage. « J’ai pas mon permis sur moi... on leur demandera l’auberge la plus proche. Je pourrais conduire jusque là si c’est pas trop loin, on risque pas de se faire prendre. Mais rentrer à Tokyo, ça sera impossible avec la police. » Sa carte traînait toujours sur son bureau, elle ne conduisait jamais et prenait souvent son vélo. De toute façon sa voiture dormait dans le garage de son père à l’autre bout de la ville. « Puisque je n’ai pas surveillé la voiture et que j’ai tout fait reposer sur toi, j’ai ma part de responsabilité à prendre. » Elle contourna une nouvelle fois la voiture et attrapa son sac sur le siège passager. « C’est moi qui offre le repas et c’est mon dernier mot. Mais t’as intérêt à sourire parce qu’il est hors de question que je régale un zombie dépressif ! » En prononçant ces quelques mots, elle avait elle-même esquissé un sourire en se dirigeant la première vers le seul bâtiment que comptait l’aire d’autoroute. Et elle poursuivit, suffisamment fort pour que Yong Sun puisse l’entendre : « on en pleurera le jour où je t’appellerais pour t’annoncer que j’ai été virée ! » Elle lui faisait une fleur parce qu’elle ne voulait pas qu’il se sente coupable alors même qu’elle n’avait pas été très attentive elle-même. Mais elle ne comptait pas le laisser s’en sortir si facilement et il devait déjà savoir qu’il paierait autrement que de son porte-monnaie de l’avoir faite tourner en bourrique à des kilomètres de Tokyo ! C’est que ces deux-là faisaient une belle équipe de bras cassés à l’instant même. « Bon alors, tu te dépêches ? » Elle tenait la porte de la petite boutique en attendant qu’il la rejoigne.

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Ce message a été posté Mar 10 Mai - 23:02
Undercover failure

Undercover failure


J’avais littéralement le moral dans les chaussettes. Un coup de spleen, une vague de fatigue. En soi, rien ne fonctionnait réellement comme je l’aurais souhaité. J’étais comme un enfant dans un parc d’attractions. Je passais un bon moment : je riais avec mes proches, nous renforcions nos liens. Et d’un coup l’on monte dans un des manèges. Ce manège qui m’attire à la fois et qui m’effraie tout autant. Mes pupilles se dilatent et un mélange d’excitation et de peur fait vibrer mes entrailles. J’y vais, je me lance. Mes jambes avancent sans avoir obtenu l’autorisation de la part de mon cerveau. Ma raison me retient mais mon cœur m’entraîne. Je m’assois dans le manège, inconscient du danger, l’esprit complètement libre. La machine se met en route, on s’élance tous ensemble, je ris, je cris de plaisir. Puis l’on passe aux choses sérieuses, la machine s’emballe tout aussi vite que mon cœur. Je suis dans la voiture, je me rends compte que j’ai fait une bêtise. Mais une fois que la machine est partie, impossible de descendre avant la fin du tour. Alors je continue, mon pied droit sur la pédale d’accélération.

Lorsque le manège s’arrête, je n’ose même pas affronter le regard de ma passagère. J’aurais certainement pu appuyer sur un bouton d’urgence, ou manifester mon envie de descendre du manège. Mais j’avais préféré me taire, me laisser transporter et engouffrer les autres dans mes histoires personnelles. Je me déçois, j’ai honte. Heureusement pour moi, Camille n’a pas l’air de m’en vouloir. A ce moment, je ne pense pas le mériter, mais j’ai besoin d’être réconforté. J’ai besoin que l’on m’apaise après ce lot de sensations extrêmes. Mes entrailles, encore remuées après un tour du grand huit des émotions, me laissent encore pantois.

Et voilà que vole une claque sur mon épaule. Mon visage est épargné, la honte est seulement partielle. D’un point de vue extérieur, la scène devait avoir un léger air comique : une femme qui frappe un homme qui fait presque deux fois sa taille, on ne voit pas cela tous les jours, sauf dans certains couples bien installés et pour lesquels un petit coup de coude permet de ramener le compagnon dans le droit chemin. Madame tient les ficelles dans le couple. Les paroles succèdent au geste : les reproches fusent, la honte s’abat sur moi. Je baisse la tête, gêné, ne sachant que dire. Je me contente donc d’hocher la tête. Et vole un second coup. Ce coup est précédé d’une petite phrase, toute gentille, toute attentionnée. C’est à ce moment que je comprends que Camille ne m’en veut pas. Je lève le regard, toujours un peu gêné, et tente de recouvrir mon honneur, au moins via ma posture.

Rentrer à Tokyo me semble difficile. La fatigue et le stress ne m’encouragent pas à reprendre le volant de suite et Camille n’a pas son permis sur elle. Nous sommes dans une impasse. Les quelques injonctions de Camille font naître sur mes lèvres de vagues sourires. Je sens la vie m’habiter de nouveau. Camille n’avait peut-être pas tort de me comparer à un zombie.

Du statut d’enfant, j’étais passé à celui d’une princesse. Camille me couvrait de petites attentions, son discours avait pour but de m’encourager, elle souhaitait m’offrir le repas et en plus de cela elle me tenait la porte de la boutique. Je compris vite que cette histoire allait vite être derrière nous, du moins c’était ce que j’imaginais pendant un cours instant. Je décidai alors d’essayer de reprendre les rênes. « Tu sais, je ne sais pas si je devrais te laisser prendre le volant. Après tout, tu conduis si peu que j’ai du mal à croire que tu sais distinguer les pédales entre elles ». J’esquissai un sourire, maintenais la porte et la poussais légèrement en avant pour qu’elle rentre avant moi.

Ce qui nous attendait à l’entrée du bâtiment nous faisait presque voyager dans une autre dimension. J’étais habitué au luxe et au complexe moderne de la royal high school, comme beaucoup de ses étudiants, et cette aire de repos n’avait rien de très attrayant. Mais c’était une simple aire d’autoroute, il était donc illogique de s’attendre à quelque chose d’extravagant. En revanche, il n’y avait rien à redire sur l’état de propreté de la structure. Tout était impeccable, presque immaculé. Tout attirait le regard : les écrans électroniques, les stands de nourriture, et le rayon souvenir. Je m’y précipitais, souriais et agitais le bras pour que Camille m’y rejoigne.


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Ce message a été posté Dim 15 Mai - 17:07
▹▸▹▸ Elle n’aimait pas son air triste et malgré la situation, ne parvenait pas à rassembler les forces nécessaires pour lui en vouloir. Elle s’inquiétait davantage de sa santé qu’elle ne prêtait attention au pitoyable parking dans lequel la voiture stationnait. Les cris des enfants avaient mis un coup d’arrêt net à l’espoir de couvrir une information inédite mais elle avait décidé de ne pas laisser ce détail influer sur son moral, surtout pas sur son sourire. Elle ne savait pas les conséquences qu’aurait cette soirée sur son travail pas plus qu’elle ne pouvait anticiper la réaction de son supérieur lorsqu’elle lui apprendrait la nouvelle demain en entrant silencieusement dans son bureau. Mais maintenant n’était pas le moment adéquat pour y penser, parce qu’elle n’aurait pas les meilleures pensées du monde et n’était pas du genre à se morfondre déraisonnablement sur son sort. Et c’est pour cela que Yong Sun avait intérêt à en faire de même.

Fort heureusement, il récupéra rapidement du poil de la bête et Camille put facilement s’en rendre compte lorsqu’il sous-estima sans honte ses talents de conductrice en la poussant gentiment à l’intérieur de la station. Ses lèvres se séparèrent, consternées par la surprise et l’aplomb dans chacun de ses mots. « Et c’est un coréen qui conduit à droite qui va m’apprendre le code de la route de mon propre pays ? » s’exclama-t-elle en le laissant s’éloigner dans les rayons de la boutique. C’était plutôt à Camille de craindre la conduite de Yong Sun, comment pouvait-elle être certaine qu’un étranger ayant appris à conduire lorsque le volante est à gauche puisse conduire en toute sécurité sur une voiture japonaise dont le volant est à droite ? Elle fronça le nez, piquée au vif par sa petite blague qui ne faisait rire que lui et qui poussait Camille à s’imaginer lui piquer les clefs de sa voiture et le laisser seul sur cette aire d’autoroute pour le reste de la nuit.

Elle salua rapidement l’homme à la caisse qui venait de revenir de l’arrière-boutique. Les enfants qu’ils avaient vus un peu plus tôt s’extasiaient et se chamaillaient autour du petit rayon des jouets et le plus jeune d’entre eux dormait littéralement contre le tourniquet des cartes postales. Camille tourna elle-même autour du rayon des magasines, à deux pas de celui des peluches. Elles étaient toutes douces et tellement mignonnes que Camille aurait voulu toutes les adopter ! Et elle l’aurait sûrement fait si dans le coin gauche de son champ de vision, Yong Sun n’était pas apparu en lui faisant de grands signes. Elle le rejoignit et glissa son menton par dessus son épaule la mine curieuse. « Tu devrais prendre une casquette. C’est tous tes petits copains coréens qui seront jaloux de toi ! » Elle tendit le bras vers une casquette bleu marine avec le mot « JAPON » écrit en grosses lettres dessus, à la manière des fameuses casquettes new-yorkaises. Elle la vissa sur la tête de Yong Sun avec un petit sourire. Le parfait petit touriste, songea-t-elle en riant à la forme que prenait sa tête avec la visière. Elle concentra ensuite son attention sur une petite vitrine avec des maneki-neko tous mignons, ces petits chats blancs dont la patte effectue un mouvement pendulaire dès qu’on l’effleure. Puis son attention fut attirée par de jolis petits sushis en plastique en guise de clef-USB. Les touristes devaient adorer ça, même elle aimait beaucoup le petit panda qui ornait le dessus de l’une des babioles ! Elle tourna autour des souvenirs, touchant un peu à tout et appuyant même là où il avait inscrit « press here » – jusqu’à ce qu’une petite figurine lui sorte élégamment le sexe d’un homme. Elle retourna la figurine d’un air saint et s’écarta de ce rayon rated r qu’elle n’avait pas vu venir...
Lorsqu’elle revint vers le coréen, elle avait posé sur son nez de grosses lunettes sans verre, avec un gros nez et une moustache intégrée. C’est qu’elle s’amusait comme une petite folle dans cette station. « Tu voudras manger quoi ? » demanda-t-elle, l’air le plus sérieux du monde et en désignant du doigt les rayons du fond emplis de nourriture.

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undercover failure (yongsun + camille)

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