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 Gêne, sarcasmes & petites cuillères

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Ce message a été posté Ven 19 Aoû - 16:11


Gêne, sarcasmes & petites cuillères
Jia Heng & Eun Gi
TENUE ■ S'il y a bien une chose dont j'ai une sainte horreur, c'est qu'on se mêle de ma vie sentimentale. Chose dont personne ne semble se soucier puisque tout le monde se permet de la diriger comme bon leur semble, sans tenir compte une fraction de seconde de ce que moi je veux. Et pour le moment, tout ce dont j'ai envie, c'est d'être loin d'ici, à des milliers de kilomètres de cette chambre universitaire où je me prépare à la pire soirée… Non pas LA pire, celle là c'était quand mon père m'a annoncé que j'étais officiellement fiancée. Oui ça c'était VRAIMENT la pire soirée de ma vie, si on laisse de côté le jour où ma mère est décédée naturellement. Il y en a eu quelques autres depuis, comme celle où j'ai fait la rencontre de Jia Heng et de ses diaboliques bonnes manières. En fait, je dois avouer que physiquement, il est plutôt pas mal et que ses yeux ont un petit quelque chose qui doit sans nul doute faire fantasmer pas mal de filles. Si on s'était rencontré bien plus tôt et dans d'autres circonstances, j'aurais peut-être pu faire partie de ses filles qui rêvaient de chiffonner les draps en sa compagnie, mais l'air de fils parfait qu'il affiche devant nos parents ne fait que m'exaspérer au plus haut point. Non, dans le fond il ne me laisse pas indifférente, mais au contraire des autres filles, j'ai juste envie de faire voler en éclat son masque… De révéler aux gens qu'il a, lui aussi, des faiblesses, des craintes, qu'il est juste humain et peut-être aussi que je souhaite le pousser à bout, parce que c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour rompre nos fiançailles.

« Aaaaaish!!! » D'un geste rageur j'envoie promener l'une des robes que j'ai sorties quelques instants auparavant. Oui, parce qu'en plus d'être forcé de passer la soirée avec lui, je dois être présentable, puisque sa mère passera voir comment les choses se passent. Peut-être qu'elle a peur que je tue son fils chéri… C'est sans doute ce que j'aurais de mieux à faire d'ailleurs. Ça me libérerait d'un engagement dont je ne veux pas. Trêve de plaisanterie, je recommence à fouiner dans ma penderie à la recherche d'une robe qui pourrait faire l'affaire. C'est que ce n'est pas évident de trouver de quoi plaire à sa belle-mère quand on passe la majorité du temps avec une blouse blanche de l'hôpital sur le dos. Toutefois, je déniche une robe qui me semble correcte. Du moins, à moi elle me le semble, mais je suis prête à parier que madame Li trouvera quelques choses à dire, comme toutes les mères, elle veut sans doute ce qu'il y a de mieux pour son enfant. Et ce qu'il y a de mieux, ce n'est pas moi! Ceci dit, mon but n'est pas réellement de lui plaire en fait, alors tant pis si ma robe ne lui plait pas.

La robe finalement passée, je m'attaque à mes cheveux. Enfin, s'attaquer c'est vite dit, j'y passe juste un coup de brosse soigneux et décide de les laisser libre. J'ai déjà fait un effort sur la tenue, je n'ai pas plus envie que ça de passer du temps à me faire belle pour Jia Heng. Le "bling bling" métallique des plaques militaires que j'ai toujours autour du cou se fait entendre alors que je choisis avec soin les talons les plus assorti à ma robe. Une fois encore mon cœur se sert en pansant à celui qui me les a offertes et dont je n'ai pas de nouvelles depuis plusieurs jours. J'aurais mille fois préféré dîner avec lui ce soir. Il y a tellement longtemps que nous sommes séparés que j'ai parfois peur d'oublier son visage. C'est fou, mais si j'ai de temps en temps du mal à me souvenir dans les détails de ses traits, je peux sans peine me rappeler de sa voix à la fois basse, chaude, virile et caressante. Il me manque. J'ai hâte qu'il tienne sa promesse.

Une légère touche de maquillage et je suis fin prête. Je jette un rapide regard sur l'écran de mon téléphone qui m'indique que j'ai encore dix minutes à attendre avec que mon "fiancé" ne passe me chercher… En espérant qu'il soit à l'heure. J'en profite pour détacher les plaques de mon cou et les glisser dans la pochette que je vais emmener avec moi. Que ce soit au travail ou en dehors, elles ne me quittent jamais. Mon téléphone les rejoint rapidement avec deux ou trois petites choses utiles et je quitte finalement ma chambre pour me glisser dans la pièce commune du dortoir, sans vraiment prêter attention aux quelques regards surpris que ma tenue attire. Pas que mes colocataires ne soient pas habitués à ce genre de tenue, mais le weekend, si je ne travaille pas, j'aime généralement flâner dans une tenue plus confortable. Deux minutes avant l'heure, je souhaite une bonne soirée à mes camarades et sort. Je préfère attendre à l'extérieur, même si je dois avoir l'air cruche à faire le pied de grue dans le couloir. Mais si mes fiançailles avec le fils du premier ministre chinois ne sont un secret pour personne, je ne cherche pas vraiment à m'afficher avec lui sur le campus… Ni en dehors en fait, mais là, je n'ai malheureusement pas le choix. Foutue politique! Dans le couloir désert, des bruits de pas se font doucement entendre et je soupire lentement, comme un résigné se dirigeant vers la potence. Néanmoins, je ne suis pas si résigné. Posant les yeux sur le nouvel arrivant, je sais d'avance qu'il n'a pas plus envie que moi d'être là, que je devrais me montrer plein de compassion parce qu'on est tous les deux pris en otage, mais tout ce que je peux faire c'est lui offrir un sourire totalement faux. « Oppa!! » L'expression mielleuse de ma voix est franchement forcée et la pointe de sarcasme facilement détectable. « Tu as failli être en retard. »
Codage par Emi Burton

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Ce message a été posté Mer 24 Aoû - 22:06


Gêne, sarcasmes & petites cuillères
Jia Heng & Eun Gi
TENUE ■ Il faut que je parte chercher Eun Gi mais clairement, je suis bien trop occupé à ne rien faire. Je me regarde en caleçon dans le miroir et continue mon essai philosophique sur l’esthétisme des grains de beauté sur une peau, me demandant pourquoi certaines personnes préfère les enlever. J’inspire de lassitude, m’allonge sur mon lit. Puis me relève. Puis me rallonge.

Il faut vraiment que je me trouve un passe-temps autre que mon narcissisme. Je roule des yeux et pars dans le dressing, sortant la tenue que j’avais préparé hier. Faut dire que je me fais un peu chier quand je suis seul dans le dortoir, j’ai toujours Ayden à mes côtés normalement mais j’ai décidé de le tenir éloigné de ma fiancée… Bien que je ne comprenne pas trop pourquoi je fais ça, ça me paraît plus juste pour lui. Peut-être serait-ce là une façon de l'empêcher de voir ma malhonnêteté ? J’enfile la chemise y apposant des boutons de manchettes puis le pantalon et le veston. Il fait bien trop chaud pour être costumé tel un pingouin mais que voulez-vous ? Ma mère a encore trouvé l’idée judicieuse de m’imposer un dîner en « amoureux » avec Eun Gi parce que « Tu verras Jia Heng, c’est une chic fille. Elle est euhm… Très gentille ? »

J’ai tout de suite senti qu’elle avait tissé des liens très forts avec Eun Gi. Si fort que même mon ironie ne suffit pas.

Choisissant des chaussures adaptées, je passe simplement un coup de peigne dans les cheveux et asperge mes poignets de parfum avant de voir qu’il me reste cinq minutes pour sortir et retrouver son dortoir. C’est quel numéro déjà ? D’un air blasé, je sors du dortoir, n’oubliant pas de mettre mon portefeuille dans la veste. Je m’arrête brusquement et secoue la tête en grognant, partant chercher mon nœud papillon oublié au bord du lavabo et repart. J'accroche mon ornement tout en fermant la porte et en marchant, galérant un peu à un bien le positionner sans miroir.

C’est vraiment une institution masculine stupide les costards, tout comme c’est stupide de faire porter des talons aiguilles aux femmes. C’est mauvais pour le dos et bien que j’apprécie le galbe que ça leur offre, on devrait laisser les gens porter ce qu’ils veulent. Après certaines aiment porter ces instruments de torture paraît-il. Je hausse les épaules et continue d’avancer dans le couloir jusqu’à voir au loin une silhouette familière perchée sur des aiguilles (comme quoi, quand on parle du loup). Raclant ma gorge et laissant tranquille le bout de tissu entourant mon cou, j’aplatis bien le col blanc puis marche le menton relevé, rendant le sourire forcé à Eun Gi lorsqu’elle m’aperçoit, défroissant à peine mes commissures.

« Oh pourtant j’ai tout fait pour arriver en retard. » Dis-je avec acidité, lui présentant mon bras pour qu’elle s’y accroche, qu’elle le veuille ou non, nous avons une certaine étiquette à respecter. « Mais soit, je suis là. » Youhou, j'en connais une qui doit être tout aussi enthousiaste que moi.

Sentant que je ne fais qu’ajouter de l’huile sur le feu et ne voulant pas me disputer avec elle alors que nous n’avons même pas quitter le couloir, j’enchaîne très vite en la regardant de la tête aux pieds et en la complimentant.

« Jolie tenue. »

Je marche à une allure respectable pour ne pas la forcer sur ses chaussures et fixe devant moi, tentant de me résigner au plan que je me suis fixé. Je n’ai vraiment pas envie de blesser qui que ce soit mais à chaque fois c’est la même chose, pour les faire souffrir il suffit de les faire pleurer et de rendre leur papa furieux ou insatisfait. Toutefois dans cette situation, elle est la fille d’un ministre et pas juste la fille d’un gueux riche. Si ma réputation avec les femmes s’ébruitent de trop, cela risque d’encrasser celle de mon père et quand bien même je peux le haïr, j’ai été trop bien aliéné pour avoir envie de le faire.

« Mère a réservé un restaurant 5 étoiles en plein cœur de Tôkyô. De la gastronomie chinoise si j’ai bien compris. » Qui est selon moi un très mauvais choix, si elle avait voulu renvoyer une bonne image pourquoi n’a-t-elle pas pris de la cuisine coréenne plutôt que ça ? Je fronce les sourcils, cela nous fait passer pour des patriotes selon moi... J’espère au moins que ça ne vexera pas ma « future » femme. Enfin, je dis ça. Je compte bien la faire fuir avant qu'elle le devienne et ce n'est pas le choix d'un restaurant qui suffira.
Codage par Emi Burton

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Ce message a été posté Mar 30 Aoû - 17:31


Gêne, sarcasmes & petites cuillères
Jia Heng & Eun Gi
TENUE ■ Les premiers mots qu'il m'adresse devraient sans aucun doute me choquer ou du moins m'offusquer. Il ne prend même pas la peine de faire semblant d'avoir envie d'être là. Je sais que je fais pareil que lui et que je ne l'ai pas non plus accueilli comme une fiancée aurait du le faire, malgré tout, ça me vexe un peu. Mais si mon orgueil en prend un léger coup, je ne suis pas du tout étonnée. Après tout, on nous a tous deux forcé à être là et ça me donne d'avance une idée du ton que la soirée va prendre, ce qui me lasse d'avance. J'ai mieux à faire que de passer mon samedi soir en compagnie déplaisante, à échanger l'une ou l'autre joute verbale avec le fils parfait d'une famille qui tente de paraître parfaite aux yeux de tous.

C'est étrange quand même, parce que je ne suis pas spécialement le genre de fille qui aime chercher misère ou que l'on déteste, certes la position de mon père ne m'apporte pas que de bonne relation… Jia Heng en est la preuve. Non, je suis même une fille plutôt gentille en fait, mais il a le don d'éveiller en moins mes pires instincts. Je ne sais pas comment il fait. Faut croire que c'est chimique, lui et moi, on n'est pas fait pour s'entendre. Point! Ça s'arrête là.

D'un air dédaigneux, je jette un coup d'œil au bras qu'il me tend. Dans d'autres circonstances, j'aurai pu trouver ça galant et peut-être que je me serais sentie flatter, mais là c'est loin d'être le cas. J'ai un peu l'impression qu'on tente de me priver encore plus du peu de liberté qu'on a bien voulu me laisser. Si je marque une seconde d'arrêt, c'est avec la plus mauvaise grâce que je glisse ma main à son bras, comme je l'ai vu faire tant de foi dans les drama. Avec lui, ce geste n'a rien de magique, pas plus que le regard qu'il glisse sur moi sans la moindre gêne ou le compliment qu'i franchit ses lèvres, tout droit sorti de sa panoplie de monsieur parfait. Sur le coup j'ai presque envie de lui arraché les yeux, mais au milieu du couloir ça ferait un peu tâche. A la place, je lui offre juste un « Joli nœud papillon. » – ce qui en soi est un vrai compliment venant de moi – avant de lui emboîter le pas.

Le silence se fait, pesant, tendu, alors que je me laisse guider puisque je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où il m'emmène. Je remarque toutefois une chose étrange. « Tu n'as pas emmené ton chien de garde? » L'absence son garde du corps me saute seulement aux yeux. Pas que la non-présence d'Ayden me dérange, j'ai n'ai eu l'occasion de le rencontré qu'une fois ou deux et encore sans vraiment avoir la possibilité d'échanger un mot avec lui, mais je me serais sentie moins exposé en sa présence. Je n'aime pas me retrouver seule avec mon fiancé. Je n'aime pas cette exaspération qui coule dans mes veines lorsqu'il est là. Et je n'ai pas non plus cette constante tension. « Je peux au moins savoir où tu m'emmènes? »

Un restaurant chinois. Comme c'est original, je lève rapidement les yeux au ciel. Dans le genre nationaliste on ne peut pas faire mieux. Après je suis une presque une totale étrangère de la haute cuisine chinoise, si on exclut les quelques dîners aux quels ma famille à été convié. « Ta mère est… vraiment charmante. » J'imagine qu'avoir une future belle-fille coréenne ne doit pas l'enchanter. Elle espérait sans doute mieux pour son fils chéri. Ô déception. Moi aussi j'attendais mieux de la vie que de me retrouver fiancée à un homme tel que lui. Comme quoi, on ne peut pas tout avoir dans la vie… Du moins pour le moment, parce que je ne compte pas devenir Madame Li Jia Heng. Plutôt mourir.
Codage par Emi Burton


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Ce message a été posté Dim 4 Sep - 18:44


Gêne, sarcasmes & petites cuillères
Jia Heng & Eun Gi
TENUE ■     Dès le départ la soirée s’annonce mal et ce n’est en aucun cas pour me plaire. Je suis plutôt du genre à préférer rester chez moi et à ne pas à supporter ces mondanités inutilement épuisantes, puis vraiment, j'ai mieux que ça à faire. Alors la tête haute, je laisse son bras glisser sur le mien et je déglutis, un frisson désagréable me prenant. Je n’aime pas cette fille. Ce qui est stupide car je ne la connais pas du tout ou juste assez pour ne pas avoir une bonne image d'elle. Néanmoins, son comportement, son attitude et son sarcasme c’est tout ce que je déteste, n'est-pas là une absence de bon sens de la part de la fille d'un ministre ? J'avais pensé qu'on avait eu la même éducation mais apparemment non. Je l’ignore après son compliment et augmente le pas autant qu’elle avance, l’amenant en dehors des dortoirs, continuant à marcher en silence jusqu’à l’ascenseur, prenant un regard plein de fureur à sa dernière phrase citant mon garde du corps. Naturellement et dans un calme contrôlé, je déplie mon bras mettant fin à notre attache, mes membres tremblant sous une colère qui me prit en quelques instants.

« Non. » Je fixe les portes de l’appareil et appuie sur le bouton d'un coup, tapant du pied machinalement, énervé. Comment ose-t-elle parler de lui ainsi ? Elle ne le connaît pas et se permet de l’appeler « Chien » ? Elle est bel et bien la seule chienne que je connaisse à oser le nommer ainsi. Violemment, je mords l’intérieur de ma joue droite et inspire difficilement, préférant ne pas continuer sur le sujet si elle ne veut pas que je finisse par la baffer. Je ne pense pas que je pourrais me retenir. Je réponds à sa question après pouvoir sortir de l’ascenseur, froid et peu amicale, parlant de ma mère pour me changer les idées. Toutefois, ce conflit me reste en tête et je ne suis pas à l'aise, des plis d'agacement restant sur mon front, mes sourcils se figeant dans un froncement.

« Non. Elle ne l'est pas vraiment. » Annonçais-je, marchant à grandes enjambées vers la voiture du chauffeur, le saluant rapidement avant de monter dedans, le laissant ouvrir la porte pour Eun Gi lui-même. Ma mère n'a rien de charmant, c'est une diva qui ne sait pas ce qu'elle veut dans la vie. Elle pleure sur sa tour de diamants qu'on la sauve de son mari cependant s'essuie les fesses avec l'argent que mon père gagne durement, les femmes sont hypocrites. A l’arrière, je sors mon téléphone portable et vérifie ma boîte de réception mais aucun message n’apparaît. « Je trouve cela très déplacé de réserver un restaurant chinois alors que tu es coréenne. C’est un manque de bonnes manières. » Elle aurait simplement pu prendre un terrain neutre.

Je donne l’adresse à celui qui conduis puis la regarde, sans expression, apathique. « Ne parle pas d’Ayden comme s’il était un canin. » Cela sorti tout seul, sans même m’en rende compte. Je n’avais pas dit ces mots méchamment ou sèchement, toutefois la fermeté était là. Je continue à la défier du regard et secoue la tête.
« Ne le traîte pas comme ma famille le fait. Ne me donne pas une raison de plus pour te haïr, Eun Gi. » Ayden est important pour moi. Je n'en voulais pas particulièrement à ma fiancée au final, je pense juste qu'elle avait réussi à trouver la corde sensible qui me fait réagir en peu d'instant.

J’attache ma ceinture et m’appuie contre la vitre, pensif et nerveux. Je n’aime pas qu’on traite mon meilleur ami comme un moins que rien. C’est bien la seule personne qui a l’occasion de me rendre humain et de me rendre mieux dans ma peau. Ayden connaît mes faiblesses... Mais apparemment, Ayden est aussi l'une de mes faiblesses. Je laisse à nouveau le silence prendre le dessus, observant le décor défilant dehors quand le véhicule se met à rouler.

Codage par Emi Burton

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Ce message a été posté Lun 5 Sep - 15:05


Gêne, sarcasmes & petites cuillères
Jia Heng & Eun Gi
TENUE ■ Accrochée à son bras, je suis son pas à travers le couloir pestant d'ors et déjà contre la merveilleuse idée que j'ai eu de mettre des talons. Ces chaussures sont belles, certes, mais je sais déjà que je vais avoir mal aux pieds en fin de soirée. Heureusement, j'imagine que je ne vais pas avoir besoin de le suivre trop longtemps. Pas plus que de rester avec lui. Après que ça mère soit passé nous saluer, rien ne nous forcera plus à rester ensemble ce soir non? J'aurai respecté ma part du contrat, à savoir faire bonne figure devant sa mère, puisqu'il s'évertue à se plier tant bien que mal aux exigences de ses parents ce qui n'est pas mon cas. Une nouvelle fois mes iris se posent sur lui et je cherche. Jia Heng est un vrai mystère pour moi. De toutes évidences, il n'a aucune envie d'être là et comme moi, il ne veut pas de ces fiançailles, mais il ne fait rien pour mettre fin à tout ça… Il pourrait faire savoir à ses parents que je ne suis pas la fiancée qui lui convient et qu'il désir rompre nos attaches. Mais non, il préfère se montrer revêche en "privé" et jouer le fils parfait devant ses parents. Ou peut-être qu'il s'attend à ce que ce soit moi qui craque face à son attitude, histoire de garder le beau rôle pendant que je passerai pour la vilaine fiancée qui lui brise le cœur. La bonne blague. Non, j'ai vraiment du mal à le comprendre.

En silence on continue notre chemin, du moins jusqu'à ce que j'ai la bonne idée de ramener son garde du corps sur le tapis. C'est vrai que je suis un peu surprise qu'il ne soit pas là, puisque je sais qu'il ne le quitte pratiquement jamais. Ayden est l'ombre de Jia Heng. Et même s'il est discret, silencieux, sa présence aurait peut-être allégé l'atmosphère qui est tendue et assez pesante. Si je m'écoutais je ferais demi-tour et je planterai le cadet des Li devant l'ascenseur, mais par fierté je reste côté de lui, même lorsque mes doigts quittent le bras qu'il m'a offert un peu avant. Dans sa façon de se détacher de moi je sens sans la moindre difficulté que j'ai appuyé là où ça fait mal sans même vraiment chercher à le faire. A moins que ce ne soient ses yeux sombres qui se dardent durement sur moi qui me le fasse comprendre. Toujours est-il que je sais désormais qu'Ayden est un sujet à éviter si je veux finir la soirée en un seul morceau. Ou a évoqué si je veux le mettre en colère, parce qu'a l'instant, c'est bien de ça qu'il s'agit: de la fureur. S'il ne m'exaspérait pas autant, je pourrais presque avoir peur de lui.

Pour le moment la lueur dans son regard me fait comprendre qu'il veut mieux que je me taise alors qu'on grimpe finalement dans l'ascenseur. Et mon instinct de survie me crie que c'est effectivement ce que j'ai de mieux à faire, mais je n'oublie pas le cas "Ayden" pour autant. La tension est clairement palpable entre nous et le silence de plomb qui nous entoure n'en est qu'une preuve. Dire que je suis heureuse que les portes métalliques se rouvrent est peu dire. J'ai l'espace d'un instant l'impression de sortir la tête de l'eau et de sentir la caresse du vent sur mon visage.

Un restaurant chinois. J'ai conscience que c'est une sorte d'affront, un moyen à peine déguiser de me faire comprendre que je ne suis pas la bienvenue et je l'aurait sans nulle doute mal pris si j'avais vraiment eu l'intention de faire partie de la famille Li, mais là, c'est loin d'être le cas. En fait, la seule chose qui me gène c'est que je ne suis pas une grande amatrice de gastronomie chinoise, mais après ça ne me touche pas plus que ça. Je suis cependant un peu surprise de l'aveu de Jia Heng, de la façon dont il parle de sa mère. Certes ont appartient au même milieu mondain, mais il y a vraiment un monde qui nous sépare. Je le regarde monter à l'arrière de la voiture sans même esquisser un geste pour m'ouvrir la portière, ce qui marque clairement la fin de la galanterie. C'est le chauffeur qui fait le tour pour venir me l'ouvrir. Je lui adresse un léger sourire et un merci, avant de rejoindre mon fiancé à l'arrière de la voiture, qui jette un coup d'œil à son téléphone. La soirée va être longue, vraiment très longue. « C'est pas grave, Ce n'est pas comme si c'était important, si? » Je ne vois pas pourquoi ça l'ennuie tellement. Ce n'est pas comme s'il avait à me séduire ou à faire un quelconque effort. « Si c'est juste une question d'image… Rassure-toi, la vision que j'avais de ta famille n'a pas changée. » Détachée, mon regard se tourne directement vers la fenêtre quand la voiture se met en route.

Je me perds une seconde dans le paysage avant  que la voix ferme de mon voisin ne s'élève dans l'habitacle, me faisant aussitôt tourner la tête. Mes yeux croisent les siens qui sont toujours posé sur moi et pour la première fois, même s'il me défie, il me semble presque humain… A mille lieux du fils de bonne famille qu'il montre à tout le monde. Et un instant ça me bouleverse, parce qu'il n'est pas si différent que moi en réalité, même si nous agissons tous deux de manière totalement opposée. « On dirait que j'ai égratigné ton masque. » Une constatation plus pour moi-même que pour lui. « Me haïr… Je devrais peut-être te donner une raison supplémentaire de le faire, ça mettrait peut-être fin à toute cette mascarade. » Oui, je devrais peut-être appuyer plus fort sur la corde, mais je sais mon aussi ce que c'est de tenir à quelqu'un pour qui ma famille n'a pas la moindre considération. « Je suis navrée, je ne voulais pas manquer de respect à ton garde du corps. »

Les mots ont à peine franchis mes lèvres, que je détourne les yeux et lisse vivement les plis de ma robe un peu plus exaspérée par ce fiancé qu'on m'a imposé et qui me fait souffler le chaud et le froid. Un instant je rêve littéralement de lui arracher les yeux et l'instant d'après, je suis limite désolée de me comporter de la sorte avec lui. Et ça a le don de m'énerver.
Codage par Emi Burton

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Ce message a été posté Jeu 15 Sep - 16:14


Gêne, sarcasmes & petites cuillères
Jia Heng & Eun Gi
TENUE ■       L’attitude d’Eun Gi ne me surprend pas, elle est sauvage, pleine de caractère et indomptable, pas vraiment le genre de personne que j’apprécie. J’aime le docile et le discipliné, ceux qui savent fermer leurs bouches quand le temps est approprié. Mais non, elle a ses mimiques, cette tête et cette moue qui me tape sur le système, m’agace et me donne envie de la baffer. Elle me rappelle moi quand j’étais jeune. Elle me rappelle les claques et les coups que je me suis pris quand je ne faisais pas ce qu’on me disait, quand je montrais bien trop d’émotions. Et comme résultant d’un effet traumatique, j’ai envie d’ensanglanter ses lèvres et lui donner des tapes sur ses bleus jusqu’à ce qu’elle efface la douleur de son faciès et fasse ce qu'on lui dit.

Ma fiancée me rend malsain et d’habitude, j’arrive à les faire fuir après deux petits coups sur les fesses et un roulement de bassin en leur faisant comprendre d’une poignée dans les cheveux que si elles ne veulent pas souffrir le reste de sa vie, il vaudrait mieux qu’elles s’échappent d’entre mes mains. Il va falloir que je trouve une autre solution à ce problème là.

Sauvage et indomptable Eun Gi néanmoins reste là et me suit comme une pauvre conne, à penser pas plus loin que son nez. Quelle inconsciente, quelle égoïste. C’est avec mépris que je la fixe à sa réponse sur le restaurant et secoue la tête, perdu entre mes pensées sur Ayden et sur la profondeur que prendront les futurs événements. « Je n’attends pas de toi de comprendre pourquoi cela m’agace. » Dis-je froidement avant de retourner vers la fenêtre et me perdre sur Ayden, mon chien de garde comme on aime à l’appeler. Je crois que ma haine ce soir est au plus haut point, il faut rester calme. Il faut rester composer. J’inspire, expire, serre et desserre le poing et me tourne vers elle, ferme toutefois pensif, sans agression dans la voix, un peu robotique si je puis me permettre du moins, une pointe d’émotions émerge du fond de ma gorge. Ayden est tout pour moi. Sa constatation sur le « masque » me fait doucement sourire et je retourne mon menton droit comme un piquet vers le siège avant, reprenant un ton plus glacial. « C’est bien ce que je dis. Tu ne penses pas aux choses plus concrètement Eun Gi. Nous ne pouvons pas rompre nos fiançailles comme on rompt un contrat. Ton père comme le mien attendent de cette union inutile des résultats. Et pas des résultats entre… » Je fais un signe me pointant elle puis moi, arquant même un sourcil. « Nous… Mais dans leur travail. Et ils n’accepteront pas de briser cela juste parce que fiston chéri ou poupée d’amour a un petit caprice sur sa vie sentimentale. » continuais-je avec acidité dans la voix et déception. Parce qu’au fond, les choses seraient beaucoup plus faciles comme ça. « Toi et moi savons très bien que nos pères n’en ont rien à faire de ce que nous pensons… Ni vraiment de nous en particulier. »

Je l’observe un instant et mords ma lippe. « A moins que tu pensais vraiment que l’image que donne médiatiquement mon paternel est celle qu'il me tient une fois seuls à la maison ?» J’en pouffe de rire et remets mes cheveux en place, nerveusement, la main tremblante avant de la plaquer contre mon genou pour l’empêcher de trop gigoter.

« Ayden… Est la seule personne qui compte dans ma famille. Alors si tu as envie d’insulter quelqu’un, insulte moi ou le reste mais pas lui. Dans tous les cas, je te haïrais. » Doucement, je remets mes pupilles dans les siennes et ravale ma salive. « Mais Ayden n’a rien à voir là-dedans et ce serait irrespectueux de ta part d’y mêler des gens qui sont innocents. » Et ce serait tout aussi dangereux pour elle dans tous les cas. La fenêtre reprend mon intérêt et je soupire. Quel dîner. Tu parles. Eun Gi n’est qu’une enfant, elle n’est qu’une fille qui ne comprends pas. Je suis sûr pourtant que de son côté aussi, la vie n’est pas facile. Il n’y a pas de mauvais et bon rôle, on a tous un rôle de connard dans cette histoire, la seule chose qui compte c’est le résultat, étant donné que nous cherchons tous à tirer profit, il faut réussir à tirer les nœuds pour que cela se fasse sans bruit et plaise à tout le monde. Ou presque. Timidement, plein d’hésitation, je perds mon regard sur elle, ne restant pas longtemps avant de retourner sur le paysage défilant dehors.

Si Eun Gi n’avait pas été cette fille de politicien, si j’avais été un mec moins abusé et plus libre, peut-être que j’aurai pu être ce gars amoureux de cette brave et courageuse nana, je l’aurai peut-être moi-même demandé en mariage. Le destin en a décidé autrement apparemment.

Codage par Emi Burton


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Ce message a été posté Ven 16 Sep - 17:18


Gêne, sarcasmes & petites cuillères
Jia Heng & Eun Gi
TENUE ■ Non. La vie n'a pas été facile pour moi non plus. Certes mon père m'a sans doute passé plus de caprice que celui de Jia Heng, mais perdre ma mère n'a pas été simple pour la fille unique que je suis. Me retrouver seule alors que mon père se plongeait dans le travail, le sentir chaque jours s'éloigner sans ne rien pouvoir faire, n'avoir aucun modèle, aucune présence féminine, pas le moindre frère ou sœur à qui s'accrocher pour trouver un peu de réconfort. J'en ai passé des nuits à pleurer comme une pauvre petite chose fragile. J'ai été exposée lors de soirées mondaines avec autant d'égards que si j'avais été un beau vase, j'ai du sourire et faire la conversation a des tonnes de gens dont j'ai fini par oublier les noms, trop nombreux. J'ai aussi été forcé de me conformer à ce qu'on attendait que je sois. J'ai du me taire, mettre de côté tout ce qui était moi, mes envies, mes rêves et je l'ai fait… Pendant un moment, pour faire plaisir à mon père. J'ai pensé qu'être docile et calme rendrait notre vie plus simple, qui serait fier de moi, mais la considération n'est pas vraiment une caractéristique qu'on retrouve facilement chez les politiciens. Mon père n'est pas une exception. Puis ça n'a pas vraiment changé quoi que ce soit, j'ai choisi de vivre pour moi. Même si ça ne lui a jamais fait plaisir, mon père a été forcé de me passer beaucoup de chose. Une manière à lui de se faire pardonner j'imagine ou juste d'éviter les disputes incessantes, mais je ne lui en veux pas. Il est comme ça c'est tout.

Je n'en veux pas réellement à mon fiancé non plus. Aucun de nous n'a choisit sa vie, même si je tente chaque jours de prendre un peu plus de contrôle sur la mienne. Dans le fond je n'ai rien contre Jia Heng, je suis même certaine que si nous faisions des efforts chacun de nos côtés les choses pourraient fonctionner entre nous, mais je refuse tout bonnement d'abandonner ma liberté. Si mon père à du mal à l'accepter, au point de se servir de moi comme d'une vulgaire pièce sur son échiquier, je suis persuadée que ma mère l'aurait compris, elle. Je ne veux pas devenir comme Jia Heng, soumise aux désirs farfelus de mon père. Je ne veux pas de ce mariage imposé où tout ne sera que haine et rancœur, parce qu'aucun de nous n'arrivera jamais à feindre l'amour. Je ne veux pas d'une belle cage doré pour le restant de mes jours, aussi divin puisse t-en être le maître.

La voix froide de mon compagnon me tire de mes pensées moroses et c'est la colère qui prend le dessus. Je n'attends pas de toi de comprendre… Il est sérieux? Il me prend pour une conne incapable de comprendre? Incapable de comprendre qu'il trouve ça mal élevé et irrespectueux de choisir un restaurant chinois alors que je suis la fiancée et que la bienséance voudrait que ma futur belle mère essaie de me faire plaisir? Le fait est que je me contre fiche du restaurant choisit ou que sa mère me manque clairement de respect. Mais que je passe au dessus de ça pour essayer moi-même d'être un minimum courtoise, semble totalement dérisoire. « Et tu attends quoi de moi au juste? » Je darde sur lui un regard dur à la hauteur du sien, parce que malgré tout, je le trouve plus offensant que sa mère et que ça me vexe qu'il puisse m'imaginer être une idiote… Peut-être aussi parce que je n'ai jamais eu à faire à quelqu'un qui s'en fout totalement de moi et que c'est assez déstabilisant. « Vas-y... Dis-moi, Jia Heng. Qu'est-ce que tu attends? » Est-ce qu'il veut que je sois celle qui parte la première, que je m'oppose plus clairement à la décision de mon père et quitte à faire, que je me mette aussi ça famille à dos? Je ne le ferai pas de guetté de cœur, pas par manque d'envie, mais parce que nous sommes deux et qu'il est plutôt clair qu'aucun de nous ne veut de l'autre. Pourquoi est-ce que je devrais être la seule à me mouiller?

Entre nous la colère est plus que palpable et il ne faudrait pas grand chose de plus pour qu'on se saute littéralement à la gorge. Toutefois, nos regards finissent par se détacher et chacun se retrouve à contempler une fenêtre opposé dans un silence tendu. Pour peu on pourrait presque sentir l'électricité entre nous et très loin du genre coup de foudre. Pour tenter de me détendre un peu je regarde les rues qui défilent par la fenêtre. J'essaie de reconnaître les quartiers pour savoir où l'on va exactement, même si j'ai encore moins envie d'y aller maintenant. Je vais juste attendre de voir sa mère, d'au moins me montrer polie et ensuite je m'en vais sans attendre. Il n'aura qu'à aller au diable. Alors que je pensais être tranquille jusqu'à ce qu'on arrive, la voix de mon fiancé se fait à nouveau entendre, me faisant détourner les yeux. Il est toujours le même et pourtant, une fraction de seconde, il semble plus humain comme si nos échanges fissuraient le masque qu'il porte en permanence, ce que je ne n'hésite pas à faire remarquer. Et encore une fois, le ton se durci… A croire qu'on est juste incapable de discuter calmement. « Ooh!! Ne me prends pas pour une conne, tu veux !!? » sifflais-je sur le même ton acide que celui qui est le sien. « Je sais parfaitement qu'il ne suffit pas de dire qu'on n'est pas d'accord pour arranger les choses. Tu me prends pour qui? Mais je ne compte pas me laisser dicter ma vie. Ni par mon père. Ni par le tien. Ni par toi ou n'importe qui d'autre. » Oh que non. Je ferai ce qu'il faut pour mettre fin à tout ça… avec ou sans son aide. Il n'y aura jamais de "nous".

Énervée, je lisse des plis invisibles sur ma robe pour tenter d'atténuer un peu les choses. Je ne pense pas que le tuer à l'arrière de la voiture soit une excellente idée, on s'aurait tout de suite que c'est moi la coupable. « Ça ne m'intéresse pas de savoir comment ton père se comporte avec toi. » J'ai déjà assez à faire avec le mien sans en plus avoir besoin de m'occuper du sien. Ce serait le pompon.

Le sujet Ayden revient rapidement sur la table. A force, je vais vraiment finir par croire qu'il est obsédé par son garde du corps, mais il a quelques choses de différent quand il parle de lui. Ça lui donne un air plus accessible, même si ça ne dure pas. Rien ne semble jamais durer longtemps avec Jia Heng, si ce n'est une chose: la haine qu'il a pour moi. Même si je scande le contraire, je ne le déteste pas, mais je ne l'aime pas non plus et il a le don pour me donner l'impression d'être une moins que rien, pour me mettre en colère aussi. « Très bien, au moins, les choses sont clairement définies comme ça… » Je ne vais pas pleurer parce qu'il me déteste, bien que je n'ai rien fait qui mérite réellement cette haine, si ce n'est d'être née du mauvais père. Il ne me connait pas, hormis ce qu'on lui a dit de moi et le peu de paroles que nous avons échangées depuis nos fiançailles. Il n'est pas le premier et certainement pas le dernier à qui j'inspire un tel sentiment. « Je me suis déjà excusée pour Ayden, il me semble. Je n'aurais, effectivement, pas du le mêler à cette histoire. Je m'en excuse à nouveau, tu es satisfait ? » Je lui lance un dernier regard avant de détourner les yeux pour me replonger dans la contemplation des rues qui défilent doucement par la fenêtre, souhaitant être à mille lieux d'ici… N'importe où, mais loin de lui et de cette voiture. Il faut croire que j'ai été une très mauvaise personne dans une autre vie, parce que j'ai décidément hérité du mauvais karma.
Codage par Emi Burton


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Ce message a été posté Mar 27 Sep - 21:33


Gêne, sarcasmes & petites cuillères
Jia Heng & Eun Gi
TENUE ■ Dans les yeux de Eun Gi, j’y retrouve la soif de liberté que j’éprouvais il y a encore en peu. Et maintenant qu’on me l’a donné, maintenant au Japon, je ne sais plus quoi en faire. Mais ne veut pas m’en séparer pour autant. C’est un vrai problème de bipolarité, je tire sur un bout de la ficelle et tire de l’autre côté en retour et un beau jour je le sens, je vais juste m’effondrer. Ou pire, si je ne m’effondre pas, peut-être finirai-je comme Ming Yue, à blesser les autres autour de moi, qu’importe le lien que je leur portais. Et si un jour je finis ainsi, aussi bien Eun Gi que Ayden prendront.
Je soupire et secoue la tête lorsqu’elle me demande ce que j’attends d’elle. Je n’attends plus rien de qui que ce soit, j’ai déjà baissé les bras depuis un moment et ne pense qu’à ma survie. C’est un peu comme si on m’avait jeté dans une arène et qu’il faut tuer mes adversaires pour survivre. Il paraît qu’ils en ont fait un film d’ailleurs… Mes yeux n’arrivent pas à se fixer, la fenêtre, les jambes de ma partenaire, dehors, la tête du chauffeur… Mon portable, mes genoux, ces stupides boutons de manchettes et ce collier autour du cou de ma voisine de banquette arrière. Mon cœur panique, pique et repique et je le sens se serrer dans mon poitrail et mon sang me brûle les veines et cogne contre mes tempes. Ma nuque se raidit et ma respiration devient laborieuse toutefois je reste stoïque et stupide, glacial et colérique. Une sorte de stade où bien que ma façade, mon masque comme on l’aime l’appeler soit lisse, sans irrégularité, derrière je hurle et crie et frappe quand on m’approche.

J’inspire un instant en fixant ses mains remettant sa robe en place et expire, doucement, lentement, l’écoutant d’une oreille, perdant le fil un moment. « C’est plutôt ça qui est ironique… Tu dis une chose et tu en fais une autre. » Je ravale ma salive, sentant mon cerveau se vider de tout fil logique, de tout sens à mon discours, j’ai l’impression d’être juste un corps, un jouet. Et je sais que c’est ce que j’ai toujours été. « Et pourtant tu es bel et bien venu à ce dîner. » Ce n’est pas un reproche ou une remarque moqueuse, plutôt un constat. Parce que tout comme moi, elle souhaite se battre toutefois ne le fait qu’à moitié et nous nous engueulons… Bêtement et en vain. Eun Gi n’est pas mon ennemie. Tout comme je ne suis pas le sien. Les seuls vrais adversaires sont ceux manipulant nos vies. Alors ça pique quand elle me lance qu’elle s’en contrefiche de ma relation entre mon père et moi, même si je m’en doutais, et qu’au fond, cela me paraît normal de s’en ficher. Je ferme les yeux et reprends dessus sur mes émotions. Je reprends dessus sur ces mauvaises paroles et pensées et conclue le tout sur la seule chose que je souhaite vraiment, sur Ayden. Qu’importe ce qu’elle a dit ou a rajouté, qu’importe si elle trouve que j’en fait tout une histoire, je hoche la tête en guise de validation, d’acceptation et devient presque léthargique, fixant droit devant moi, dans le vide. Pensif. Aliéné par ces disputes sans queue, ni tête. On se bat pour dire la même chose mais n’agissons pas. Et c’est pour cela que je déteste les mots. Sans même m’en rendre compte, au bout de quelques minutes je crois, la porte à mon niveau s’ouvre et je cligne des yeux, me détachant et sortant, observant le restaurant gastronomique surgissant devant moi. Je soupire.

« Merci. » Fis-je au chauffeur d’un signe de main et ouvre la porte de l’établissement, la tenant ouverte pour Eun Gi, mettant la hache de guerre sous terre le temps du dîner. Ou du moins, je l’espère. Jusqu’à ce que je vienne avec un plan. Je ne lui fais pas assez confiance pour coopérer avec elle. Ou je ne sais pas trop. Est-ce de la confiance, de la rancune, de la connerie de ma part ? Comme je l’ai dit, je suis encore en plus débat en me demandant comment cela peut être possible d’être heureux et triste à la fois. Je la regarde un instant et plante mes pupilles dans les siennes. « Je te prends pas pour une arriérée. Je suis juste… Difficile. » Dis-je en haussant les épaules. Parce que c’est la seule chose qui me paraît assez vague mais au final ; près de la vérité.

Codage par Emi Burton


P.S:
 

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Ce message a été posté Mar 4 Oct - 3:10


Gêne, sarcasmes & petites cuillères
Jia Heng & Eun Gi
TENUE ■ Je le fixe sans cillé en attendant une réponse qui de toute évidence n'est pas prête de venir, peut-être parce qu'il s'en fiche, parce qu'il ne sait pas ou parce qu'il est tellement blasé qu'il ne sait plus quoi attendre… Je ne sais pas vraiment et d'un côté, derrière la colère et l'énervement qu'il fait naître en moi, je suis triste pour lui. C'est dommage d'être aussi paumé. Mais ça je ne l'avouerais jamais, même sous la torture. En fait, on aurait sans doute pu être réellement amis s'il se comportait différemment. Devant son silence, je lui adresse une de ces moues boudeuses qui fait tant rire le véritable homme de ma vie… enfin, lorsqu'elle est moins exaspérée. Parce que oui je le suis. En réalité, Jia Heng me met franchement mal à l'aise. J'ai l'habitude de plutôt bien cerner les gens, mais lui, même en y mettant du mien, je n'y arrive pas. J'ai constamment l'impression de marcher sur des œufs. Je n'ai pas la moindre idée de la manière dont je dois me comporter avec lui. C'est claire qu'il ne m'aime pas du tout, pas que cela me dérange à vrai dire je ne l'aime pas beaucoup moi non plus, mais je ne sais pas ce qu'il attend exactement. Le peu de temps qu'on passe ensemble on ne fait que ce prendre la tête, ce qui ne semble pas lui plaire, pas plus que lorsqu'il y a un semblant de calme. Les choses sont compliquées. On ne peut pas passer notre temps à se faire la guerre et on ne peut pas non plus faire ce qu'on attend de nous. Je refuse de devenir l'une de ses femmes hypocrites qui font mine de se dévouée à leur mari, mais qui dans l'intimité courent rejoindre leurs amants pendant que leur mari restent tard le soir au bureau pour se taper leurs secrétaires. Je ne supporterai pas d'être une de ses femmes trophées qu'on exhibe lors des soirées mondaines, qu'on embrasse sur la joue et qu'on délaisse dès qu'il n'y a plus personne. Même si je doute qu'il soit ce genre d'homme. Nan, en fait quand mes yeux se posent sur Jia Heng, je l'imagine assez mal marié.

Je détourne finalement le regard, mettant simplement fin à l'attente d'une quelconque réponse à ma question. S'il est incapable de me dire ce qu'il attend, je ne vais pas le forcer. A dire vrai, je préfère encore qu'il se taise parce qu'au fond je sais déjà que tout ce qu'il désir c'est que je disparaisse de sa vie. Il n'a pas besoin de mots pour me le faire savoir, tout en lui le crie, de la lueur flamboyante dans ses yeux aux muscles de ses cuisses qui se crispent de colère. La vie est injuste. Terriblement injuste. Je n'ai absolument rien demandé à personne et malgré tout je me sens désolée pour lui, navrée de lui inspiré tant de sentiments si négatifs. De son côté je suis persuadée qu'il n'a pas tant de scrupule. Je suis du regard les mouvements extérieurs sans réellement les voir, plongée dans un état second. Un trop bref moment à mon goût puisqu'une nouvelle fois il fait naître en moi la colère. Il me donne l'impression d'être une conne, une gamine ignorante, comme s'il était le seul à avoir un père ministre. Comme si je ne savais pas que les choses étaient compliquées. « Je ne suis pas là pour mon père, ni pour le tient ou encore pour toi si c'est ce que tu crois. Mais ta mère a organisé ça et ma… ma mère, m'a appris à être respectueuse de mes aînés. » Ma mère… J'aurais aimé qu'elle soit encore là. Je ne serais pas ici, c'est un fait certain. « Je viens juste présente mes respect à ta mère puisse qu'elle compte passer, après ça tu seras tranquille. » Même s'il ne semble y avoir aucun reproche dans sa voix, je me sens agressée et comme toujours, je me justifie. Je n'aime pas avoir de compte à rendre sur ce que je fais, encore moins à lui. Pour la énième fois depuis qu'il est passé me prendre, je suis énervée à la fois contre lui et contre moi. Je me sens idiote. J'ai horreur de cette sensation. Je suis lasse de me prendre la tête avec lui, si bien que je passe l'éponge quand le sujet Ayden revient sur le tapis. Je préfère abdiquer que de débattre des heures avec lui. Je vais déjà devoir endurer cette soirée, je n'aurai pas la force d'attendre que sa mère vienne si on continue sur cette lancée. Je préfère me murer dans le silence pour le reste du chemin, même si ça ne m'empêche pas de lui lancé un regard ou deux de temps à autre.

Heureusement, la voiture fini par s'arrêter et le chauffeur vient rapidement ouvrir la portière pour permettre à mon fiancé de sortir. L'air frais qui s'engouffre alors dans l'habitacle me fait légèrement frissonné et prendre pleinement conscience de la lourdeur de l'atmosphère qui nous a entouré durant le trajet. En sortant j'offre toutefois un léger sourire un peu crispé au chauffeur, avant de jeter un regard au restaurant qui se dresse devant nous. Ma future belle-mère ne fait pas les choses à moitié, c'est une chose qu'on ne peut pas lui reprocher. Perchée sur mes hauts talons, je suis doucement mon meilleur ennemie, quoi qu'ennemi ne soit pas réellement le terme le plus approprié et franchit la porte qu'il me tient presque galamment. J'hésite une seconde, mais fini par lui souffler un « Merci » sur un ton plutôt neutre. Puisqu'on est là tout les deux alors qu'on n'en a pas envie, autant essayer de rendre les choses le plus simple possible. Décidée à prendre sur moi, je croise son regard. Ses mots me laissent un peu perplexe et si une nouvelle remarque mes vient, je la ravale. « Hum. Si tu veux… Faisons des efforts pour que ça se passe bien. Ça finira plus vite comme ça. » Ça va être difficile, j'en ai conscience, mais on le temps sera moins long si on évite de se sauter à la gorge toutes les deux minutes. Mon regard n'a pas quitté le sien et je me surprends à y chercher une quelconque lueur d'approbation avant même d'attendre sa réponse. J'ai envie d'une soirée tranquille et pas d'une guerre des tranchées, sans compter que je ne me sens pas réellement à mon aise.
Codage par Emi Burton

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Ce message a été posté Jeu 6 Oct - 19:03


Gêne, sarcasmes & petites cuillères
Jia Heng & Eun Gi
TENUE ■  Parfois je me demande pourquoi moi ? J’aurai voulu être le premier, l’ainé. Celui que tout le monde déteste mais au moins, qu’on laisse tranquille. Mais quand je repense à mon frère, You Qi, je sais qu’il voudrait se trouver à ma place et perplexe, aurais-je agi comme lui si nous avions été inversés ? Serais-je prêt à mépriser mon propre frère par pur envie, jalousie ? Au final, je pense que oui. You Qi et moi sommes en compétition et ce, simplement à cause de notre éducation. De la pression familiale et de la société. Et me dire que j’ai perdu toute chance d’un jour pouvoir avoir un amour fraternel me pique le cœur. C’est sûrement pour cela que je me suis autant attaché à Ayden malgré nos débuts difficiles.

Alors maintenant, il m’est difficile de faire confiance en qui que ce soit. Ma famille entière se joue de moi pour le bien de la politique, et bien que je sais pertinemment qu’Eun Gi n’en a sûrement que faire de la politique ou du travail que son père peut faire, je me méfie d'elle comme de la peste. Ming Yue disait aussi tenir à moi et Ayden, c’est pourtant lui qui a tenté de me kidnapper. Qui sait ce que son père peut avoir prévu en passant par elle ? Je lui vole des regards quand je ne sens plus le sien sur moi mais lorsque notre discussion, agressive mais passive s’enclenche, mes yeux trouvent les siens rapidement, agités et sincère à la fois. « Uhm… » Je voulais ajouter des millions de choses, lui balancer qu’elle le veuille ou non, ma mère organise ce dîner pour nous surveiller en premier et non pour la rencontrer. Vérifier qu’elle a ses deux jambes et ses deux bras, qu’elle ne soit pas trop moche pour que les générations suivantes ne le soient pas non plus. Autant ma mère est une femme pleine de bonnes manières, autant cela n’est que superficiel et ce sera la première à vous poignarder dans le dos. Après tout, c’est elle qui a eu l’idée de ce mariage forcé. Mon père a toujours trouvé la vie et de famille encombrante. « Ta mère était une bien penseuse. » concluais-je simplement, ne voulant pas m’immiscer dans son intimité comme elle ne s’est pas immiscée dans la mienne. Et parler des morts me mets mal à l’aise. Les gens sont si imprévisibles quand on parle de décès… Je n’aimerai pas qu’elle commence à pleurer comme ça… Je n’ai jamais aimé les larmes de crocodiles. Et ne sais pas m'en occuper.

Une fois dehors, l’air me détend, mes muscles se décrispent et mes pensées s’assainissent. Je reprends mon côté stratège et calcule mes mots et mes pas. Certaines de ses paroles me sont restées en tête et je compte en discuter avec elle comme toute personne mature et civilisée le ferait. Et comme je l’ai dit, cela ne sert strictement à rien que nous nous faisions la guerre. Je hoche la tête à son « Merci » et parle en premier, m’approchant du maître de salle, attendant, le menton haut et le regard sévère naturellement. Sa réponse m’arrache un rictus discret et je ne peux que hocher la tête avant de la regarder de haut en bas. Elle ferait une très belle mariée et je suis sûr que les employés de l'établissement pensent la même chose. Voulant rester dans l'impression, je lui reprends le bras avec délicatesse mais fermeté, mettant en place le modèle du fiancé parfait. Nous nous faisons aborder pour nous placer à la table préparée en notre honneur et je tire la chaise de ma fiancée, les joues pincées et les sourcils froncés malgré tout.

« Je ne suis pas du genre à m’excuser. » Dis-je en m’asseyant ensuite, remplissant les verres appropriés d’eau. « Ni à regretter ce que je dis. » Je me racle la gorge et roule des yeux, me tenant droit sur ma chaise. Ce que je peux être borné parfois. « Mais. » Les mots sont durs à sortir et je la fixe en plaçant mon poing serré sur la table, gardant une apparence détendu pour ne pas faire transparaître aux autres l'ambiance de notre échange. « J’admets m’être laissé… Emporté. »

C’est mieux que rien, je l'espère... Je remarque le serveur arrivé pour nous servir en vin rouge et soupire. J’allais déguster ce verre comme si c’était le dernier et fais rapidement ce que je dis, le goûtant d’abord dans les règles de l’art et sourit. « Il est parfait. Très bon choix. Merci.  » Je lance des flatteries comme un mensonge lance des mensonges et cela m'agace au plus profond de moi.  Je défroisse mon pantalon déjà trop bien repassée et expire de soulagement lorsque nous sommes laissés seuls dans la grande salle. Je voulais lancer la conversation, faire quelque chose que mon thérapeute m’avait enseigné : Pour que les gens vous fassent confiance, il faut d’abord que vous leur donnez la vôtre. Et cela me paraît impossible. Pas quand je pense que la seule solution qui s’offre à moi soit de détruire Eun Gi pour faire oublier toute idée de mariage à l’avenir. Les coudes sur la sable, je pose ma mâchoire sur le sommet de mes mains entrelacées et la regarde avec sérieux… Peut-être un peu trop pour une simple conversation de table. « Je pense que toi et moi sommes d’accord sur le fait que nous aurions préféré être ailleurs qu’ici. »

Je ne suis pas doué pour exprimer mes idées ou pour m’exprimer tout court d’ailleurs, du moins, pas quand cela doit être spontané. Et personnel… Cependant, si j’approche les choses comme sur un plan de bataille, il me faut d’abord m’ouvrir avant de pouvoir mettre mon jeu en avant. Et bien que ma folie de jouer les méchants me répugne et m’amuse à la fois, je me sens presque obligé de devoir l’appliquer, de remplir ce devoir de connard. Bien qu’elle pense que j’attends d’elle qu’elle parte en première, je prévois de tout faire s'arrêter dans un grand fracas. Mon visage prend plus d’assurance et de confiance et j’installe un masque, un rictus un peu trop laxiste, un peu trop décoincé et c’est presque avec charme que je continue mon rôle de fiancé parfait : « J’aurai clairement préféré rester chez moi et passer mon temps à dormir. » Mes paroles n'ont rien de d'agréable pour elle et ne sont pas en accord avec l'attitude que je me donne, cependant, quiconque nous verrait maintenant penserait qu'elle et moi sommes au moins amicales. Et c'est tout ce qui compte.

Je reprends le verre à pied en main et le remue entre mes doigts, fixant le liquide rouge. Mon changement de caractère était peut-être trop soudain mais si cela pouvait simplement faire passer ce dîner sans aucun encombre, ce serait bien. Il suffit qu’Eun Gi veule la même chose que moi et nous pourrons jouer tous les deux les fins comédiens : Mère ne pourra qu’en être ravi et le grappin n’aura plus qu’à se refermer avant que je ne mette fin à cette stupide théorie conjugale. Le mariage n’est pour moi en aucunement un concept que j'apprécie.


Codage par Emi Burton


Petit mot ♥:
 

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Ce message a été posté Ven 7 Oct - 16:59


Gêne, sarcasmes & petites cuillères
Jia Heng & Eun Gi
TENUE ■ Oui, je ne suis là que pour présenter mes respects à sa mère, rien d'autre ne me retient ici. C'est ce que je me répète comme un mantra en abandonnant derrière moi, la sécurité relative de l'habitacle de la voiture. Pas que j'y sois réellement à l'aise, mais j'y suis toujours plus à l'aise qu'à l'extérieur. Même si je joue les jeunes femmes de bonne famille confiante et suffisamment sur d'elle, j'ai surtout l'impression de me précipité droit dans la gueule du loup. Un loup affamé qui n'a pas mangé depuis bien trop longtemps et qui m'attend pour ne faire qu'une bouchée. Si quelques instants plutôt le restaurant chinois ne me posait pas le moindre souci, je me sens toutefois un peu prise au piège, comme si je me retrouvais encerclée d'ennemis, mais il est un peu tard pour reculer maintenant. J'aurais du prétendre être malade ou être de garde à l'hôpital et n'avoir personne pour prendre me relayer. Si je m'en vais maintenant je risque de passé pour la fille qui se défile, pire encore… pour celle qui a peur. Et je n'ai pas peur, c'est juste que je ne suis pas des plus à l'aise. Il est certain que j'aimerais être partout sauf ici. Mes doigts se resserrent sur ma pochette où j'ai glissé les plaques militaires qui ne me quittent jamais. Venir au japon était tout sauf une bonne idée, même si j'avais surtout besoin de mettre un peu de distance avec Séoul et surtout avec mon père…Je ne sais pas vraiment à quoi je m'attendais exactement en rencontrant mon "fiancé", peut-être que je l'imaginais plus facile à vivre et que je pensais pouvoir mettre fin à tout ça plus facilement... Ou peut-être que je regarde trop de Drama et que j'espérais tomber sur quelqu'un qui aurait fait douté, ne serait-ce qu'une seconde, mon cœur. Il est un fait certain, Jia Heng, même sous son apparence charmante et un brin briseur de cœur – oui, il faut avouer qu'il est plutôt pas mal dans son genre – est bien loin de ce à quoi je m'attendais.

Même si je suis mal à l'aise, c'est d'un pas sur que je suis celui à qui je suis promise. Le semblant de galanterie dont il fait preuve en me tenant la porte m'étonne un peu, mais j'ai vite fait de me souvenir que nous sommes à nouveau en publique et que la mascarade à reprit. J'hésite une seconde, mais un merci plutôt neutre franchit mes lèvres quand je passe à ses côtés pour entrer. Ce n'est là qu'une marque de courtoisie qui est assez compliquée quand il s'agit de lui. Dans le hall d'entrée mes yeux scrutent ici et là. Ironiquement je repère le panneau indiquant la sortie de secoure, avant de planter mes iris sur l'homme qui m'accompagne et naturellement, je lui propose d'enterrer la hanche de guerre pour la soirée… Du moins aussi longtemps que possible, parce que je sais aussi qu'il est difficile pour nous de rester calme lorsqu'on est ensemble, pour la simple et bonne raison que j'ai du mal à supporter son masque de "monsieur parfait". Mais j'ai pas envie de passer la soirée à me prendre la tête, alors autant qu'on mette chacun un peu d'eau dans notre vin pour tout ce passe du mieux possible et qu'on puisse rapidement rentrer chacun chez nous. Si dans d'autres circonstances son regard que je sens glisser sur moi aurait pu me flatter, il ne fait que renforcer un peu mon malaise et l'impression d'être une poule dans un terrier de renard. C'est une sensation assez désagréable qui est toutefois rapidement chassée par son bras qui prends le mien pour me guider avec prévenance, du moins j'imagine que c'est l'impression que ça doit donner aux yeux extérieurs, jusqu'à notre table ou il pousse même le rôle jusqu'à tirer ma chaise. Un peu gênée, je lui offre un sourire qui doit sans doute passé pour tendre, affectueux, peut-être même un peu amoureux pour l'employé qui nous accompagne. Même si clairement horreur de ça, je tente de jouer le jeu, histoire de ne pas attirer les commérages et prends place après avoir posé mon sac en le gardant cependant à porté de main. On n'est jamais assez prudent.

Des yeux je suis Jia Heng et sa démarche souple alors qu'il s'installe à son tour. Si une nouvelle remarque me vient automatiquement dès qu'il se met à parler, je me contente de lever les yeux au plafond pour marquer combien je suis d'accord quand il dit ne pas être du genre à s'excuser. Je pense avoir fini par le comprendre et si je ne suis pas non plus du genre à regretter mes paroles, je sais quand même reconnaitre quand je suis en tord, comme lorsque je l'ai blessé en qualifiant Ayden de "chien de garde". Et s'il n'est pas du genre à demander pardon ouvertement, j'imagine que ses paroles un peu maladroites sont une manière de s'excuser quand même. Mon regard se pose un court moment sur son poing avant de retrouver ses iris qui me fixent et c'est à mon tour de m'éclaircir la voix en secouant légèrement la tête comme pour montrer que je comprends. « Hm… Hé bien, j'imagine qu'on a tous les deux nos tords dans cette histoire. » Dans le fond, aucun de nous n'est irréprochable et dans ce cas, il n'est pas le seul à devoir s'excuser. « Dès qu'il s'agit de toi, j'ai tendance à… réagir un peu excessivement. »

J'accepte ses excuses qui n'en sont pas réellement, mais ça ne sert à rien de rester bloqué sur des choses qu'on se dit bien souvent sous le coup de la colère, même s'il est possible qu'on les pensent réellement. Notre relation est déjà assez compliquée et tendue, que pour s'empoisonner la vie en gardant rancune à la moindre parole un peu piquante qu'on s'échange. Surtout que c'est plutôt très fréquent entre nous, alors si on s'en tient réellement rigueur, la liste risque d'être longue. Le silence revient quand le serveur apporte le vin qu'il fait d'abord goûter à Jia Heng, comme le veux la bienséance. En apparence assez détendue, je ne perds pas une miette de la dégustation, de ses lèvres qui se posent sur le bord du verre au mouvement sa pomme d'Adam lorsqu'il avale une gorgée du breuvage et une fraction un seconde j'essaie de le voir sous un autre angle. Si on s'était rencontré différemment, si nos familles n'avaient rien à voir dans tout ça, est-ce que j'aurais pris plaisir à être là? A le regarder jouer les gentlemans… Est-ce que les choses auraient pu être différentes entre nous? Est-ce qu'il aurait été sincère ou est-ce qu'il aurait également ce masque de bonne manière? Oui peut-être que j'aurais aimé ça, même si le faste et le luxe ne sont pas forcément des choses que j'aime côtoyer à longueur de temps. J'essaie de l'imaginer loin de son costume et de son horrible nœud papillon, en jean et en t-shirt, pied nu assit sur une couverture de pique-nique en fin d'après-midi dans un parc, les cheveux en batailles et le sourire aux lèvres illuminant ses yeux d'une lueur joyeuse. Mais je suis incapable d'imaginer son rire, seul son ton net et dur me vient. Si mon regard ne l'a pas quitté, mon esprit est loin bercé par la musique d'ambiance assez impersonnelle qui résonne lentement dans la grande salle. Sa voix me tire des mes questions qui n'ont pas lieu d'être, puisque les choses sont ce qu'elles sont et qu'on ne peut rien y faire. « Il y a au moins une chose sur laquelle nous sommes d'accord. C'est un miracle. » Si mon ton est doux, mes paroles sont plus ironiques que je ne le voudrais et si je les agrémente d'un léger sourire c'est avant tout pour qu'on n'attire pas trop l'attention. Même si c'est tellement loin de la vérité, on doit avoir l'air d'un jeune couple qui dîne en tête à tête… Autant ne pas détromper les gens. En vérité je n'ai jamais aimé laver mon linge sale en publique. Puis comme le dit si bien Sun Tzu: "L'art suprême de la guerre, c'est soumettre l'ennemi sans combattre".

D'un geste naturel malgré le malaise qui ne m'a pas encore vraiment lâché depuis que mon fiancé est à mes côtés, j'attrape le verre que le serveur à eut la bonne idée de remplir et trempe mes lèvres dans le vin. Ce n'est pas franchement ce que je préfère, mais après les nombreux dîners mondains où j'ai été convié, je m'y suis faite et puis je sens déjà que je vais avoir besoin de ça, même si je ne compte pas exagérer non plus… Mais un petit coup de pouce pour m'aider à me détendre n'est pas de refus. Une gorgée de vin et je repose le verre à pied, les doigts un peu crispés dessus à sa remarque. Même si ça ne devrais pas m'atteindre, ça me blesse quand même parce que je ne pense pas être quelqu'un de foncièrement mauvais et qu'il déclare ouvertement préféré dormir plutôt qu'être en ma compagnie c'est assez insultant, mine de rien. Mais venant de lui ça devrait me paraître normal. Il ne m'aime pas, sans parler de véritable sentiment amoureux bien sûr, il ne m'apprécie même pas alors qu'il ne me connait pas du tout, alors ça semble naturel. Mais malgré tout, je suis une fille sensible et qu'il soit aussi direct, aussi peu avenant, c'est blessant. Je prends sur moi pour ne pas lui envoyer le contenu de mon verre au visage, ce serait dommage de tâcher de si beaux vêtements et de gâcher le vin, même si d'en le fond j'en meurs d'envie. « Tu me vois navrée de te tenir éloigné de ton lit, dans ce cas. Je réfléchirai à deux fois au prochain dîner que ta mère organisera. » Peut-être que j'aurais du refuser, quitte à passer pour une malpolie aux yeux de sa mère, ce qui en y réfléchissant bien m'est un peu égale. Ce n'est pas comme si j'allais vraiment épouser Jia Heng et qu'il fallait absolument que ma relation soit excellente avec sa mère. Du coin de l'œil, je remarque le serveur qui revient vers nous avec le menu et je me penche un peu au dessus de la table. « Hmm… Je m'en voudrais vraiment si par ma faute tu manquais de sommeil. » Je lui adresse un sourire et me redresse pour lancer un regard à l'employé qui nous tend la carte comme s'il n'avait rien entendu.
Codage par Emi Burton


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Gêne, sarcasmes & petites cuillères

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