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 She's a baby |♥| YURINA

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Ce message a été posté Ven 10 Nov - 23:02
she's a baby

 Yurina  


Rina se sentait ridicule. Il était tard, il faisait nuit, il devait dormir et elle se retrouvait devant la porte de sa chambre comme une idiote. Elle avait cherché Meow Zedong partout, introuvable. Cette maison était trop grande, il avait trop d’endroits pour se cacher et rester loin d’elle ! La demoiselle était frustrée, une vraie gamine. Voilà quelques temps qu’ils vivaient ensemble, mais elle peinait toujours à trouver le sommeil, une fois le soir venu. Parfois, ça allait, parfois, elle rêvait. De mauvais rêves. Comme si tout revenait d’un coup, elle se revoyait en prison, elle revoyait ces femmes vulgaires et violentes s’en prendre à elle. Elle voyait le père de Yuto, sourire de son air mauvais et hautain, la mépriser quand elle pleurait. Elle voyait sa mère, si loin, elle tendait la main pour l’atteindre, mais elle disparaissait avant d’y arriver.

La gorge un peu serrée, elle restait devant la porte à la contempler. Il allait se moquer. Mais elle ne pouvait pas rester dans sa chambre, des sueurs froides la gagnaient et elle ne pouvait pas s’arrêter de pleurer dès qu’elle essayait de dormir. Mais qu’est-ce que Yuto pourrait faire ? Il avait peut-être des somnifères. Ou il pourrait l’assommer. Ce serait une idée. Elle ne savait pas trop, elle ne se sentait pas à l’aise, pas en sécurité, c’était trop grand, beaucoup trop grand pour elle, même si c’était ridicule, il ne pourrait pas comprendre.

Trouvant le courage, elle toqua à la porte de la chambre, ouvrant sans son autorisation, elle glissa sa tête dans l’embrasure de la porte. « Yuto ? » Doucement, elle entra dans la chambre, avançant doucement dans le noir jusqu’au lit, penchant son visage pour essayer de voir son visage. « Yuto ? T’es réveillé ? » … Forcément, en le secouant et en lui parlant, évidemment qu’il allait être réveillé ! Pinçant les lèvres. « J’arrive pas à dormir… » Elle allait finir par être épuisée, à force. Pinçant les lèvres, elle secoua la tête. « J’ai fait un cauchemar. » Oui, à son âge, on pouvait encore avoir peur. Elle le secoua encore un peu, pour qu’il réalise la gravité de la situation. « J'ai peur. » Du fantôme du père Hashimoto ? De retourner en prison ? D’un peu tout à la fois.


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Ce message a été posté Dim 12 Nov - 2:43
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 Yurina  


Dans l’obscurité totale de sa chambre, Yuto était incapable d’y voir quoi que ce soit. Les yeux aveugles, à la recherche d’un point d’attache qu’ils ne pourraient jamais trouver, il réfléchissait à la situation, à la chance qu’il avait eu de ne pas être découvert pour ce qu’il avait fait. Yunhua en avait eu beaucoup, elle aussi. Les mains nouées sur son ventre, il observait ce plafond inexistant, cette tâche sombre qui s’étendait devant ses yeux et enveloppait toute sa vision, un environnement peu propice aux rêves, mais qui éveillait bien trop de pensées malheureuses. Sans Rina, peut-être n’aurait-il pas supporté la solitude de cette grande maison. Sans Rina, peut-être aurait-il décidé d’abandonner et préféré la prison à tout autre sort. En un soupir las, il glissa sur son côté et posa sa joue contre le dos de sa main, fermant les yeux en espérant dormir, cette fois.

De la lumière sembla se frayer un chemin jusqu’au mur voisin. Une lumière diffuse, à peine présente, qui ne provenait pas de ses grandes fenêtres, couvertes par des rideaux opaques. Yuto se raidit malgré lui. Qui, à cette heure de la nuit ? Les possibilités n’étaient pas nombreuses, mais elles suffisaient à l’angoisser, et ce n’est qu’en entendant la voix de son amie qu’il se détendit quelque peu. Qu’elle reparte, il essayait de dormir. Sans bouger, il ferma les yeux un peu plus fort, espérant qu’elle ferait demi-tour. Mais ne la connaissait-il pas assez pour savoir que ça ne serait pas le cas ? Il fronça les sourcils quand elle commença à le secouer. « Oui, je dors. » Le ton un peu sec, il regretta de s’être adressé à elle de cette façon et se redressa, cherchant à tâtons l’interrupteur de sa lampe de chevet, qui éclaira bientôt le visage de son amie, qu’il observa, à moitié endormi. Lui non plus n’arrivait pas à dormir depuis quelques mois. Il pensait trop, il faisait des cauchemars horribles… Voilà qu’elle aussi ?

Un petit soupir lui échappa et il réprima un bâillement. « Tu veux que je te raconte une histoire ? » Il laissa échapper un petit rire amusé, bien plus sincère et moins agacé que le ton qu’il avait employé avant, de pincer les lèvres pour réfléchir. « De quoi tu as peur ? » C’était une première, avoir peur dans une si grande maison. Mais ça n’était pas étonnant, pour une fille comme elle. Elle n’avait pas l’habitude, c’était un peu impressionnant. En dépit de toute l’affection qu’il avait pour elle, Yuto ne pouvait s’empêcher de se le rappeler.

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Ce message a été posté Dim 12 Nov - 13:18
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 Yurina  


Yuto devait se réveiller, il n’avait pas le droit de la laisser comme ça, dans cette grande maison, dans son désespoir. Elle le secoua un peu, se penchant pour voir si elle avait réussi à le réveillé. Toujours pas. La mine déçue, elle tenta encore. Il ne pouvait pas la laisser comme ça, surtout quand elle ne trouvait pas le chat. Pinçant les lèvres, elle le secoua un peu plus fort, continuant à l’appeler. C’était cruel de le réveiller en pleine nuit, oui. Bien sûr. Mais elle s’en fichait, ça n’allait pas l’arrêter, cette pseudo histoire de conscience. Yuto devait s’occuper d’elle, c’était un échange de bon procédé, qu’il ne l’oublie pas, même si le ton sec qu’il employa lui fit froncer les sourcils. Peut-être n’aurait-elle pas dû le réveiller ?

Ses yeux se plissèrent quand il alluma la lumière et elle tenta de lui sourire un peu. Il était vraiment mignon, quand il se réveillait tout juste. Son regard se perdit sur ses traits, elle resta un instant bête, riant un peu à sa proposition. « Oui, c’est sûr que ça pourrait m’aider à m’endormir… » Si ses histoires étaient aussi nulles que ses blagues, elle allait clairement s’endormir en quelques secondes. De quoi elle avait peur, c’était une bonne question. De tellement de choses qui ne risquaient normalement plus d’arriver. Pinçant les lèvres, elle escalada Yuto pour se coucher à côté de lui, fixant le plafond. « C’est souvent les mêmes rêves… » Ils ne se réaliseront pas, elle le savait. Ce n’était plus possible maintenant. Mains croisées sur son ventre, elle tourna la tête vers Yuto. « Tu sais… Je crois que ton père savait qui j’étais vraiment. » Asami Rina et pas Tanaka Ayumu, comme elle le prétendait. Ce salaud savait. « Je crois que c’est à cause de lui que j’ai été accusé de meurtre il y a quelques mois. Quand j’avais disparu. »

La fatigue fait baisser la garde, on se confie plus facilement, c’est ce qu’on dit. Elle devait en parler, et Yuto était la seule personne avec qui elle pouvait le faire. Elle ne voulait pas profaner la mémoire de son père, ni l’énerver. « J’étais en prison quelques temps semaines, avant de prouver mon innocence. C’était vraiment horrible. Je rêve que j’y suis encore. Il y a ces femmes, si folles, si violentes… Les choses qu’elles ont faites… » Qu’elles ont pu lui faire. Elle pinça les lèvres, contenant ses larmes. Elle devait être forte. « J’ai cherché Meow Zedong, je voulais pas te réveillé, mais je l’ai pas trouvé. » Rina posa ses yeux sur Yuto, lui faire comprendre qu’elle était (un peu) désolée de l’avoir réveillé.



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Ce message a été posté Dim 12 Nov - 14:14
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 Yurina  


Il aurait mille fois préféré dormir sans problème à être dérangé alors qu’il parvenait enfin à trouver le sommeil. Il aurait préféré être tranquille, essayer de fermer les yeux. Mais il ne pouvait visiblement pas, car même lorsqu’il parvenait à arrêter de penser trop fort à ce qui n’allait pas, on lui envoyait quelqu’un pour le rappeler à la raison, pour réveiller la culpabilité qu’il avait envie réussi à faire taire. Était-ce vraiment utile ? Yuto aurait voulu la renvoyer, lui dire de retourner dans sa chambre, mais il était incapable d’agir de cette façon envers Rina. Il était incapable de lui faire du mal ou de lui demander de partir. « Je m’y connais pas trop, de toute façon. » Juste celles que Nanami lui racontait pour l’endormir, quand il était enfant. Ce n’étaient plus que des souvenirs brumeux, désormais. Il aurait été incapable d’en expliquer une entière. Un rire fatigué suffirait amplement pour se faire pardonner.

Alors qu’il attendait une réponse à sa question, Yuto posa les yeux sur Rina qui s’installait à côté de lui. Elle n’avait vraiment aucunes manières. C’était son lit, son royaume. Il aurait dû la chasser, le lui dire, mais il s’en sentait incapable. Sa présence ne le dérangeait pas du tout, et son regard se perdit simplement sur le visage de son amie alors qu’il réfléchissait, prêt à écouter la réponse qu’elle lui donna l’instant suivant. « Accusée de meurtre ? » Seito n’avait décidément que de mauvaises idées. Un soupir lui échappa malgré lui. Dire qu’il devait jouer l’innocent par rapport aux agissements de son père. Prétendre qu’il ne savait rien. Il savait ce qu’une accusation représentait au Japon, le nombre de condamnations qui avaient lieu après une arrestation. Il espérait avoir tort.

Les yeux posés sur Rina, il l’écouta terminer son explication, sidéré par ce qu’il entendait. Rina avait l’air si fragile, derrière l’air fort qu’elle essayait de se donner. Et Seito l’avait envoyée, elle, en prison ? Il ferma les yeux et poussa un soupir contenu. Il savait pour quelles raisons son père avait envoyé son amie en prison, et ce n’était absolument pas celles qu’elle imaginait. « Je suis désolé, Rina. » C’était de sa faute, parce qu’il s’était servi d’elle afin de protéger sa demi-sœur. Parce qu’il avait voulu protéger sa famille avant de songer aux risques qu’il faisait courir à une pauvre innocente. Valait-il vraiment mieux que son père, dans de telles conditions ? Il n’éprouvait rien pour elle à ce moment-là.

« On le retrouvera demain, il doit pas être bien loin. » souffla-t-il finalement, avant de tendre le bras pour saisir la main de Rina, à quelques centimètres d’elle, quand il surprit son expression. « T’es en sécurité ici, avec moi. » Son ton lui sembla étrangement grave. Que ferait-il si elle décidait de partir ? Si elle ne se sentait pas bien dans cette grande maison, qu’elle continuait à faire des cauchemars ? Il ne voulait pas rester seul ici. Plus encore, il ne voulait pas qu’elle parte. Son pouce caressa distraitement le dos de la main de l’étudiante alors qu’il l’observait. « Mon père était une mauvaise personne. » reprit-il finalement. « Mais c’est terminé maintenant. Il ne te fera plus jamais de mal. » Il était mort. Mort. Il ne reviendrait jamais. Malgré lui, Yuto retint son souffle pendant quelques secondes. Peut-être était-il là, quelque part, à l’observer. « Tu peux dormir ici, si tu veux. Le lit est assez grand. » Et quand bien même ils auraient dû se serrer, ça ne l’aurait pas dérangé.

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Ce message a été posté Sam 23 Déc - 2:47
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 Yurina  


Rina n’en voulait pas à Yuto. Elle pourrait. Il était le fils de l’homme qu’elle avait haïe de toute son âme depuis des années. Si elle pouvait le déterrer pour le tuer à nouveau, elle le ferait probablement. Pourtant, non, rien. Aucune haine, aucune rancœur. Parce qu’elle savait qu’il était une victime, lui aussi. Que son père l’avait fait souffrir. Sa mère aurait dû le kidnapper quand elle était partie. Elle n’aurait pas été aussi malheureuse, et lui non plus. Rina était persuadée qu’il aurait connu une vie bien plus belle, même sans argent. Il aurait été comme son frère… Même si cette pensée lui déplaisait étrangement. Non, elle ne voulait pas le voir comme un frère. C’était trop bizarre, elle ne voulait pas y penser.

Comme elle aurait aimé éviter de penser à ce meurtre, en parler. Elle devait en parler, extériorisé. Mais à Yuto, était-ce vraiment une bonne idée ? Et s’il craignait qu’elle le tue ? Un peu anxieuse, elle hocha la tête. Oui, accuser de meurtre. Les pires moments de sa vie était à ce moment-là. Ces longues semaines à longer les murs, à réaliser qu’elle n’était pas si forte que ça. A pleurer le soir dans sa cellule, pas trop fort pour ne pas réveiller les autres. Ne surtout pas se faire agresser. Son cœur battait si vite rien que d’y penser, elle n’arrivait pas à s’ôter ses images de la tête. Elle devait pourtant avancer, oublier. Reprendre sa vie, être heureuse. Ça semblait si simple, dit comme cela.

« Non, tu n’as pas à t’excuser… Tu ne savais pas. » Il ne savait pas, n’est-ce pas ? Elle scruta son visage quelques secondes, comme pour s’en assurer. « C’est pas ta faute. » Elle lui sourit comme pour le rassurer, pour se rassurer elle-même aussi. Son père n’aimait pas les gueux de sa classe sociale. Elle ou une autre, sans doute le même sort. Elle sourit un peu, hochant la tête à Yuto. Mao Zedong se perdait souvent dans la maison, il devait miauler dans la cuisine et ne pas comprendre pourquoi personne ne l’entend… Ce chat était si stupide, elle espérait qu’il n’allait rien casser. Baissant ses yeux sur sa main qu’il venait d’attraper, elle les releva vers lui, riant doucement. En sécurité avec lui ? Rina aurait aimé le vanner, mais rien ne lui venait. Peut-être demain matin. Parce qu’elle réalisait qu’elle se sentait effectivement en sécurité, là, près de lui. Comme si absolument rien ne pouvait lui arriver.

Sans rien dire, elle appréciait le contact de son pouce contre sa main, souriant en les observant avant de le regarder lui. Elle sentait son cœur se réchauffer. C’était terminé, son père ne reviendrait plus. Il ne leur ferait plus de mal. « Vraiment ? Ça t’embête pas ? » Elle ne voulait plus bouger de toute façon. Glissant sous la couette, comme elle pouvait parce qu’elle ne voulait pas lâcher sa main, elle lui sourit tendrement avant de se pencher pour déposer vivement ses lèvres sur sa joue. « Merci Yuto. » Ses yeux se perdirent dans les siens un moment. Ils étaient petits, si brillants, pourtant. Ses lèvres s’étendirent dans un sourire profondément stupide, qu’elle n’assumerait sans doute pas. « T’as de si petits yeux… » Levant sa main libre, elle caressa sa joue avant de s’éloigner un peu. S’éloigner, pour mieux se pencher à nouveau, déposant doucement ses lèvres sur les siennes. C’était stupide. Oh, bien sûr qu’elle savait que c’était stupide. Quoi, il lui proposait de rester dormir, elle comptait dealer son corps en échange ? Non, elle en avait juste eu envie. Brièvement, voir ce que ça faisait. Stupide. Son cœur battait si vite. Elle avait peur, elle se sentait paradoxalement si bien. « Désolée… » Même si elle ne l’était pas vraiment. Et elle n’avait même pas d’explication à lui donner. Reposant sa tête sur l’oreiller, elle serra sa main plus fort, comme pour l’empêcher de la relâcher. Elle avait besoin de lui, plus que de n’importe qui.



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Ce message a été posté Lun 25 Déc - 23:52
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 Yurina  


Plus il regardait Rina, plus Yuto avait de peine à l’imaginer dans une cellule. Elle semblait si fragile, si facile à briser. Il n’en savait rien, en vérité. Les souvenirs qu’il avait de leur enfance commune étaient vagues et il ne l’avait retrouvée que l’année précédente, en visitant la tombe de sa mère. Que connaissait-il de ceux qui avaient partagé la plus grande partie de son enfance, au bout du compte ? Il en savait ce que son père lui avait raconté pendant des années. Des mensonges, somme toute. Il avait heureusement réalisé que son père était un menteur né, ce qui lui avait permis d’éviter un sort comparable à celui de sa mère. Avec le recul, il était persuadé que son père l’aurait éliminé, lui aussi, s’il avait osé prétendre à reprendre l’entreprise avant lui. Malheureusement pour Seito, Yuto avait été le premier à frapper, même sans l’avoir prémédité.

C’était peut-être le destin. Sa rencontre avec Rina, les hallucinations de Yun Hua, les sorties étranges, la mort de son père et le retour de son amie ? Peut-être lui avait-on donné une occasion de racheter les erreurs de son père ? de redresser ses propres torts ? Yuto avait toujours eu peur des puissances plus fortes que lui ; il avait toujours cru aux kamis, s’était rendu aux sanctuaires shintos pour prier. Il demandait à ce que sa mère aille bien, là où elle était. Il demandait à ce qu’on le protège de l’homme qui gérait sa maison et, maintenant qu’il était mort, il réclamait l’indulgence de ce qui trouvait là-haut, de ce qui guidait leurs vies. En invitant Rina à se joindre à lui dans cette maison trop grande pour lui, Yuto espérait en partie prouver sa bonne volonté, s’excuser pour tout ce qu’elle avait pu traverser à cause des Hashimoto. En partie, car il ne pouvait se cacher qu’il l’avait aussi invitée parce qu’il avait mal vécu son absence. Elle était devenue, en très peu de temps, incroyablement importante à ses yeux.

« Non, je l’ignorais. » Il n’aurait pas pu le savoir de toute façon, comme il était persuadé qu’elle se nommait Ayumu. Les documents de son père devaient renfermer plus d’informations à ce sujet, mais il ne lui serait jamais venu à l’esprit que son amie était en vérité la fille de leur ancienne bonne à tout faire. Yuto baissa les yeux, désolé de n’avoir rien pu faire pour l’aider. Cela n’arriverait plus, désormais. Maintenant, ils vivaient ensemble, ne serait-ce que pour un temps, et elle pouvait compter sur lui. N’était-il pas puissant ? Fortuné ? La famille Hashimoto était renommée dans la région et plus loin encore, alors il voyait difficilement comment Rina aurait pu être en danger avec lui. Il ne laisserait personne l’approcher.

Caressant le dos de sa main, il offrit à son amie un sourire et quelques mots rassurants. « Non, ça m’embête pas. » Pouvait-il lui dire qu’il voulait la garder avec lui ? Yuto ignorait comment il allait réagir le jour où elle lui dirait qu’il était temps qu’elle s’en aille. Il se remit à sourire quand elle le remercia. « C’est rien. » Vraiment, rien du tout. Mais elle ne comprendrait sûrement pas s’il lui expliquait. Elle était tellement différente de lui. Ils ne voyaient pas le monde de la même façon, ils ne s’intéressaient pas aux mêmes choses. Non, il ne pouvait pas lui expliquer. Il pouvait juste se mettre à rire bêtement en entendant le commentaire de Rina, se taire en sentant sa main contre sa peau et l’observer dans l’obscurité. Comme d’habitude, il était inutile dans les moments importants. Et ce n’était peut-être pas plus mal. Cela lui permit de ne pas réagir comme un imbécile en sentant les lèvres de Rina contre les siennes. Son cœur s’emballait comme un fou. Mais à peine eut-il le temps de réaliser que c’était déjà terminé.

Désolée ? Mais de quoi ? Il se redressa un peu en sentant la pression sur sa main. S’il ne le faisait pas maintenant, il ne le ferait jamais, et des années de lutte contre les règlements absurdes de son père n’auraient servi à rien. Il s’approcha un peu d’elle, posant les yeux sur son visage. Alors, il hésita. Il était habitué aux filles dévergondées des clubs louches dans lesquels il se rendait. Il était habitué aux filles qui n’avaient aucun respect pour elles-mêmes, des filles qu’il avait acceptées et prises sans se poser trop de question, sans jamais le regretter par la suite. Rina n’était pas l’une d’entre elles. Elle était différente. S’il faisait n’importe quoi maintenant, il risquait de la perdre encore une fois. La dernière peut-être ?

Yuto mit fin à ce conflit intérieur en l’espace d’un instant, franchissant le peu de distance qui les séparait encore, la main de Rina encore serrée dans la sienne. En un geste, leurs visages furent si proches qu’il pouvait sentir le souffle de son amie caresser ses lèvres. « Ne t’excuse pas. » Une demande ? Un ordre ? Il n’en savait rien lui-même. Il leva les yeux vers ceux de Rina, s’insultant intérieurement d’être aussi hésitant sans être innocent. Ensuite, il les ferma et joignit leurs lèvres, son cœur battant à lui en rompre les côtes. Qu’importe combien son père, sa famille, ses actionnaires auraient pu désapprouver l’idée qu’un homme aussi riche que lui puisse s’enticher d’une fille du commun des mortels. Il n’était pas comme eux. Quand il mit fin à leur baiser à contre cœur, Yuto reposa les yeux sur ceux de Rina, à proximité sans lâcher sa main, de peur qu’elle ne lui mette la gifle de sa vie. « Personne ne te fera du mal tant que je serai là. » Il aurait payé des gardes du corps, des chiens, n’importe quoi, en vérité. « Reste avec moi. » Qu’elle reste avec lui. Qu’elle l’accepte. C’était stupide, déraisonnable et soudain, mais il n’avait pas choisi d’éprouver tout cela pour elle. Il ne prévoyait même pas de l’amitié, au début. Maintenant, il voulait plus. Beaucoup plus. Trop, sans doute.

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Ce message a été posté Jeu 28 Déc - 0:13
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 Yurina  


Durant son enfance ici, elle n’avait pas réalisé les différences. Si on lui avait demandé de dire ce qui différenciait Yuto d’elle, elle n’aurait pas parlé de richesse, de classe sociale, de ce genre de choses. Elle aurait peut-être dit que c’était un garçon, qu’il était plus grand qu’elle. Des détails qui ne comptaient pas, qui n’avait pas d’importance. Qu’il était moins bon qu’elle en dessin, qu’il était meilleur en mathématiques. Maintenant, c’était différent. On lui demanderait de la chasser, les gens de sa classe sociale n’accepterait pas une fille comme elle près d’eux, sauf pour jouer à la bonne. C’était incroyable qu’on pouvait encore creuser des faussées pareil en 2017. Est-ce qu’elle devait lui faire confiance, malgré tout ? Son cœur lui hurlait d’être stupide. Oui, elle pouvait lui faire confiance.

Rina voulait rester dormir là, passer la nuit à ses côtés, protégée, en sécurité. Elle avait peur de retourner dans sa chambre de dormir toute seule. Elle allait encore tourner dans son lit, craindre un énième mauvais rêve, se demandait quand est-ce que tout cela allait s’arrêter. Elle était heureuse qu’il le lui propose, qu’il ne la laisse pas seule. Un doux sourire étira ses lèvres. Ça ne l’embêtait pas. Ce n’était rien. Il pouvait se montrer si mignon, parfois. Elle aimait bien ce côté chez lui. Quand il arrêtait d’être ce gosse de riche pénible, qu’il devenait tendre, un peu maladroit. Est-ce qu’elle aurait du s’abstenir ? Ne pas l’embrasser ? Probablement. Son cœur battait si vite, elle avait peur, qu’il crie, la repousse, la remette à sa place.

Ils n’étaient pas du même monde, qu’est-ce qu’elle espérait, à la fin ? Que dirait sa mère ? Elle lui expliquerait sûrement. Elle l’entendait parfois murmurer, en souriant un peu. C’était comme s’ils n’étaient pas de ce monde. Aussi fort qu’elle tenait à Yuto, est-ce qu’elle aurait vraiment encouragé sa fille à aller vers lui ? il avait une vie toute tracée. Une vie qui ne l’incluait, évidemment pas. Qu’elle était bête, pourtant, elle n’avait jamais aimé les films à l’eau de rose. Le Prince qui tombe amoureux de la roturière, de la paysanne, l’homme riche et puissant qui s’éprenait de cette fille lambda. Non, elle n’avait jamais aimé ça. Quand il se redressa, elle contint sa respiration. De quoi avait-elle peur ? Il ne pouvait rien lui faire, si ? Oh si, peut-être lui briser le cœur. Trois fois rien.

Ses yeux ne le quittaient pas, même dans l’obscurité, elle le sentit s’approcher, son cœur tambourinait follement dans sa poitrine, elle serra sa main un peu plus fort. Rina frissonna en l’entendant lui ordonner de ne pas s’excuser. Il était si proche, elle sentait son souffle contre ses lèvres. Si près, de plus en plus près… Ses yeux se fermèrent, elle s’était sans doute endormie. Elle aurait pu le penser, si elle ne pouvait pas si bien sentir les lèvres de son ami sur les siennes. Sa main libre se leva pour se poser sur son visage, approfondissant le baiser. Une partie d’elle lui hurlait qu’elle était stupide. Oh, oui, si stupide. Déçue de voir ce moment s’interrompre, elle ouvrit les yeux pour le regarder, souriant un peu. « Merci… » De vouloir la protéger… De ne pas l’avoir repoussé. Sa main caressa tendrement sa joue. « Je veux rester près de toi, Yuto. » Une petite voix lui murmurait qu’elle aimerait rester près de lui pour toujours.

Le laissant s’allonger, elle hésita avant de venir se coller à lui, déposant un baiser au coin de ses lèvres. « Bonne nuit. » Il valait mieux arrêter les folies. Elle ne voulait pas prendre peur, elle ne voulait pas regretter. Posant sa tête sur son épaule, ses yeux se fermèrent et sans même s’en rendre compte, le sommeil la gagna. Pas le moindre rêve, un long sommeil réparateur. Trop réparateur ? Le soleil ne l’avait pas réveillé. A moitié allongé sur Yuto, les cheveux en bataille, elle sursauta. La nuit lui revint vaguement en tête. Avec précaution, elle avait libéré le Japonais de son emprise, allant s’installer en tailleur sur le lit, tapotant doucement son ventre. « Eh… Tu dors encore ? Réveille toi. » Qu’est-ce qu’ils allaient faire, maintenant ? Elle était mal à l’aise, mais le fuir ne servirait à rien. Aussi grande qu’était la maison, elle ne pouvait pas non plus se cacher éternellement. « Bien dormi ? » Elle oui, mieux que jamais. Et c’était sûrement grâce à lui.


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Ce message a été posté Ven 29 Déc - 1:53
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Désormais, ils étaient orphelins tous les deux. Elle, sans père ni mère. Lui, sans mère ni père. L’ordre était différent, le résultat était le même. La preuve, peut-être, que la vie ne faisait aucune véritable différence entre les démunis et les fortunés. Yuto n’en faisait plus, lorsqu’il s’agissait de Rina. Qu’importe combien de temps, il voulait la garder avec elle, être certain qu’elle allait bien et que personne ne s’en prenait à elle, même si c’était parfois chose difficile. Les sentiments qu’il éprouvait à l’égard de Rina, dont il avait pris conscience au moment de leurs retrouvailles, étaient si différent de ceux qu’il avait éprouvé pour Airi à l’époque. Mais c’était peut-être lui qui avait changé, plus que toute autre chose. Il s’était forgé une opinion et avait commencé à découvrir un monde différent. Un monde où les riches n’épousaient pas toujours les riches, même s’il fallait, pour cela, se battre plus longtemps. Le gouffre qui séparait les deux classes était de plus en plus profond, la classe moyenne se noyait. Mais si chacun continuait à survivre de son côté, sans essayer de se mélanger aux autres, le monde courait à sa perte. Il n’acceptait pas tout le monde, certes, mais Rina était différente.

Rina avait toujours été là, quelque part, comme une partie de son passé qu’il avait oubliée, qui attendait une étincelle pour reprendre feu. C’était chose faite. Naïvement, il avait envie de penser que le baiser qu’elle venait de lui donner avait un sens. Imaginait-il ce sens ? Ne faisait-il qu’imaginer ce dont il avait envie, depuis le moment même où ils s’étaient retrouvés ? Le nippon connut une hésitation avant d’oser s’approcher à son tour pour prendre possession des lèvres de son amie. Quand elle approfondit le baiser, il comprit qu’il avait eu raison. Raison d’y croire, d’écouter son cœur capricieux d’enfant gâté qui lui disait de prendre, de prendre toujours plus, tout ce qu’on pouvait lui donner, ce qu’on lui avait refusé pendant des années. C’était offert si gracieusement, cette nuit. Il n’avait pas besoin qu’elle le remercie. Il ne donnait rien. Proportionnellement à sa fortune, l’héberger ne lui coûtait rien. Rien du tout. Mais à ses yeux, c’était particulièrement important. « Alors fais-le. » Ils resteraient ensemble, il l’aiderait, il la garderait à ses côtés. Il l’épouserait ? Il doutait qu’elle en veuille.

Non, ce n’était sûrement pas le genre de choses qui l’intéressaient, sans compter sur… les affaires. Yuto ne voulait pas se marier par intérêt, et plus personne n’était là pour l’y contraindre. S’il souhaitait épouser une fille « pauvre », c’était son droit le plus strict. Le reste de la famille le lui reprocherait sûrement. Il entendait déjà sa tante Michiyo lui reprocher de suivre le même chemin tortueux que sa chère cousine. Mais cela n’avait aucune importance à ses yeux. Ils n’avaient rien à dire. Mais ils n’en étaient pas là, à leur âge. On l’avait fait grandir trop vite. Alors, un tendre sourire aux lèvres, il se réinstalla contre son oreiller, tendant le bras pour éteindre la lampe de chevet après qu’elle l’avait à moitié embrassée. « Bonne nuit Rina. » Son cœur battait si fort que Yuto avait l’impression de pouvoir réveiller le voisinage entier, mais ça n’avait rien de douloureux. Rien de comparable à ce qu’il avait connu durant les dernières semaines. Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait bien. Si bien, qu’il ne lui fallut que peu de temps pour s’endormir.

Son réveil le lendemain ne fut pas aussi calme que les autres. Ce ne fut pas la douce sonnerie de son réveil qui le tira du sommeil, mais une main sur son ventre qui froissa légèrement son front, suivie d’une voix qu’il connaissait bien. Rina. « Je suis réveillé. » marmonna-t-il en ouvrant les yeux avant de se redresser, les cheveux à moitié dressés sur le crâne. Évidemment, il se rappelait sa venue de la veille, leur conversation. Il se rappelait aussi leurs baisers. « J’aurais bien dormi plus longtemps. » Mais il n’avait pas le cœur à râler. Il aurait pu faire un caprice, chouiner, se rouler en boule, mais il n’en avait tout simplement pas envie. Qui aurait pu en vouloir à Rina, après tout ? Pour seule punition, il se redressa suffisamment pour l’atteindre et déposer ses lèvres sur les siennes, lui adressant un petit sourire. « Recouche-toi un peu. » Sur ces mots, il les bras autour de la taille de son amie et se laissa retomber sur les draps, venant nouer ses doigts aux siens. « Il n’y a pas cours aujourd’hui, on peut bien traîner. » Sans cesser de sourire, il laissa son corps et épouser le dos de son amie, posant la tête contre son épaule. Une position qui n’était peut-être pas aussi confortable qu’il en avait l’impression jusqu’alors. Mais peut-être ne l’avait-elle pas remarqué.  

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Ce message a été posté Sam 13 Jan - 12:29
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 Yurina  


Une bien drôle de soirée. Pourquoi l’avoir embrassé ? Parce que Rina le voulait depuis bien trop longtemps sans jamais le formuler à voix haute, sans jamais parvenir à se l’avouer clairement. Il n’avait jamais correspondu à son genre d’homme, il était certes vraiment très beau, avait mille avantages physiques, mais sinon… Il était riche, avec ses milles avantages qui la mettait mal à l’aise. Il avait ce côté princier. Ce n’était pas déplaisant, c’était juste qu’elle n’aurait pas imaginé que sa place puis être à côté, contre lui. Entre ses bras. Secrètement, elle en rêvait peut-être. Comme dans un conte de fée, la roturière et le Prince du Royaume. En réalité, ça n’existait pas, les hommes comme Yuto épousaient des filles de bonne famille, on ne se faisait pas d’illusion. Mais ce soir, elle n’y pensait pas, souriant quand il la serrait contre lui en lui disant bonne nuit.

La nuit serait bonne, elle y croyait, elle n’allait plus faire de mauvais rêve, juste s’endormir contre lui, ne pas rêver du tout serait parfait. Mais malheureusement pour elle, le sommeil n’était pas aussi instantané, comme dans une phase transitoire, le bruit de son cœur l’empêchait de sombrer dans un sommeil trop profond, elle avait l’impression qu’elle rêvait déjà. Un doux rêve, oui. Yuto était bien là. Elle pouvait le serrer dans ses bras. Tout ce qu’elle avait vécu cette année était loin d’elle désormais, à des années lumières d’ici, elle n’y pensait plus. Les chambres froides, ce lit superposé avec cette femme vulgaire et intimidante, ce n’était plus qu’un lointain souvenir. Elle oubliait tout ça. Il y avait bien mieux à vivre désormais.

Ses yeux ouverts, elle tenta d’attirer l’attention du Beau au Bois Dormant, tapotant son ventre pour voir s’il était réveillé. Non. Pour le réveiller, de qui se moquait-elle ? Elle voulait qu’il se réveille et s’occupe d’elle. L’angoisse de la nuit était passé, elle avait laissé tomber la pudeur, même si elle craignait un peu son réveil. Qu’il fasse comme si de rien ne s’était passé, qu’ils n’en parlent pas. « T’as pas assez dormi ? » Son ton se fit un peu moqueur, elle arqua un sourcil en lui souriant, amusée. Elle pourrait sautiller partout, elle était en forme ce matin ! Il pouvait bien la suivre ! Cependant, Yuto avait visiblement une excellente technique pour la calmer. L’embrasser. Ses yeux cherchèrent les siens et là. Là, à ce moment précis, si elle se voyait, elle se serait giflée, frapper, rouer de coup pour bien se faire comprendre. Elle venait clairement de glousser. La niaiseuse ! On devrait la jeter au bûcher.

« Mais !! » Elle avait beau chouiner, elle se laissa retomber sur le matelas, continuant à rire un peu bêtement. « Bon, d’accord. » Ils pouvaient bien traîner un peu. Resserrant ses doigts autour des siens, elle sourit légèrement contre lui avant de rester un instant stupide. Ah… La bonne humeur du matin. Elle se retint de rire ou de lui faire une remarque à ce sujet. Lentement, elle décida de se décaler, se retournant vers lui, elle glissa ses bras autour de son cou, revenant vers lui pour l’embrasser. « T’as bien dormi ? » Sa main se leva pour se poser contre sa joue. « C’est grâce à moi ? » Elle retourna l’embrasser, taquine. « J’ai bien dormi, grâce à toi. » Elle devrait s’installer ici. « Tu restes avec moi aujourd’hui ? » Elle ne se sentait pas de le laisser filer.


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Ce message a été posté Mar 16 Jan - 21:51
she's a baby

 Yurina  


Le sommeil était venu plus vite que Yuto ne l’aurait espéré. Il avait tellement lutté pour s’endormir, depuis la mort de son père ; il avait tellement craint qu’on vienne le tirer du sommeil pour l’arrêter, l’enfermer, pour le condamner. Les nuits où il avait réussi à fermer l’œil sans problèmes étaient rares, et il n’était pourtant pas un mauvais dormeur. C’était peut-être là une façon de le punir pour ce qu’il avait fait. Il croyait en ces choses, en ces puissances plus fortes que lui. Qu’eux, même. Cela aussi le privait de sommeil. Qui pouvait savoir si son père n’était pas là, quelque part, à attendre son heure pour apprécier sa vengeance ? C’était le plus effrayant. Pourtant, ce soir, avec Rina, ses paupières s’étaient faites lourdes.

Rina. Il avait toujours su qu’elle était différente. Il l’avait rencontrée par hasard, une enfant perdue dans un cimetière, comme lui, alors qu’il allait rendre visite à sa défunte mère. Il avait parlé avec elle, chose qu’il ne faisait pas facilement, sans même se douter qu’elle était, elle aussi, un fantôme de son passé. Une partie de son histoire que sa mémoire avait passée sous silence, sans doute par manque d’intérêt, peut-être par manque de temps. Cela ne changeait rien à la relation qui s’était développée entre eux. Cela ne changeait rien au choix de Yuto, quand de toutes les personnes qu’il connaissait, il avait choisi Rina pour faire diversion et protéger Yun Hua. Il y avait longtemps réfléchi, lorsqu’elle avait disparu. Ses sentiments étaient devenus plus clairs et la réalité, plus pesante encore.

Mais Rina était de retour, désormais. Elle vivait avec lui. S’il était satisfait par cette situation, Yuto n’avait jamais osé évoquer avec elle les véritables raisons qui l’avaient poussé à l’inviter à vivre en sa compagnie. Sans doute devait-elle penser que ce n’était que de la pitié. Peut-être songeait-elle qu’il se sentait responsable des agissements odieux de son père. Ce n’était pas faux en soi, mais c’était encore trop éloigné de la vérité. Beaucoup trop éloigné.

« Je dors jamais assez. » Plissant le nez, il fit mine de bouder avant de se redresser et d’adresser un regard amusé à Rina avant de l’embrasser, s’amusant de sa réaction. D’où tirait-elle toute cette énergie ? Il fallait qu’elle lui explique. Il se laissa retomber sur le matelas en un rire, le cœur battant ridiculement fort alors qu’elle acceptait. Qu’ils restent là, oui. Qu’ils ne fassent rien de la journée. Qu’ils oublient le monde qui existait au dehors et qu’ils se contentent de cet instant. N’était-ce pas une bonne idée ?

Yuto aurait donné n’importe quoi pour pouvoir céder, pour pouvoir se concentrer sur le sentiment qui l’emplissait lorsqu’il tenait Rina contre lui. Lorsqu’il se sentait pleinement en accord avec lui-même. À l’exception d’un détail, qui rendait le tout un peu trop gênant, ça aurait été parfait. Aussi sentit-il ses joues chauffer légèrement quand elle se décala. Au moins, elle n’en disait rien. Les yeux fermés, il répondit discrètement à son baiser, souriant à sa question. « Mieux que d’habitude, oui. » Il ne put s’empêcher sourire contre ses lèvres, adoptant ensuite un air hautain si faux qu’il en devenait ridicule. Enfin, plus ridicule qu’il ne l’était habituellement. « Évidemment que c’est grâce à moi, même le sommeil est haut-de-gamme ici. » Et ses bras de se resserrer autour de la taille de Rina qu’il revint embrasser. « Je reste avec toi. »

Tout le temps, aurait-il voulu dire. Mais il avait du mal à y croire. Il savait que ça ne serait pas possible. Ça semblait tellement… impossible ? Il était le dernier héritier des Hashimoto. Un nom lourd, un nom qui suscitait la convoitise. Que penseraient les actionnaires, s’il se passait quelque chose avec une fille sortie de nulle part ? Les gens parleraient, les gens jugeraient. La richesse se mariait dans la richesse.

Son regard se posa sur Rina. Ses doigts jouaient avec une mèche de ses cheveux. « T’as déjà pensé à rester ici ? » Les yeux arrêtés sur le visage de la jeune femme, il réfléchit encore. C’était stupide. Vraiment stupide. « Je veux dire, à ne plus partir ? » Il allait à l’encontre de ce qu’il savait, de ce qu’il aurait dû faire pour protéger la richesse familiale… Mais n’était-ce pas ce qu’il avait toujours voulu faire ? Son père avait sacrifié tout ce qu’il avait pour cet argent, pour cette fortune colossale. Finalement, son propre fils l’avait tué. « Tu sais… Quand on s’est rencontrés… Enfin, retrouvés. Je pensais pas m’attacher à toi comme ça. » C’était arrivé si vite, par hasard. « Je t’aime beaucoup Rina… » Beaucoup ? Il se sentait stupide. Un petit garçon effrayé à l’idée que la fille à qui il se déclare lui réponde que ce n’était pas pareil pour elle ? Son cœur affolé le trahissait un peu trop. Il se mit à rire après un instant, détournant les yeux. « C’est gênant, désolé. » Lui, si confiant d’habitude ? C’était risible.

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She's a baby |♥| YURINA

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